Madrid 21 mai 2018 – 14ème de Feria – Antonio Catalán “Toñete” coupe une oreille sous un déluge biblique.

Cette novillada du Conde de Mayalde sera marquée par un final qui fera date surtout pour le novillero «Toñete» qui coupait une oreille le jour de sa présentation à Las Ventas, sous une pluie diluvienne assortie de grêle. Comme cela arrive souvent, sous la pluie,  son novillo, celui de meilleure présentation, de 500 kg. cuajado, développait tout ce qu’on attend, noblesse et durabilité, avec un novillero mieux préparé que ses compagnons de cartel, qui sut, malgré les conditions climatologiques, toréer a gusto et tuer efficacement. Pablo Atienza de Ségovie et Alfonso Cadaval de Séville complétaient le cartel de cette deuxième novillada de feria.

Les novillos de Conde de Mayalde donnaient un jeu varié, avec des signes de mansedumbre bien que, au cours des faenas au centre du ruedo, ils restaient centrés, pour ensuite tirer vers les tablas. Ils recevaient tous une première pique et un picotazo à la deuxième rencontre. Le quatrième développait une pointe de genio. Il débordait par instants Pablo Atienza. Le 6ème provoquait une chute en soulevant par le poitrail le cheval. De présentations variées, «commodes» de tête, les 2ème et 6ème exhibaient de meilleures hechuras que les quatre autres.

Sous les premières gouttes et ensuite sous l’averse tropicale, « Toñete » touchait donc un novillo, fait, sérieux, suelto comme les autres précédents qui allait à la pique avec force et coups de tête dans le peto, en recevait une véritable deuxième. À la muleta il permettait au novillero de dessiner des séries de bonne facture, «templées», des deux mains. Seuls les aficionados – au sec – des gradas et andanadas (les tendidos étaient quasiment vides… après la débandade de leurs occupants) encourageaient les quelques passes que, visiblement à l’aise «Toñete» donnait à ce novillo dans le ruedo transformé en piscine. La faena était courte, le novillo «humiliait», c’était quasiment un miracle qu’il pût toréer dans ces conditions. Il portait une bonne estocade et le président ne pouvait qu’accorder l’oreille demandée par les seuls spectateurs qui restaient et quelques (jeunes) supporters du novillero, stoïques, mouillés jusqu’aux os. A son premier «Toñete» toréait avec facilité mais sans trop de brio un novillo sans jus, à la charge timorée, à la limite de ses forces. Pour conclure cette faena sans transmission, des passes ayudados por alto et por bajo. Un pinchazo et une estocade légèrement tombée.

Pablo Atienza entamait sa faena par un péndulo suivi d’une passe de poitrine à un novillo mobile mais sans fijeza. Au niveau des lignes, le novillo s’arrêtait et ne passait presque pas. Il  s’avérait un peu «avisé» de la corne gauche et il n’y avait plus de faena. En conclusion, une estocade entière atravesada et plusieurs descabellos. Un avis. Au 4ème, un novillo mobile, la faena révélait un certain manque d’entente torero-toro. Le novillero était obligé de se repositionner pour enchaîner les passes de la droite car le novillo «sortait» de la suerte. Les deux dernières séries de derechazos était plus réunies car le novillo s’était calmé. A gauche, de profil, Pablo Atienza «perdait» des pas pour retrouver une distance pour une nouvelle naturelle. Les bernadinas précédaient une estocade verticale contraire mais le novillo tardait à se coucher et sonnaient deux avis.  Le novillo était applaudi à l’arrastre

Alfonso Cadaval recevait son premier novillo à genoux au centre de la piste pour des passes en redondo avec remate sur la corne gauche et passe de poitrine. Ce novillo doutait avant de charger, rebrincado, violent. Si les passes n’étaient pas de meilleure facture au moins la transmission qu’apportait le novillo rendait intéressant le trasteo du sévillan. Sur la gauche, le novillo se rassérénait mais de nouveau sortait du tracé que tentait de lui imposer le novillero qui se croisait à nouveau pour enchaîner. Malgré la brusquerie de ses charges, le novillo répétait avec tempérament. A la fin, des doblones dans le terrain des tablas et l’on devinait que le novillo n’en voulait plus. Une estocade concluante expliquait la demande, clairsemée, de l’oreille… Au 5ème, Alfonso Cadaval ne savait que faire de son novillo, irrégulier, tantôt la tête basse dans la muleta, tantôt terminant par un petit saut. Les séries? étaient limitées à de deux passes. Estocade trois-quarts de lame horizontale.

Dans leurs quites respectifs, les trois novilleros se prodiguaient à la cape: «Toñete» par gaoneras et  Alfonso Cadaval lui répondait par chicuelinas, Pablo Atienza par caleserinas.

Au risque de se répéter, Miguel Martín et Fernando Sánchez, aujourd’hui de la cuadrilla de Pablo Atienza, saluaient l’ovation après leur pose des banderilles.

Pablo Atienza : un avis et silence ; deux avis et silence. Alfonso Cadaval : saluts ; silence. Antonio Catalán “Toñete”: saluts; une oreille.

Georges Marcillac

Photo mise en avant: Javier Arroyo de aplausos.es

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