Madrid 25 Mai 2024 - 14ème de Feria de San Isidro - Digne confirmation d'alternative de Christian Parejo et  échec majeur des toros de La Ventana del Puerto.

Le lot de La Ventana del Puerto et Puerto de San Lorenzo (4°) a, comme celui du Puerto il y a deux jours, fait étalage de la médiocrité actuelle de cette lignée de toros de combats. Non seulement la présentation était défaillante avec des cornes ayant pour but de compenser des trapíos défaillants, mais aussi avec des comportements dénués de la caste et de la combativité nécessaires pour permettre le triomphe des matadors. Dans de telles circonstances, il faut reconnaître à Christian Parejo ses efforts notables et à Daniel Luque d’avoir tenté, sans grande chance de succès, le toreo pur.

Christian Parejo passe le toro de la confirmation en delantales et chicuelinas mobiles. Le toro reçoit ses deux piques réglementaires avec promptitude. Le quite par gaoneras et revolera de Sébastien Castella est brusque auquel Christian Parejo répond par tafalleras immobiles et une demi-véronique longue et enroulée qui déclenche le premier olé du jour. Le toro galope au second tiers avec bon rythme et Antonio Chacón salue, avec son compère Vicente. Herrera, pour deux poses de banderilles,  dans le berceau.
Christian Parejo confirme l’alternative des mains de Sébastien Castella en présence de Daniel Luque face au toro "Bonoloto" n°101 de la Ventana del Puerto né en 09/19 et pesant 581kg. Brindis au public. Au centre, le toricantano "cite" pour un double cambio dans le dos dans une série qui voit le bicho douter. De loin il "cite" à droite pour une série dont le point haut est le pase de pecho enroulé. Toujours de loin, en déchargeant la suerte hostensiblement, il lie une série qui plaît au public. Le toro se dégonfle dans la série suivante. Lorsque Parejo prend la gauche, la faena tombe à plat, les naturelles étant arrachées dans l’insipidité. Quelques ayudados par le haut sont suivis d’une quasi entière en bonne place, avis et descabello. Applaudissements et salut.


Le premier de Sebastian Castella est court et râblé. Le matador a du mal à le fixer à la cape. Après une première pique insipide, le toro est placé à distance et retourne au cheval en poussant a menos et en sortant seul. José Chacón brille au second tiers et salue. Après la cérémonie de retour des trastos, Castella entame la faena sur jambe fléchie face à un animal qui marque des pauses. Dans les derechazos au centre du ruedo, l’animal avance en sautillant. À gauche, la charge est plus profonde au contraire des muletazos qui eux sont lointains. Poursuivant sur la même corne après un cambio de mano introductif, Castella resserre à peine la trajectoire et appliquant un léger toque por fuera au moment de l’embroque. La suite à droite, sans relief, voit le torero chercher sur les deux cornes des solutions qu’il ne trouve pas, soit en raccourcissent la distance, soit avec des dosantinas, ou par arrimón et desplante. Seuls, les moins connaisseurs applaudissent. Un final par manoletinas est réalisé après avis, en pleine division des opinions. 3/4 d’épée trasera, caída, perpendiculaire et atravesada. Quelques applaudissements.

Le second de Sébastien Castella, aux allures bovines, sautille et donne des coups de tête lors du travail de cape. Le combat aux piques voit ce toro du Puerto de San Lorenzo s’employer sans classe. Brindis au public, surprenant vu la condition du toro. À hauteur du deuxième cercle, Castella exécute des doblones brusques. Au centre, sur la corne droite, il n’impose pas le rythme à un adversaire qui n’en a pas. Les muletazos se multiplient comme dans une arène de pueblo. A gauche, après avoir changé de terrain, le Français ne fait pas mieux. Le trasteo sur les deux cornes est mobile et discontinu, pour ne pas dire médiocre. Le toro semble se plaindre de la patte avant droite qu’il soulève occasionnellement. Avec un tel opposant, manquant de race, on pouvait difficilement espérer mieux. Pinchazo dans l’épaule et 3/4 d’épée trasera et desprendida. Un avis et trois descabellos. Silence.

Daniel Luque se limite à bregar la charge irrégulière de son premier dont les armures surdéveloppées ne compensent pas le "culo pollo" du toro. Celui-ci combat violemment sous une pique trasera. Replacé loin du cheval, il combat de nouveau avec vivacité sans cependant se faire prier pour se décoller du peto. Prestation de haut vol d’Ivan Garcia aux banderilles, face à une charge vive qui lui vaut de saluer avec Jesús Arruga. Daniel Luque réalise un tanteo élégant dans lequel on ne retrouve pas la vivacité de charge que le toro avait au second tiers. Les derechazos sont impactés par un calamocheo qui explique les accrochages de muleta et une certaine faiblesse qui fait trébucher le bicho. Toréant avec sérieux dans son placement, Luque doit gérer les défauts d’un opposant devenu tardo. Entière atravesada et trois descabellos. Silence.

Le cinquième est distrait dans la cape de Luque. Mal piqué, le toro pousse brièvement sous la première puya. Son effort est moins marqué lors de la seconde rencontre. Quite de Parejo par chicuelinas et demi-véronique. Brindis au public. Côté soleil, Luque démarre les hostilités par des ayudados dans lesquels le l’animal trébuche lorsque la muleta est baissée. Le travail droitier, réalisé avec économie dans la gestuelle, déclenche les olés. Le toro est faible et les bons muletazos sont difficiles à lui imposer. Quelques uns sont néanmoins somptueux. Le passage gaucher est anodin. Luque insiste sur les deux cornes sans résultat. Pinchazo et presque entière en couvrant la tête de la muleta. Avis et silence.

La corrida se termine avec la seconde prestation du confirmant Christian Parejo qui, avec la cape doit se contenter de bregar et de dessiner une demi-véronique de remate. Le bicho pousse longuement lors de la première rencontre et s’emploie au second passage. Brindis à Ortega Cano. Le trasteo par le haut du début de faena doit gérer un léger vent. Muleta à gauche,  Parejo lie une série exposée. La suite à droite voit le bicho se dégonfler à vue d’œil. Le jeune matador insiste et fait un effort respectable. Les séries manquent de profondeur en raison d'un calamocheo continu. Malgré l’insistance du torero, le toro se désintéresse du combat, sauf par à coups lorsqu’il met en danger le torero. Entière basse alors que sonne l’avis. Silence.


René Arneodau

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