Feria de Olivenza – 2-3-4 mars 2018 – Les autres…. (II)

La Feria 2018 était composée de cinq corridas dont une novillada d’ouverture le vendredi 2 mars. Au cartel, cinq novilleros et une novillera, María del Mar Santos de Badajoz qui, d’ailleurs, par ancienneté ouvrait la novillada de El Freixo, élevage de «El Juli» au moins présent à Olivenza par l’intermédiaire de ses novillos. Ces derniers étaient crédités d’une bonne note car leur comportement varié rendait ce premier spectacle très intéressant et qui l’aurait été encore plus si les novilleros avaient pu mieux s’exprimer gênés dans leurs évolutions par un vent violent tourbillonnant dans le ruedo. Maria del Mar affrontait un novillo costaud qu’elle toréait avec détermination et vaillance. A la mise à mort, elle se jetait sur le garrot du novillo, restait sur la face et la cogida inévitable se produisait suivie d’une bonne rouste au sol. Fortement contusionnée, elle était conduite à l’infirmerie et ensuite à un hôpital de Badajoz. Le portugais Joâo Silva « Juanito », malgré la pluie et le vent, toréait à la cape et à la muleta variant les suertes, ferme dans sa position, la muleta basse pour forcer le bon novillo et éviter l’effet du vent. Il tuait d’un pinchazo et d’une estocade entière, écoutant un avis… et recevait une oreille méritée. Ce novillero en progrès est à suivre dans la saison qui commence. Antonio Catalán « Toñete » coupait aussi une oreille ainsi que Marcos Pérez, chacun à leur novillo, sans atteindre des sommets. Le premier forçait la figure, compas largement ouvert, signait une bonne série de naturelles et pour finir des luquesinas avant de porter un pinchazo et une entière assorties d’un avis ; le deuxième toréait à distance, sans transmission un novillo qui avait provoqué une chute monumentale de la cavalerie, pour une faena qui lui valait une oreille par la quantité plus que par la qualité. Alfonso Cadaval passait, avec le vent, sans peine ni gloire et Alejandro Adame, le troisième de la fratrie taurine mexicaine, dont c’était la première novillada piquée, ne semblait pas très à l’aise, toréait avec le pico, un novillo trop compliqué pour un tel début. Mal à la mise à mort. Un avis.

Les quatre corridas suivantes, deux matinales et deux l’après-midi, réunissaient des toros d’origine JP Domecq tels ceux de El Tajo(5) et La Reina(1) (de l’élevage de José Miguel « Joselito), de Garcigrande (2 +1) et Domingo Hernández (4+1), de Victoriano del Río et de Zalduendo. Deux toros de Victorino Martín faisaient exception l’après-midi de dimanche lors du mano a mano Antonio Ferrera / Ginés Marín. Olivenza est une place de 3ème catégorie où se présentent en début de saison les figuras et ganaderías de première. Il serait bon que la bienveillance du public et le laxisme de la présidence ne viennent faire perdre le cachet de cette feria et en chasser les aficionados. La suerte de varas est escamotée, les picadors font la carioca, les banderilles sont placées à la sauvette – deux paires semble être la norme – tout ceci aux ordres des matadors! Que font les ganaderos? qui élèvent des animaux qui ne pourraient pas tenir des faenas trop longues et souvent monotones, suivant le même schéma ? Les zalduendos se traînaient, les garcigrande/domingo-hernández donnaient le change par leur durabilité à la muleta, mansitos et nobles, les victoriano-del-río pas très costauds mais nobles, les pensionnaires de « Joselito » de trapío convenable. Tous évidemment d’encornures commodes.

Ginés Marín, lui aussi de la région, et Andrés Roca Rey peuvent être crédités d’un accessit pour leurs prestations. Ginés Marín, faisait un doublé dans cette feria et chaque fois dans deux affiches purement extremeñas. Il se mesurait à Miguel Ángel Perera et Alejandro Talavante le samedi (en remplaçant «El Juli») et à Antonio Ferrera le dimanche. Il coupait au total trois oreilles, les deux premières à un domingo-hernández, suelto, qu’il sût garder dans la muleta les pieds rivés au sol, sous la pluie, liant les redondos. Les passes d’entrée à genoux et les bernadinas de fin de faena donnaient un sens au trasteo du jeune torero, téméraire et classique à la fois. L’estocade finale lui permettait de triompher à l’unisson de ses compagnons de cartel. L’oreille coupée au garcigrande, faiblard et distrait, du dernier jour confirmait une fois de plus la variété du toreo de Ginés Marín qui entamait sa faena par des passes hautes, de costadillo, de poitrine, le tout lié, et concluait par des mondeñinas et une estocade a recibir ! L’autre jeune loup, Andrés Roca Rey, lui aussi coupait des oreilles, notamment celle à son deuxième de Victoriano del Río de charges courtes, résultat d’un labeur sérieux et varié  mais qui ne créait plus la surprise : les passes circulaires, enchaînées ne soulèvaient pas (ou plus) l’enthousiasme, les passes fondamentales étaient bien dessinées mais absentes de duende. Pourtant la passe changée dans le dos, doublée, et la passe de poitrine, le tout lié au centre de la piste, lançaient une faena à son premier, les luquesinas très serrées étaient tout juste fêtées malgré la démonstration d’une parfaite maîtrise de ces passes ajustées. Néanmoins, l’oreille était demandée et accordée après un avis. Miguel Ángel Perera sortait lui aussi a hombros pour un triomphe sans éclat, après deux faenas selon son style, imposant sa loi à des toros qui de toute manière terminaient près des planches sans doute rendus à la muleta ou bien déclinant le combat et révèlant ainsi leur mansedumbre latente.

Luis David Adame était pris en portant l’estocade à son premier et recevait un coup de corne de à l’aisselle gauche et partait à l’infirmerie après un tour de piste et l’oreille conquise plutôt pour sa cogida et la mort rapide de toro de El Tajo. Le jeune mexicain restait ferme devant un toro qui  perdait sa fougue initiale pour terminer presque arrêté mais conduit par une muleta convaincante. Du fait de la blessure de son jeune compagnon, Juan José Padilla devait toréer trois toros auxquels il administrait tout son répertoire, à la cape, aux banderilles et à la muleta, toujours avec fougue, souvent avec science mais aussi sans retenue lorsqu’il voulait forcer le succès.

                        

En guise d’adieux, le «Pirate», tel qu’en lui-même, repartait d’Olivenza en arborant le drapeau de la flibuste après avoir coupé trois oreilles dont deux au 6ème. José Garrido, un autre extremeño, sous la pluie battante et dans le bourbier, toréait à son habitude, volontaire, accéléré dans ses passes, souvent à genoux mais sans la qualité que l’on attend d’un torero qui eut des débuts prometteurs. La deuxième oreille était demandée après une faena exécutée au centre du ruedo à un toro noble qui méritait peut-être mieux mais on accordera à José Garrido des circonstances atténuantes car les conditions climatiques se prêtaient plutôt à un exercice de patinage artistique qu’a un toreo de même caractéristique.

Georges Marcillac

Photos: Joâo Silva pour aplausos.com

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Une réponse à Feria de Olivenza – 2-3-4 mars 2018 – Les autres…. (II)

  1. François BERNARD dit :

    Ami Georges
    Très bien. Je suis rassuré! Nous avons vu les memes corridas à Olivenza!
    Rien à ajouter à tes analyses, j’adhére totalement.
    Abrazos
    Paco

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