Le JULI nouveau est arrivé

Annoncé lors du festival du 2 mai à Las Ventas, le renouveau du JULI se confirme à Vistalegre en ce jour de San Isidro, 15 Mai 2021. Un renouveau qui renoue avec les meilleurs moments de la première étape de sa carrière, avec l’assurance de son expérience en plus.  Nous avions bien eu des signes avant coureurs au cours des deux dernières temporadas.  Le changement donne à la tauromachie du JULI la hauteur et la profondeur que l’on attend d’un figura hors catégorie.  La mutation est notable et impactante.

Que sont donc ces changements constatés. La tauromachie de El JULI a gagné en verticalité là où elle était faite de corps à l’équerre, incurvé. Le toreo antérieur du maestro lui permettait de baisser ostensiblement la main, conduire et obliger la charge et maîtriser la distance de passage des cornes autour de son corps.  Avec la verticalité, il réduit les distances et donne une profondeur naturelle et artistique à ses gestes.

Un autre changement important est le positionnement du corps lors des cites au toro.  Là où auparavant El JULI effaçait, sans vergogne, sa jambe de sortie, en maintenant son corps hors de la ligne de charge, maintenant il n’hésite pas à se placer sur la trajectoire et à avancer, même si c’est très légèrement, la jambe de sortie.  Les muletazos sont, du fait de ces nouvelles stratégies, plus fondés sur les vuelos de la muleta.

En ce qui concerne le temple et l’aguante, ils sont toujours présents comme avant, sublimés par la nouvelle attitude.  L’impact sur le public est immédiat et pour les plus critiques de la tauromachie ancienne du matador, comme je l’ai été, la conversion et l’approbation sont inconditionnels.

Il reste cependant un écueil de taille à cette nouvelle Tauromachie.  Il s’agit de la suerte de matar qui reste inspirée du “JULIPIE” qui contraste par sa médiocrité avec sa nouvelle technique qui elle se situe dans la plus vibrante expression du toreo puro.  Pour confirmer sa place dans l’histoire du toreo comme un des plus grands, EL JULI devra revenir à une exécution classique de la mise à mort.

En deux prestations majeures dans la capitale du toreo, en pleine pandémie, le maestro Julián López a marqué, incontestablement,  son territoire et établi sa domination sur l’escalafon.

René Arneodau “El Niño de San Rafael”

 

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