Séville 8 Mai 2019 – La corrida mixte remplit mais ne produit pas. Les œufs de lump vendus au prix du caviar.

La empresa Pagés a réussi à coller, au grand dam des puristes,  une corrida mixte en pleine Feria de Farolillos, le lendemain d’un cartel inadapté aux mêmes circonstances.  À la vue des tendidos remplis, le public en est satisfait. Pagés vend des œufs de lump au prix du caviar.

Le premier toro de Los Espartales charge d’abord la croupe sans continuité. Avec patience Diego Ventura le fixe et pose la première farpa dans l’épaule, cuarteando, et laissant sa monture se faire toucher. La suivante est plus réussie après néanmoins un passage à faux.  Ayant changé de monture et accompagné de la musique, Ventura torée  à quelques millimètres de la charge du toro sur la moitié de la circonférence du ruedo pour terminer par une pose de banderille.  La charge est homogène et sans aucun à coup, ce qui va permettre au cavalier de répéter les passages serrés et même touchés, durant le second tiers. Avec une nouvelle monture ce sont les quiebros qui sont travaillés, les plus spectaculaires étant réalisés dos aux tablas à contre querencia, ensuite à cheval guidé sans mors, ni rêne.  Final avec banderilles courtes sur nouveau cheval, puis plusieurs tentatives avec le rejón de muerte. Palmas.

La seconde prestation du rejoneador face au second de El Espartales prend un peu de rythme une fois la première farpa posée.  Au second tiers, Diego Ventura torée avec la croupe le long des planches, cheval de profil. Plusieurs passages à faux précèdent la première pose de banderille.  Un recorte en tablas remet le public de bonne humeur. La suite traîne en longueur avec la musique et un cantaor, dans les gradas, qui s’égosille… Le folklore est complet. Ayant changé de monture Ventura tente des virevoltes dans lesquelles le cheval est touché.  Un quiebro est tenté à deux reprises avant d’être réussi. Son cheval guidé avec les jambes permet au cavalier de mettre de l’animation à toro arrêté. Les banderilles courtes autour du toro statique sont applaudies. Dans ces conditions la mise à mort, descabello compris, est laborieuse.  Palmas et salut.

Le premier de Domingo Hernández charge et “humilie·” avec une classe peu commune dans le toreo de cape relâché de Julián López “El Juli.”  Chargeant par surprise le cheval, le toro pousse, soulève et obtient une chute spectaculaire. Quite facile de “El Juli” par chicuelinas.  Le toro pousse fortement en mettant les reins au second passage. Quite de Cayetano Rivera par cordobinas et larga afarolada.  Au second tiers le toro galope bouche fermée. Les doblones confirment la qualité de la charge. “El Juli” est d’abord méthodique à droite, gérant le vent également.  À gauche, il baisse la main et joue du poignet sans dominer, ni lier. C’est à droite, et dans le style moderne qui lui sied, qu’il connecte avec le public. Les naturelles restent en dedans.  “El Juli” a choisit la proximité et celle-ci donne une faena en dessous des espérances offertes par le comportement antérieur du bicho. Ce dernier termine arrêté. Pinchazo et entière. Divers descabellos.  Palmas au toro. Silence.

Le troisième toro de lidia à pied est très terciado.  “El Juli” exécute des véroniques à la gestuelle contenue. Le domingo-hernández subit les deux passages au cheval, vuelta de campana intercalée.  Le torito est entrepris par “El Juli” en va et vient facile. Les premiers essais à droite sont incomplets. Les passages subséquents sur les deux cornes sont plus notables du fait des cris poussés par le torero que par la profondeur du trasteo. La faena traîne en longueur sans réel sens.  Pinchazo hondo et descabellos. Silence.

Cayetano Rivera dessine quelques véroniques sur le passage avec demi-véronique au centre dans l’indifférence.  Le toro avance cruzado et oblige le torero à le passer du coté opposé à celui souhaité. Le tercio de varas se déroule dans la torpeur de tous les intervenants y compris dans les quites.  Brindis à Juan Antonio Ruiz “Espartaco”. Le tanteo por alto est suivi de quelques derechazos dans lesquels la charge se révèle facile et prévisible. Heureusement, car le vent découvre à plusieurs reprises  le matador. Cayetano profite de cette noblesse et de cette charge sur les deux cornes sans vraiment lui faire honneur, ni dans le placement, ni dans l’engagement. C’est finalement après avoir mené le toro au centre qu’il donne la meilleure série à gauche avant que le vent ne mette un terme aux velléités.  Estocade entière. Pétition  d’oreille non concédée. Vuelta.

                                      

Cayetano est servi avec un torito qu’il reçoit par des lances pieds joints sans relief.  Le domingo-hernández pousse longuement sous la première pique. Il y retourne éteint pour une seconde ration mesurée.  Brindis au public. Assis sur l’estribo Cayetano torée par ayudados qu’il poursuit à genoux en avançant. Au centre le toro attaque et charge avec classe. Le matador tire des derechazos en demi-teinte. La musique joue et Cayetano lui demande d’arrêter.  La série suivante est aboutie tant par les trajectoires que le lié. Cette fois la musique joue. Sur la corne gauche le torero est mis en difficulté et renvoyé à droite où la faena prend un tournant a menos, le toro ayant aussi baissé de rythme. Les meilleurs moments sont passés.  Pinchazo et estocade entière. Salut au tercios et vuelta à l’initiative du matador.

René Philippe Arneodau.

Photos Arjona pour aplausos-es

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