Madrid – Las Ventas – 25 mars 2018 – Les toros de Victorino déçoivent mais Saúl Jiménez Fortes sort grandi de sa prestation.

En ce dimanche des Rameaux la plaza de Las Ventas ouvrait ses portes pour la deuxième année de la empresa Plaza 1 avec une corrida de Victorino Martín, en hommage à son créateur, décédé en octobre dernier. Le lleno des gradins de soleil traduisaient le besoin des spectateurs d’un hypothétique rayon de l’astre solaire pour tempérer le froid hivernal qui régnait sur la capitale. Les autres tendidos étaient plus clairsemés pour une entrée totale de 14.500 spectateurs. Les matadors Manuel Jesús « el Cid », Pepe Mora et Saúl Jiménez Fortes, désormais “Fortes” ??, tout seul, complétaient le cartel. Tout au long de l’après-midi, le vent omniprésent gênait le maniement des capotes et muletas et compliquait les faenas en plus des difficultés inhérentes aux toros de cet encaste.

Les toros de Victorino sont toujours une attraction et les quatre premiers cárdenos représentaient le type de cet encaste emblématique, moins, les deux derniers presque noirs. C’est pourquoi, lorsque ces toros ne répondent pas à l’attente des aficionados, la déception l’emporte.  Néanmoins leurs comportements respectifs méritaient, ce jour, des appréciations nuancées. Les deux premiers, de plus 5 ans, n’offraient  pratiquement aucune option de faena. Le 3ème, plus mobile et moins coriace, révélait la maturité et la fermeté du torero de Málaga «Fortes», le 4ème passait sans transmission, le 5ème fut le seul à ne pas «humilier» - caractéristique des victorinos –, le 6ème de moindre présentation et quelque velléité de mansedumbre, renversait néanmoins la cavalerie à la première rencontre. Ils affichaient un poids moyen de 534 kg, bien armés, cornivueltos, veleto le 5ème. Le 1er présentait une cornada à l’arrière-train gauche, ce qui valait les premières protestations du public et la bronca au président.

Saúl Jiménez Fortes coupait une oreille au 3ème, dont la mobilité et longue charge permettaient un bon capoteo au début et une faena de muleta, complète, composée de bonnes séries des deux mains, entachées de quelques accrochages en fins de passes (le vent ?). Il est vrai que le toro avançait le museau dans le sable, lentement sans trop de force et rendait possible un toreo au ralenti, le temple,  dans des passages courts parfaitement gérés par le torero, ce qui n’était guère facile compte tenu des conditions du toro et des sautes de vent. On relevait deux naturelles excellentes malheureusement, le toro très «humilié» marchait sur la muleta et provoquait un desarme. Une estocade desprendida concluait cette première faena inégale, l’oreille était demandée et concédée.

                        

La deuxième faena, au 6ème, donnait quelque espoir dans une première série de naturelles mais le toro modifiait et raccourcissait sa charge dès la série suivante. Désormais, il ne supportait que deux passes et s’arrêtait. Un détail : José Antonio Carretero dans un seul capotazo avait montré la qualité de charge du toro à gauche et la faena de « Fortes » se déroulait presque exclusivement sur ce côté avec les interruptions citées plus haut. Les pinchazos se succédaient à la mort et sonnait un avis.

Manuel Jesús « El Cid » tombait sur un os, le 1er, faible de surcroît, probón et sans charge par la suite. Une estocade contraire et deux descabellos. Au 4ème, l’effort était méritoire devant un toro sans trop de force – une chute des antérieurs, une costalada (chute de côté) - ni caste, qui lui permettait de toréer exclusivement de la droite, au ralenti, certes, mais sans la transmission ni l’émotion qui auraient réchauffé les aficionados transis. « El Cid » s’offait même le luxe d’un desplante déplacé! avant de placer un pinchazo et une estocade verticale.

Pepe Moral n’était pas mieux loti. Ces deux toros ne servaient qu’à montrer combien le sévillan voulait répéter ses performances à Las Ventas. Avec métier, sur les jambes, il tentait de faire passer son premier, qui lançait des hachazos dans cape d’abord pour continuer dans la muleta, avec des retours courts lorsqu’il daignait charger… Jolis doblones longs et « templés » au début, mais ce fut tout. Laborieux à la mort. Le 5ème, qui n’ « humiliait » pas, des demi-charges, sans se livrer, plutôt se défendant, ne se prêtait à aucune série de passes ni de la droite ni de la gauche. A la mort, difficile due au port de tête de l’animal, Pepe Moral tuait de deux pinchazos et d’une demi-estocade.

Manuel Jesús « El Cid » : silence ; un avis et silence. « Fortes » : un oreille ; ovation. Pepe Moral : silence : un avis et silence. José Antonio Carretero saluait après deux paires de banderilles au 3ème. Les toros de Victorino portaient une divisa noire en signe de deuil.

Georges Marcillac

 

Ce contenu a été publié dans Général, Georges Marcillac Escritos, Madrid. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *