BILBAO 20/08/2014 – MORANTE UNE OREILLE

A la mort du troisième toro du mano a mano de ce jour entre Morante et Manzanares, Bilbao atteint l’équinoxe de sa feria. Le public a répondu présent aux trois quart. Le lot de toros est de Nunez del Cuvillo et est dans son ensemble bien en dessous du niveau de présentation espéré de Bilbao.

Morante lance le challenge avec un toro de présentation banale qui attaque violemment le capote. Il se révèle brave sous deux piques très en arrière et une troisième al relance. Malgré le châtiment il montre du piquant au second tiers alternant le bon et le moins bon. Le tanteo de Morante semble tempérer ses premières ardeurs. A gauche certaines des naturelles, une par une, sont somptueuses et profondes. A droite les passes le sont plus encore et avec plus de lié. Ensuite Morante est désarmé avant de poursuivre à gauche pour terminer une bonne série par deux naturelles superbes et molinete. Aprés s’être fait marcher sur, et déchirer la muleta, il répète avec les mêmes qualités. 3/4 de lame en arrière, de coté et atravesada. Descabello. Palmas au toro. Ovation et salut au tiers.

Le second Cuvillo est imprésentable et protesté. Le capoteo fin de Manzanares est applaudi. Le bichito montre des signes de faiblesse dès avant les piques. Il est piqué deux fois en relation avec son état. La faena débute à gauche en ligne, le toro galope, la série est rythmée. A droite Manzanares doit s’y reprendre pour lier en redondo une série qui crée la division sur les tendidos. La division se poursuit avec les naturelles et derechazos suivants car, profitant de la répétition du Cuvillo, Manzanares reste à l’extérieur de la trajectoire. Vient une tentative à gauche pour revenir à un toréo plus pur avant que le toro n’abandonne sur les derechazos suivants. L’ensemble est le contraire de la domination. Entière desprendida. Petition. Palmas et salut au tiers.

Un jabonero “Idilico”, échoit à Morante de la Puebla en troisième position. Il manque de classe dans l’embestida et se colle à gauche. Le bicho s’emploit sans classe à la première pique portée en arrière et s’éteint sous la seconde. Morante donne des ayudados por alto pour débuter la faena avec difficulté, la muleta étant touchée à chaque passage. Il en va de même dans la première série à gauche. Le toro tire des derrotes à droite. Morante prend l’épée. Pinchazo et trois demie lames atravesadas. Descabello. Silence.

Le quatrième est fin et manque de remate. Manzanares ne s’accouple pas avec la cape. L’embestida du Cuvillo est à mi hauteur. Deux rencontres avec la cavalerie, mesurées, n’empêchent pas les signes de faiblesse. Manzanares torée en ligne sur la corne droite, après tanteo. Il se cherche, parfois se croise, le toro est d’abord tardo puis relance sa charge sans temps de pause. Le bicho finit par rajarse (abandoner). Entière dans la croix d’effet rapide. Sifflets au toro. Palmas et salut.

Le quinto fin et bas fait une sortie énergique et met Morante en difficulté sur ses retours avec une attirance vers les planches. Les deux piques sont encadrées par un quite de Morante par véroniques, un par chicuelina de Manzanares et une réplique par chicuelinas supérieures, torées, de Morante, même si la cape est touchée car il se le passe près. Le toro a le défaut de peu humilier et de sortir des passes distrait. Morante torée avec empaque et profondeur dans chaque muletazo d’ouverture. Petit à petit le Cuvillo est empapado (absorbé) dans la muleta. Morante alterne des passages croisés et al hilo avec lenteur et rythme. Un gañafon (violent coup de tête) du toro dans un pecho marque le changement de tendance, le toro et la faena allant a menos. Morante continue pourtant à se passer le toro très près avec détails très toreros comme ayudados et trincherilla. Entière traserita. Longue lutte du Cuvillo accompagnée par Morante. Pétition et Oreille. Ovation au toro.

Manzanares reçoit le dernier Cuvillo en se préoccupant plus de sa faiblesse que de le toréer. Protestations. Tout est fait pour préserver le toro en deux piques. Manzanares entame au centre en donnant de la distance. Le toro galope et offre au Maestro quelques muletazos en ligne. Un cambio por la espalda précède des derechazos plus profonds, en rond. Le toro va a mas mais Manzanares a du mal. Il lie finalement trois naturelles au pecho. A nouveau un cambio dans le dos annonce quelques derechazos profonds. Toujours en donnant de la distance il lie une série courte et rythmée à droite. Pinchazo en s’appuyant de tout son corps puis un metisaca très bas, les deux en tentant le recibir. Ensuite entière en arrière, atravesada. Palmas au toro. Palmas et salut.

Le mano a mano n’en avait que le nom. L’organisation a été faite pour plaire aux participants qui n’ont jamais abordé la rencontre comme une compétition. René Philippe Arneodau.

 

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