Madrid 29 mai 2017 – 19ème de Feria – Gonzalo Caballero: une vuelta au 6ème.

Le 29 mai 2016, donc jour pour jour avec la corrida d’aujourd’hui, Victor Barrio toréait sa dernière corrida à Las Ventas avant de trouver la mort le 9 juillet suivant à Teruel sous la corne de "Lorenzo" de Los Maños. Ce 29 mai, est aussi sa date de naissance et il aurait fêté, aujourd’hui ses 30 ans…. A l’issu du paseillo, une minute de silence et recueillement était observée à sa mémoire. La page de garde du programme de la corrida rappelait aussi le torero disparu. "Morenito de Aranda", témoin de la cogida fatale de Teruel, lui dédiait la mort de son deuxième toro.

Iván Fandiño et Gonzalo Caballero complétaient le cartel face à des toros de José Luis Pereda dont quatre d’entre eux avaient les cinq ans accomplis (1er, 2ème, 4ème et 6ème) pour des poids de 543, 508, 550, 525, 506, et 610 kg selon l’ordre d’entrée en piste. Donc des poids variés qui ne correspondaient pas toujours aux hechuras du toro "de Madrid", les deux de moindre poids étant protestés – par système, par toujours le même secteur du public – bien que pourvus d’armures imposantes. Par contre, les protestations étaient justifiées lorsque certains exemplaires exhibaient des faiblesses comme les 1er et 4ème, par exemple. La suerte de varas était aussi discutée, comme d’habitude, avec les "dosages" aussi habituels.

On mettra en avant la prestation de Gonzalo Caballero qui, sans toréer beaucoup, montrait les lacunes inhérentes à sa condition mais ne se départait pas de cette vaillance qui en fait un des toreros préférés de Madrid. Son premier toro, sérieux,  acucharado de cornes, se déplaçait sans trop de vigueur et présentait l’inconvénient, sinon le défaut, de   s’ "ouvrir" après chaque passe et obligeait le torero à se repositionner pour un nouveau cite. Peut-être aurait-il fallu « marcher » sur le toro qui, par ailleurs, répondait à chaque invite. Faena incomplète mais sérieuse de Gonzalo Caballero qui plaçait une magnifique estocade qui roulait le toro sur le champ. Le 6ème, qui se déplaçait avec brusquerie mais sans malice, avait néanmoins une charge courte et terminait ses passages dans la muleta para un hachazo. L’inégalité entre le volume du toro et la petite taille du torero compliquait l’enchaînement des passes. Vaillamment, Gonzalo faisait face à cette difficulté qui entachait le final de ses passes, principalement des naturelles. Des manoletinas donnaient de l’émotion à ce dur labeur et la faena se terminait par une estocade entière verticale suivie d’un seul descabello efficace. La légère pétition d’oreille déterminait le torero madrilène à effectuer la vuelta

"Morenito de Aranda" touchait deux toros assez faibles, surtout le premier qui avançait fatigué, la tête à mi-hauteur, qui ne finissait pas les passes, ce qui obligeait le torero à abréger. Le 4ème traînait son arrière train. "Morenito" face à une charge descompuesta, réussissait, sur la fin, à lier une série de la gauche en laissant la muleta à la vue du toro qui suivait. Un pinchazo et une estocade très, très basse, presque dans le flanc, concluaient le passage de "Morenito" à Madrid sans trophée cette année.

Iván Fandiño se rachetait de ses prestations antérieures par une volonté marquée de bien toréer en dépit du peu de collaboration de ses deux opposants. Il fut le point de mire des aficionados qui dénigraient son entrega lorsque justement il se plaçait et forçait les charges du 2ème, qui donnait de la corne dans la muleta. Il avait commencé sa faena par un péndulo doublé. Le toro "humiliait" mais jetait la tête en fin de passes. Les naturelles étaient égrainées une à une. Les bernadinas exposées et la passe de poitrine liée, l’estocade et le descabello parachevaient cette faena, courte et mesurée. Il allait accueillir le 5ème à porta gayola, sans grand résultat. Ce toro se caractérisait par des hachazos intempestifs et ce n’est qu’en une seule série de la gauche qu’Iván Fandiño pouvait laisser la muleta basse pour des naturelles liées suivies de passes par le bas. Estocade desprendida  avec hémorragie buccale.

« Morenito de Aranda » : silence ; un avis et silence. Iván Fandiño : saluts ; silence. Gonzalo Caballero : saluts ; un avis et vuelta.

Georges Marcillac

Ce contenu a été publié dans Général, Georges Marcillac Escritos, Madrid. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *