Madrid 09 mai 2018 – La Quinta en nuances de gris et noir.

Morenito de Aranda

Trois-quarts de tendidos et un vent intermittent ont accompagné ce second festejo de l’abono 2018.  Le lot de La Quinta bien présenté, mais dans un ensemble disparate, a proposé un comportement totalement étranger aux trajectoires plus courantes des domecqs du troisième tiers.  Le quatrième exemplaire a proposé un jeu supérieur qui n’a pas été utilisé pendant le temps qu’il a duré. Face à cette épreuve, la terna n’a pas su résoudre les complications proposées, dans un ensemble toutefois noble.  Le sentiment d’ensemble fut décevant. L’aficionado ne se sera cependant pas ennuyé s’il fut attentif aux détails et nuances.

Le premier toro de la San Isidro 2018 est un cinqueño qui se nomme « Berreón » et pèse 596 kg.  Cárdeno salpicado, de fort belle allure, il cogne par le haut aux tablas.  Son galop est lancinant et il s’engage avec retenue dans la cape de Juan Bautista qui en est réduit à « templer » la faiblesse du la-quinta.  Ce dernier « humilie » pourtant bien à l’occasion.  Il pousse sous une pique trasera et de coté. La seconde puya est prise avec moins d’allant et toujours défectueuse.  La tentative de quite de « El Cid » est infructueuse.  Le toro « humilie » dans le leurre mais se défend tête haute face aux banderilleros.  Juan Bautista s’accommode difficilement des charges incomplètes et du vent.  À hauteur d’homme, le toro ralentit comme pour mesurer la cible qui se dérobe. À gauche, le Français n’insiste pas plus face à des caractéristiques similaires.  Sa technique vantée et reconnue ne trouve pas de solution.  Entière basse et croisée.  Descabello et silence.

Juan Bautista se confie face à son second dont la charge est « humiliée » jusqu’au bout des véroniques relâchées du Français et plus vive que celles de ses congénères.  Le toro s’emploie au cheval en deux rencontres peu propices au bon déroulement de la lidia.  Le toro galope avec verve au second tiers.  Les premières charges sont intenses et de qualité.  La muleta est hésitante.  Les derechazos sont propres, un peu accélérés et  en deçà de la qualité de l’embestida.  À gauche, la charge est de carretón  mais le Français ne se confie que partiellement. Entière desprendida d’effet rapide.  Salut et division d’opinions.

Manuel Jesús « El Cid » touche un premier au pelage inhabituel, berrendo en cárdeno, qui « humilie » avec faiblesse dans sa cape.  Au cheval le bicho s’emploi puis, soudain, sort seul de la première rencontre.  La seconde pique est prise en donnant des coups de tête.  Cet exemplaire garde lui aussi la tête relevée lorsqu’il charge au second tiers.  Brindis au public alors que Curro Robles fait courir le toro dont le galop apparait rythmé.  « El Cid » comprend qu’il doit profiter de l’inertie de la charge et donne de la distance à l’animal sur les deux cornes.  Le problème est que le bicho est andarín ce qui lui permet de prendre la mesure de sa proie.  « El Cid » insiste malgré les coladas sur les deux cornes et jusqu’à ce que le toro ne se désintéresse complètement du combat.  Entière très en arrière, de côté et atravesada.  Descabellos et silence.  

Le cinquième est de cape noire et cornes ouvertes et cinq années révolues.  « El Cid » mène la charge désordonnée vers le centre. Le toro pousse par deux fois au cheval, a menos la seconde.  Le matador voulant évaluer la charge, asume lui-même la brega au second tiers, se trouve mis en difficulté par l’opposant andarín.  « El Cid » va à la rencontre du bicho aux tercios où il prend rapidement la droite.  La toro gazapón met le matador sur la défensive et le public de mauvaise humeur.  Le torero ne cesse de bouger et sera mis en difficulté.  L’animal n' »humilie » plus et « El Cid » prend l’épée.  Quasi entière en bonne place avec le pommeau en position verticale.  Silence.  

Le troisième Santa Coloma (encaste de La Quinta)  du jour a une charge plus prompte et complète qui permet à « Morenito de Aranda » de déclencher les premiers olés du jour avec ses véroniques profondes et engagées.  Mal piqué, le toro s’emploie sous le fer avec un comportement variable.  Le quite par delantales de Juan Bautista confirme que le bicho a quelques qualités de charge, moins notables durant la brega du second tiers lorsqu’il cherche à attraper les capes plus qu’à les suivre.  Brindis au public.  Après un passage entre tanteo et toreo « Morenito de Aranda » décide de lancer la faena à gauche.  Le toro tire des derrotes à mi-muletazo sans terminer sa charge.  À droite, celle ci est tout aussi incomplète.  Le matador est volontaire et insistant sur les deux pointes.  Dans l’ensemble la faena est une succession de muletazos donnés un par un.  Demi-lame caída et tendida.  Avis et plusieurs descabellos.  Silence.  

Le dernier toro de cette première corrida de San Isidro lance les pattes en avant dans la cape de « Morenito ».  Le toro combat fort et pousse avec le train arrière sous une pique trasera.  Il retourne au galop pour une seconde ration prise avec moins de bravoure.  Quite de Juan Bautista par véroniques et demie.  José Manuel Zamorano salue pour sa seconde paire de banderilles posée « au balcón ».  « Morenito » opte rapidement pour les terrains du centre de la piste et cherche à profiter de la bonne charge à droite.  Le résultat est en demi-teinte, le toro prenant le dessus en fin de séries.  À la troisième série droitière, la charge se désunit et le toro gagne l’intention sur le torero, démarrant avant les toques ou chargeant avec mollesse.  La tête est relevée en sortie de passe.  Plusieurs pinchazos, avis et demi-lame basse et de travers.  Descabellos second avis.

René Philippe Arneodau.

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Une réponse à Madrid 09 mai 2018 – La Quinta en nuances de gris et noir.

  1. Rivilla dit :

    Muy bien tus comentarios.

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