Madrid 06/10/2012 FANDIÑO sur le chemin de la Gloire. Une Oreille et Vuelta.

Changement de physionomie aujourd’hui dans le ruedo de Las Ventas.  La corrida de Valdefresno (Conde de la Maza le 3) a été riche en enseignements et a permis de maintenir l’intérêt de l’Aficionado de bout en bout.  Le premier enseignement est qu’un ganadero peut présenter une corrida de Madrid  pesant entre 503 et 540 kg.  Que le toro avec le plus beau trapio peut aussi être le plus léger.  Qu’un grand toro est un animal qui s’emploi du début jusqu’à la fin du combat, ce qui ne fut ni le cas hier, ni aujourd’hui.  Le lot de Valdefresno, superbement présenté, un ton  en dessous le 4 et le 6, a manqué d’homogénéité, de force et le fond suffisant pour conserver la combativité jusqu’à la fin de leur vie.  Le Conde de la Maza a eu des qualités non confirmées dans la faena mais pas seulement par sa faute.

Sergio AGUILAR touche un premier haut, fin, bien armado, qui montre dès le capoteo des signes de faiblesse et une distraction marquée.  Mal piqué en arrière et caida pour la deuxième rencontre, le Valdefresno pousse longuement à la première confrontation.   FANDIÑO donne le ton de la journée en dessinant un quite par Saltilleras en los medios sans reponer, au rythme du toro, en terminant par une revolera.   AGUILAR réponds par Tafalleras, une cordobina et la demie.  Le toro a de la chispa en Banderilles et attaque avec violence. AGUILAR brinde au public.  Début de faena dans un style pur estatuarios, naturales, trincherilla, pecho.  Le toro est violent et touche la muleta.  La deuxième série est en deux parties, la violence du toro est le signe qu’il proteste et il finit par rajarse dans cette série.  AGUILAR part en chasse du toro et lui impose des naturelles de bonne facture.  Une autre série à gauche par le bas précède une série à droite dans le terrain des toriles.  Le bicho n’accepte plus rien et sa violence rend tout effort inefficace.  Estoque trasero, desprendido et perpendiculaire.  Pitos au toro et Palmas y pitos pour AGUILAR qui salue.  Son second adversaire est sans classe dans le capote.  Mal piqué il fait chuter le cheval à la première rencontre, puis reste longuement sous le peto à la deuxième ce qui ne l’empèche pas de sortir avec “pies” en mettant les toreros en difficulté.  FANDIÑO propose un quite par chicuelinas deslucido car l’animal vient au pas, sans entrega.    La faena d’AGUILAR débute dans un grand classicisme et une grande pureté sans trouver l’écho mérité sur les tendidos.  A droite il donne de la distance et à gauche il se positionne et passe le toro avec une grande sincérité.  Il termine en toréant toujours à gauche, donnant des passes une par une, positionné dans la trajectoire de 3/4 avant d’être désarmé et de revenir à droite pour arracher des muletazos dans les cornes.  Pinchazo et Bajonazo.  Que manque t-il à AGUILAR pour briller au sommet ?  Probablement la conviction personnelle de savoir où il va.  On ne voit pas dans son toreo sa propre détermination quand à l’objectif recherché.

De la conviction et de la détermination c’est exactement ce dont regorge FANDIÑO.  Son problème à lui est autre.  A mon avis c’est celui de la précipitation qui parfois enlève de la visibilité à la profondeur de sa gestuelle qui existe pourtant.  Son premier Valdefresno, superbement présenté,  lui offre la possibilité de dessiner de belles véroniques en mettant la tête par le bas mais sans totalement s’employer.  Très mal piqué dans un jeu de fléchette à la première et peu à la seconde, le toro est passé en quite par MORA en veronicas et media de bon gout.  Jarocho et Llaverito sont supérieurs en Banderilles exposées.  Le début de faena est magnifiquement inspiré le long des tablas donnant deux passes par le haut puis se tournant vers les tablas pour donner un cambio por la espalda vers les tercios et rematando par le bas.  Le public est atone.  Suivent deux séries à gauche où FANDIÑO est centré, torée par le bas et se passe le bicho très près.  Puis il poursuit à droite sans aucune concession aux recours habituels des figuras.  Firme de verdad.  La cinquième tanda va a menos.  Alors dans la suivante FANDIÑO met sur la table ce qui manque au toro avec une détermination et un sérieux marquants.  Epée entière en entrant A Ley, résultant en arrière.  Llaverito relève le bicho.  Aviso. Descabello.  Une Oreille sans pétition majoritaire avec quelques sifflets.  Grand moment de tauromachie pour votre serviteur, critiques nuancées pour d’autres.   Son second opposant a l’apparence d’un Zébu à cause de ses armures corniarribas, playeras, et ouvertes de pointes.  FANDIÑO est meilleur que cet opposant qui vient au pas dans les véroniques de réception.  Le Toro s’emploi dans la première pique et en sort blandeando.  Protestations.  La deuxième pique est à peine portée.  Le Valdefresno ne cesse de bouger en Banderilles.  Dans les deux premières séries, sur les deux cornes, FANDIÑO est irréprochable dans le positionnement et se passe le toro très près.  Voyant que le toro vient al paso et tire des derrotes, il décide de lui donner de la distance pendant le reste de la faena en laissant la distance du cercle intérieur entre eux.  Ainsi il arrive à lier des séries par le bas en faisant ressortir le meilleur du toro, le tout sur la corne droite en quatre séries.  Une dernière montre que tout le jus a été tiré du Valdefresno qui ne veut plus le combat.  Sauf qu’ayant récupéré l’estoque, FANDIÑO nous propose des bernardinas citées de très loin, le toro réponds avec alegria et les passes sont surprenantes et de Ole.  Une autre épée dans les règles, légèrement en arrière,  qui aurait du libérer une nouvelle oreille.  Mais les choses se prolongent, descabello, avis, descabello.  Vuelta.

En ce qui concerne David MORA il est désolant de voir à quel point il a le désir de bien faire et que dans la technique d’exécution tout est à coté de la plaque.  Son premier du Conde De La Maza, avec un trapio splendide de 503 Kg, offre un capoteo par véroniques vibrantes terminé par demies et revolera.  MORA emmène le bicho au cheval par chicuelinas marchées.  Mal piqué, le Maza s’emploi sans classe.  Brindis au Chano.  Début de faena à genoux le long des tablas, avec molinete puis il se relève pour terminer cette série par le bas dans ce qui sera le meilleur de la faena.  Car la suite est marquée par l’incapacité de MORA de contrôler par le placement et le temple les charges brusques, les derrotes, et les attaques à contre temps du toro.  La muleta est touchée et MORA se cherche. Epée caida et perpendiculaire. Aplausos au toro et silence pour MORA.  Toujours avec la même décision MORA va a puerta gayola pour une larga cambiada à genoux.  L’opposant est ensuite abanto et cherche la sortie.  Le toro se défend de la tête en varas.  Il y est piqué en arrière.  Quite d’AGUILAR par delantales et demie.  La faena débutée par doblones dominateurs gagnant du terrain, voit le toro s’arrêter dès après et MORA aguanter les parons et même en jouer en prenant le public à témoin.   Pinchazo hondo Aviso et silence.

Ce contenu a été publié dans Madrid, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.