MADRID 05/10/2014. Urdiales rompt la malédiction et Serafin Marin représente la Catalogne.

Après 16 corridas à Las Ventas sans oreilles Urdiales a coupé la première oreille de sa carrière à un Adolfo Martin. Serafin Marin a profité de l’appui quasi unanime du public pour les corridas à Barcelone. Don Adolfo Martin a réservé pour Madrid un lot léger et de présentation agressive. Ils ont tous eu un rythme d’attaque moyen, laissant aux Matadors le temps de penser.

Avec le premier Uceda Leal exécute une superbe entame par véroniques et demie templées an allant au centre. Le bicho mansea puis pousse sous la première pique. À la seconde il va à contre coeur, les deux piques étant défectueuses. Quite de Urdiales par véroniques pieds joints toutes sauf une sur la corne gauche et demie. Leal hésite entre obliger ou soulager par le haut en début de faena. Le toro trébuche et calamochea. Les séries droitières s’en ressentent et sont imparfaites. Les naturelles sont entrecoupées, de une en une. Lors du retour à droite la faena devient anodine. L’Adolfo a baissé de ton et Uceda fait le minimum syndical. Pinchazo et entière en bonne place. Silence.

Le cuarto se lasse rapidement de la brega de Leal. Il en va de même lorsque ce dernier cherche à le mener au cheval. C’est le picador de réserve qui lui donne une ration devant le tendido 3. Le bicho d’abord aplomado sort arreando. La deuxième pique est tout aussi généreuse et protestée par le public. L’Adolfo saigne abondament. Antoñares est pris de male manière à la sortie de la troisième paire de banderilles mais se relève et poursuit. Uceda veut se doubler avec l’Adolfo ce qui est improbable et pas nécessairement recommandé. Dans les derechazos qui suivent Leal est dérouté par le bicho et renonce à toréer. Entière très en arrière et perpendiculaire. Palmas et pitos au toro. Pitos pour Leal.

Le premier de Urdiales est un Toro cornipaso avec 465 kg. Il cherche la sortie. Brega de Urdiales. Le toro est court et met le Matador sur la défensive. L’animal est piqué par picotazos tout en sautillant. Avec la muleta Urdiales fait d’abord des essais puis passe le bicho à droite avec précaution. La deuxième série est vive par les attaques de l’Adolfo, les muletazos sont bonitos mais touchés. C’est dans la série suivante qu’Urdiales trouve le rythme qui reste cependant accéléré. Puis c’est le bicho qui prend le dessus dans la série droitière suivante. A gauche trois naturelles sont un monument de La tauromachie la plus pure, avec lenteur et profondeur. Dans la série suivante, courte, Urdiales réitère un ton en dessous. Adornos par le bas et vers les planches. Longue préparation pour l’épée. Avis. Entière a ley. Une oreille. Palmas au toro.

Le second d’Urdiales et quinto de la corrida sort pensif. Il a un magnifique trapio mais se blesse seul lors de sa première attaque au burladero des toreros. Mouchoir vert. Le sobrero est un Puerto San Lorenzo de 600 kg. Il est évidemment massif. Son galop est lancinant et ses mouvements manquent de coordination. Brega d’Urdiales. Puis le bicho ne cesse de trotter par monts et pas vaux. Il prend la première pique sans forcer. Il évite tant qu’il peut d’aller à la seconde que ce soit d’un coté ou de l’autre. C’est coté toriles qu’Oscar Bernal le châtie en carrioca. En début de faena le toro essaye de s’échapper presque à chaque passe. Urdiales l’accompagne jusqu’aux tablas du soleil et toriles puis le poursuit pour matar. Estoconazo. Descabello et puntilla. Pitos al toro. Palmas et salut.

Serafin le Catalan est opposé à un superbe negro cornivuelto et cornipaso à gauche. Les opposants ne s’accouplent pas au capote. L’Adolfo a tendence à venir en marchant après l’attaque initiale. Les piques sont en bonne place et le toro s’emploi limitativement. Les essais terminés, Serafin hésite entre droite et gauche. C’est à gauche qu’il donne la première série de muletazos qui deviennent rapidement douteux et inexistants. A droite le toro qui est tardo, presque arrêté, n’offre pas plus d’options. Estoconazo fulminant. Silence.

Le dernier toro de la Feria de Otoño met Serafin en difficulté à la cape, comme si ce dernier ne savait pas s’en servir. Le bicho prend les piques avec discipline. Curro Robles montre que le toro passe bien dans sa cape. Serafin s’en est rendu compte et distille de beaux derechazos presque relâchés en deux séries. Le toro ne termine pas le troisième temps des passes. A gauche le bicho est un peu moins engageant alors le Catalan revient à droite pour de nouveaux derechazos en confiance au point de subir une voltereta dans un instant d’aguante. Il revient et torée al natural à droite. Malheureusement le bicho ne remate pas les passes. Les derniers muletazos sont donnés un par un, de face. Il termine à gauche de la même mani?re. Entière légèrement atravesada. Petiton. Oreille.

Las Ventas généreuse a récompensé ce jour les meilleurs muletazos de la Feria et a montré son appui au futur des corridas en Catalogne. René Philippe Arneodau.

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2 réponses à MADRID 05/10/2014. Urdiales rompt la malédiction et Serafin Marin représente la Catalogne.

  1. Michellodenimes dit :

    Merci rpa pour cette resena précise et experte il y manque peut être un peu de l’enthousiasme que j’ai vécu en suivant la corrida sur Twitter enthousiasme partagé même par les plus toristes de ce réseau que je vous engage humblement a fréquenter pour augmenter la diffusion de vos intéressants articles

    • Merci Michel pour votre Commentaire. Le point que vous soulevez est extrêmement important. L’enthousiasme est une caractéristique essentielle du plaisir que nous ressentons en allant aux toros. Ecrire une reseña est un exercice périlleux en ce qu’il oblige celui qui écrit à faire la part des choses entre ce qui lui plait et ce qu’il voit. Un exemple pour illustrer. Si la faena d’un torero ne me plaît pas pour des motifs techniques ou esthétiques mais que le public est enthousiaste, je ne peux me limiter, en tant que chroniqueur, à simplement écrire que la faena a été mauvaise, ou que les trophées accordés sont injustifiés. Je dois d’une part décrire techniquement ce qui est réalisé et ensuite relater que le public a été ravi de la prestation. C’est la seule façon de ne pas imposer son opinion aux lecteurs et de les laisser libre d’entamer eux-même une réflexion sur le sujet. J’ai essayé de détailler ces difficultés et responsabilités dans l’article suivant “De la difficulté d’écrire une chronique taurine en langage courant”. En ce qui concerne Urdiales je pense que mon enthousiasme est notable lorsque j’écris “A gauche trois naturelles sont un monument de La tauromachie la plus pure, avec lenteur et profondeur.” Pour ce qui est de la possibilité de suivre les commentaires Twittés en live cela poserait un problème double, d’une part de concentration pendant la prise de note qui nécessite une attention de tous les instants pour être la plus précise et efficace possible, ensuite de neutralité pour ne pas se laisser influencer par les avis des Twitteurs. Je serais cependant ravis de suivre les avis à posteriori du réseau auquel vous me conviez si vous pouvez me donner quelques précisions afin que je sache où regarder. Tous les avis et toutes les opinions sont utiles et intéressantes lorsqu’elles sont sincères. Je suis preneur. Merci et à bientôt sur Toreoyarte.

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