Olé !

Le OLE est parfois un chant, et parfois un cri. Cela dépend de ses auteurs. Le OLE chanté est celui de ceux qui veulent participer et qui aspirent à tout prix au succès du spectacle. Ce OLE est une expression de désir, de festivité. Il est anticipateur et langoureux. Il est donc long et parfois en suspension. Il se prolonge. Il est donc souvent déconnecté du contenu qu’il est censé accompagner. Il est proactif et non pas réactif. Il ne se fonde pas sur des critères techniques mais exclusivement visuels. Tout peut être motif de OLE. C’est un OLE sympathique et festif. Il est l’apanage des arènes dites populaires où le public vient se divertir. Il est plutôt féminin dans sa sonorité et ses caractéristiques.

Lorsque le OLE est un cri il devient signifiant. C’est un OLE parcimonieux et exigent qui est souvent précédé d’une autre forme d’expression qui se manifeste par un “BIEN”. Ce OLE est un cri parce qu’il ponctue une reconnaissance instantanée de critères maitrisés par l’auteur et il lui est arraché par nécessité. Il est d’une grande valeur émotionnelle car il est un symptôme de joie issu de la frugalité. Ce OLE est court, puissant, et peut être accompagné d’une réaction physique dans un jaillissement tout à la fois sonore et corporel. Il est guttural et masculin dans ses caractéristiques. Il est l’attribut des Arènes réputées sérieuses. Les plus attentifs savent que ce OLE crié n’est pas le même d’une Plaza à l’autre, chacune ayant sa sonorité propre.

Dans une vie d’Aficionado on évolue du OLE chanté vers le OLE crié. D’un OLE participatif vers un OLE significatif. Lorsqu’on ne sait pas, ou peu, on chante beaucoup, et lorsqu’on sait plus, ou beaucoup, on cri peu. Le OLE chanté est prémédité comme le spectacle Tauromachique actuel. Le OLE crié est rare et essentiel comme le sont les moments exceptionnels en Tauromachie. Le OLE crié est donc l’expression des Aficionados qui savent ce qui a de la valeur et qu’il faudra être patient pour le voir. Le OLE crié peut être un repère pour le spectateur qui évolue pour devenir Aficionado. Il l’aide à reconnaitre et à porter plus d’attention aux moments intenses. L’évolution d’un OLE à l’autre passe par une période de silence durant laquelle on prend le temps de regarder, d’écouter et de comprendre. Il arrive que les deux OLE cohabitent dans une même corrida ou parfois un même instant. Ce qui interpelle ce sont les assistants qui ne s’expriment ni par l’un ni par l’autre, surtout s’ils sont connus pour être Aficionados.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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