MADRID – 05/06/2014 Oreille et Oreille pour Luque qui sort par la Grande Porte.

Étrange corrida que celle du Puerto San Lorenzo homogène de présentation, mais pas impressionnante, de comportement conforme à l’encaste c’est à dire hésitants et distraits au début, puis braves sous le fer, allant à mas dans la muleta avec certains ayant des embestidas de grande qualité, mais manquant tous de transmission et dont aucun ne restera dans les mémoires.

Le premier est renvoyé après les Banderilles pour blessure à une patte. Il est succédé par le premier sobrero de Puerto de San Lorenzo qui fait lui aussi une sortie pensive et de peu d’entrain. Padilla envoit son banderillero donner les premiers capotazos. Les véroniques de Padilla sont dénaturées par la faiblesse et le manque d’agressivité du toro. Le bicho pousse sous le fer en deux fois. Après avoir fait soigneusement placer le toro, Padilla pose un cuarteo dans le berceau, puis une paire des tablas por fuera et un violin à la grande joie du public. Le Puerto veut mettre la tête mais il manque de force. Rapidement les attaques se font désirer et l’embestida reste à mi hauteur. Padilla essaye les deux cornes sans que la faena ne puisse décoller. Le public finit par protester. Pinchazo et demie lame. Descabello. Silence.
Padilla a tiré au sort un second toro trapu, bonito, cornigacho. Il le reçoit côté soleil par delantales. Pique d’abord très en arrière, la seconde plus ajustée. Le bicho fait sonner l’estribo. Nombreux doblones pour débuter la faena devant le 7 et un pase de la firma. Les derechazos al hilo sont donnés en va et vient. À gauche le toro hésité et tarde, puis ne passe pas complètement. Padilla termine à droite sans améliorer le niveau. Pinchazo hondo tendido. Pinchazo hondo. Entière.

Le second Puerto de lidia normale sort avec hésitations. El Cid se relâche dans les véroniques mais les charges ne transmettent rien. Le toro s’agenouille dès avant la pique dans laquelle il pousse dans une longue carrioca. Deuxième pique longue, en tourniquet. Palmas de protestation. Comme le premier sobrero le toro veut embestir mais son manque de force l’empêche de le faire. Cid profite de cette charge sans chispa pour toréer en redondo, en laissant la muleta devant la tête et arrive à se faire applaudir par le public. Les naturelles sont longues et templées mais sans émotion. La faena finit par trainer en longueur. La première lame glisse sur une banderille. Pinchazo et entière atravesada haciendo guardia.
Le quinto est un exemplaire de 604 kg qui ne transmet rien dans les véroniques de réception du Cid. Le Puerto pousse longuement sous la vara et sort trébuchant. Le toro n’est pas piqué à la seconde rencontre. Gaoneras sans jus de Luque, le toro avance avec difficulté. Brindis du Cid au public. Muleta dans la main gauche il enchaine des naturelles, d’abord par le bas, puis à mi hauteur dans la deuxième série. Les derechazos sont aussi à mi hauteur. L’embestida est par moment boyante mais toujours avec un calamocheo gênant. A ce stade le toro s’éteint et le trasteo va a menos. Entière. Descabellos avec avis. Silence.

À Luque échoit un toro râblait, cornicorto qui jette les pattes dans la cape. Luque dessine quelques belles véroniques dont il a le secret, toujours sans émotion par la faute du toro. Le Puerto pousse et soulève le cheval. Quite par chicuelinas et delantal de Luque. Le bicho tarde à retourner au cheval mais quand il y va, il pousse et se défend un peu de la tête. Brindis au public. Au centre Luque recoit le galop par derechazos, trincherazo et pecho. Placé al hilo, pour lier sans appuyer sur la charge, il dessine deux séries, plus longue la seconde . La suivante est la bonne, Luque vertical, relâché, liant dans un mouchoir et chargeant la suerte. Puis à gauche deux séries presque aussi bien, légèrement a menos. L’embestida est extraordinaire. Enfin Luquesinas en se passant la muleta de main en main dans le dos, la muleta accrochée sans guider. Demie épée en bonne place. Avis. Descabello. Palmas au toro et Oreille.
Le dernier de Luque est reçu par des passes probatoires. L’animal pousse sous le fer lors des deux piques. Jose Miguel Neiro est accroché dans la quatrième paire. Le tanteo de Luque par le haut puis le bas est garboso mais sans émotion. Les derechazos en ligne, plus par la volonté du bicho, ne transmettent pas. Luque fait l’effort sans fioritures dans un style épuré. La troisième série courte est celle dans laquelle il impose son rythme au bicho avec trincherazo et pecho enchainés. Dans les naturelles le toro veut rompre, Luque le force. Retour à droite où le toro veut aller au planches. Alors Luque passe aux adornos grand public, plus spectaculaires que profonds. Le public est ravi. Pinchazo. Estoconazo d’effet rapide. Forte pétition. Oreille et Puerta Grande.

Prestation de haut niveau de Luque à son premier toro. Mais comme le reste de la Feria les résultats en oreilles sont non conformes à la tradition d’exigence de Las Ventas. Est-ce une exception où un changement d’époque ? L’avenir le dira. Une chose est claire, les toreros qui ont triomphé, même si on peut discuter de l’ampleur du triomphe, l’ont fait en toréant plutôt avec pureté, le toreo Moderne n’ayant pas encore pris possession de Las Ventas. Mais la frontière de basculement est proche. René Philippe Arneodau.

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