Toriles

Depuis que je suis Aficionados le moment de l’ouverture de la porte des TORILES a toujours été un moment magique. Durant les quelques secondes qui séparent cette ouverture, de la sortie en piste du Toro, tous les espoirs sont permis. Je ne me préoccupe plus depuis longtemps du poids annoncé. Le poids n’a rien avoir avec le trapio. Ce qui compte c’est ce qui sort. Est-il beau ? Inspire t-il le respect ? Puis, et c’est le plus important, bouge t-il et embiste t-il ? Robert Margé le dit on ne peu plus simplement dans l’Opus 31 de Terres Taurines. Son dosage est fait “de bonnes hechuras, de mobilité et de Franchise”. C’est parfait. C’est exactement ce qui devrait satisfaire toute l’Aficion.
Mais de plus en plus je suis déçus de l’ouverture des Toriles. Le début de la temporada 2011 indique que le mal s’est propagé et a gangréné toutes les strates de la planète Toro. Ce n’est pas le choix de l’Aficion et du Public qui en sort, mais plutôt celui des organisateurs et des acteurs . Alors, le Toro sort à petit pas, comme s’il avait honte de se montrer. Et s’il sort dans un galop prometteur on se prends à espérer que quelqu’un l’arrête pour ne pas qu’il s’épuise et se dégonfle. C’est le medio toro fruit de la nomenklatura taurine actuelle. Le curseur du pouvoir de cette nomenklatura est allé bien trop loin de son coté et il conviendrait de le faire revenir du coté de l’Aficion et du public avant que nous quittions les tendidos. A lire les déclarations du G10 il semble qu’ils ne soient pas conscients d’une telle éventualité.
Moi Aficionado, payant chèrement mes places de corrida, je sollicite des ganaderos qu’ils élèvent des toros en âge, beaux qui inspirent le respect, ayant de la mobilité jusqu’à la fin de leur combat et qui embistent par le bas. Je demande aux Empresas d’investir notre argent dans des cartels réunissant les plus beaux et les plus combatifs spécimens de la cabana brava, avec les Toreros acceptant de s’y confronter et ayant la volonté de triompher de ce qui existe de mieux au campo. Je demande aux Apoderados et Veedores d’avoir confiance en leurs Maestros et de les confronter à des animaux qui renvoient une image valorisante et éthique de l’Art tauromachique. Je demande aux toreros de démontrer leur Maestria face à une adversité visible et réelle.
Pour que le curseur du pouvoir revienne vers l’Aficion et le public, nous devons nous exprimer, car notre silence conforte les acteurs de la nomenklatura dans leurs arrangements. Notre arme est un mouchoir. Nous pouvons décider de nous en servir ou de ne pas nous en servir. Nous pouvons aussi décider d’en changer la couleur dans l’éventualité ou nous voudrions envoyer un message différent, par exemple lorsque nous considérons que les bornes ont été dépassées. L’ouverture de la porte de Toriles est un moment d’espérance, pas de résignation.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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