ANDRES ROCA REY met KO l’Escalafon à Valencia

ROCA REYHier à Valence, face à un lot médiocre de Victoriano del Rio,  Andrés Roca Rey a pulvérisé l’escalafon.  En 46 années d’Aficion je n’ait eu que peu d’occasions de ressentir un événement aussi impactant, d’une telle magnitude.  Me viennent à l’esprit des prestations d’Antoñete, de Paco Ojeda, de César Rincon, de Jose Tomas.  Je ne parle pas des plus grandes faenas  ou des plus grands triomphes qu’il m’ait été donné de voir, produits par bien d’autres Toreros, mais plus précisément de celles fondées sur l’abandon, sur l’offrande totale du corps et de l’âme au bénéfice d’un moment de grâce et au risque de la blessure palpable à chaque instant.  Ceci est bien moins fréquent que les faenas techniques des Maîtres de l’escalafon.

Pour bien comprendre ce qui s’est passé hier, j’oserai une analogie que les vieux aficionados comprendront.  Dans les années 80 est apparu dans le monde de la boxe un jeune prodige qui, de combat en combat époustouflait les publics par la violence de ses attaques et par les KO répétés qu’il provoquait.  Il en fut ainsi jusqu’à l’opportunité qu’il eut de combattre, très jeune, pour un titre de champion du monde.  Arrivé à ce niveau tout le monde s’attendais à ce que les Boxeurs plus expérimentés lui causent des difficultés et arrêtent sa fulgurante progression .  Il n’en fut rien.  Il balaya tous ses opposants en provoquant un impact énorme dans le monde de la Boxe.  Il s’agit de Mike Tyson.  Hier à Valence, le 18/03/2016,  Andrés Roca Rey m’a donné l’impression qu’il pourrait en faire de même dans le Mundillo.

Je ne suis pas né de la dernière pluie et j’ai déjà vu des promesses disparaître et s’éteindre. Je sais parfaitement qu’un grand succès peut-être éphémère et qu’il faut raison garder. Laissez-moi cependant vous expliquer ce que j’ai vu hier et qui me laisse à penser que Roca Rey est là pour un moment et que son effet sur la tauromachie va être révolutionnaire.

Tout d’abord il faut noter que le lot de Victoriano del Rio qu’affontaient Talavante et Roca Rey était médiocre de comportement, loin des critères que recherchent les figuras lorsqu’ils effectuent leurs sélections attentives de ganado.  Tout ce qui a été réalisé hier par les deux Toreros, l’a été par volonté propre.  C’est eux qui ont poussé le bouchon et fixé le niveau de leurs prestations.  Ce niveau n’a laissé aucune place aux gestes superflus et d’auto protection dont les Maîtres actuels ont fait une science.  Dans le cas de Roca Rey le niveau de son Toreo Pur a été élevé au rang de Mysticisme.  Et on ne peut absolument pas mettre cela sur le compte de son expérience.  Tout vient d’ailleurs.

Il faut d’autre part noter que Roca Rey  a eu le même comportement avec ses trois adversaires (mano a mano) ce qui démontre l’absence de coup de chance aléatoire.  Les mises à mort  ont toutes étés exécutées avec une sincérité et une technique percutantes de simplicité et de pureté. Roca Rey ne s’est à aucun moment laissé de marge de manœuvre dans l’exécution des suertes à ses trois toros, pas plus que dans les quites réalisés aux adversaires de Talavante.

Enfin je note que cette prestation aux sommets intervient dans une ambiance propice au basculement de la tauromachie dans une ère nouvelle.  Il y a quelques semaines j’écrivais sur le retour du toreo pur après avoir auparavant détaillé la différence entre cette tauromachie et la tauromachie moderne.  Valence 2016 sonne la charge d’une nouvelle génération de toreros qui semblent avoir opté pour un toreo sincère et épuré.  Je pense particulièrement aux prestations de Ginés Marin comme Novillero, puis de Garrido et Roman comme Matadors.  Il faut rajouter à ces prestation marquantes celles des Matadors  plus anciens qui ont toujours portés le toreo pur, à savoir Paco Ureña et Juan del Alamo.

Hier Talavante, qui est aussi un partisan de la pureté et de la sincérité, n’a pas du tout démérité.  Son attitude fut irréprochable dans bien des passages.  Mais la météorite Roca Rey a détourné toutes les attentions.  Aujourd’hui c’est El JULI qui torée à Valence en mano a mano avec Lopez Simon, autre jeune promesse de l’escalafon.  Il va être très intéressant de voir si le Maître relève le défi à distance  avec Roca Rey et comment il le fait. En effet la grande technicité des Faenas du Juli se fondent généralement sur une intention de protection plutôt que d’abandon.  S’il triomphe c’est un mano a mano avec Roca Rey que le peuple demandera.

Ma conviction et mon espérance sont que le triomphe extraordinaire d’Andrés Roca Rey hier à Valence marque une période de renouveau de la corrida et d’inspiration de nouvelles aficions.

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