Madrid 10 Juin 2019 – 28ème de Feria –  Oreille pour Eugenio de Mora et cornada à Sebastian Ritter.

Aujourd’hui Las Ventas a connu sa plus mauvaise entrée de la Feria avec environ une demi-entrée.  Face à un lot compliqué de El Ventorillo, les trois matadors ont exhibé une attitude des plus dignes. Quant à la ganaderia de “El Ventorillo”, elle s’est sauvée grâce au cinquième, sorti en sixième position, qui a permis, non sans effort, à Eugenio de Mora de couper une oreille méritée. Nonobstant, la ganaderia poursuit sa descente aux enfers après des années au sommet, il y a une décade.

Le premier adversaire de “El Ventorillo” du vétéran Eugenio de Mora,   saute plus qu’il n'”humilie” dans la cape du matador. Mal piqué, le toro a relevé la tête sous la carioca première et “humilie” sans pousser lors de son second passage au cheval.  Quite électrique de Sebastian Ritter par gaoneras, revolera et brionesa. En début de faena, le d’El Ventorillo conserve du tranco qu’il livre avec retard puis brusquerie. À droite le matador doit faire face à des derrotes et hachazos qui le désarment.  Toréant avec une muleta de petite taille, le chef de lidia doit en plus gérer le vent. Il opte pour des toques fermes et audibles face à la violence des charges. La tête du bicho, très mobile, passe au ras du cou du torero et le désarme à nouveau.  Après une longue préparation pour la suerte suprême qui rappelle celle de Román, hier, il porte un pinchazo profond en perdant la muleta et fuite. Suit une entière caída, le toro fermant la porte au passage. Descabellos et deux avis. Silence.

La seconde partie de la corrida débute avec l’entrée en piste d’un elventorillo massif dont la charge plus longue à gauche n’inspire pas Eugenio de Mora.  Le toro doit être mis sous le peto, où il pousse avant de sortir seul de la première pique. Il gratte le sol et évite tant qu’il peut la seconde rencontre dans laquelle il donne des coups de tête.  Quite de Ritter par chicuelinas face à un toro incertain qui lui inflige une cornada dans le mollet droit lorsque, après une chute, il est repris au sol. Le trasteo droitier de Eugenio de Mora est précautionneux car la charge du bicho n’a rien de régulier, ni de qualité.  En mode bagarre, le matador lie quelques derechazos. Les naturelles ne dépassent jamais le stade de la passe isolée malgré la bonne volonté du torero. Insistant à droite, Eugenio tente de laisser la muleta toujours en avant face à un adversaire tardo et allant a menos.  ¾ de lame qui provoque une hémorragie. Silence.

Sebastian Ritter torée avec douceur la charge brusque de son premier adversaire.  La bonne volonté du Colombien se délite face à la médiocrité de comportement du bicho dans le trasteo du premier tiers.  Au cheval, ce dernier fait sonner les étriers ou évite la confrontation lors de ses deux passages. Brindis personnel. Le d’El Ventorillo attaque la muleta en exhibant un calamocheo désagréable.  Ritter l’entreprend à gauche avec difficulté. À droite l’animal a une charge douteuse que le Colombien gère avec aguante et une quiétude qui contraste avec les extraños du toro. Poursuivant à gauche, par naturelles, le torero cherche la position croisée faute de pouvoir lier.  Il finit par obtenir l’aval du public. Les dernières naturelles se terminent lorsque sonne l’avis. Demi-épée tendida et descabello. Ovation et salut à la bonne attitude du matador.

Francisco José Espada voit apparaître en piste un exemplaire aux caractéristiques  peu compatibles avec le toreo. C’est pourtant celui qui suit la cape vers le centre avec la meilleure “humiliation” des trois premiers.  Le toro pousse, tête haute, de más a menos, sous la première pique en carioca. La seconde pique, plus courte, révèle une combativité diminuée du ventorillo.  Le début de faena par le haut, puis par le bas, est marqué par l’envie de bien faire, et de s’imposer, du jeune torero. Le toro charge au pas et crée une incertitude que le matador gère avec fermeté à gauche.  A droite, après un cambio dans le dos, il lie une série de bonne facture, avant d’alterner entre les deux cornes avec dignité. Demi-lame caída. Descabellos et deux avis. Silence.

En cinquième position, Francisco José Espada torée le sixième afin que De Mora puisse avoir un repos avant de combattre le second de Ritter en sixième position.  Le toro est reçu avec entrain sur jambe pliée et avec les bras tendus. La première pique prise al relance est poussée tête à mi-hauteur dans sa première partie puis, la rencontre durant, le comportement se dégrade. La seconde  est subie. Le début de faena par estatuarios met en valeur plus la volonté du torero que les qualités du toro. À droite Fracisco José Espada baisse la main et oblige le ventorillo malgré son calamocheo et ses charges incomplètes, violentes en fin de passe.  A gauche le jeune torero poursuit avec la même volonté, mais il est mis en difficulté par les hachazos et retours intempestifs. La suite à droite est brouillonne face à une charge peu propice au bon toreo. Des mondeñinas précèdent un pinchazo en entrant droit, suivi d’un demi-épée tendida et desprendida.  Avis. Divers descabellos. Silence.

Eugenio de Mora termine la corrida en combattant le second de Sebastian Ritter. Cet exemplaire charge la cape sans plus de classe que ses frères, lançant les pattes en avant.  Le bicho prend deux piques sans classe, mais avec un certain degré de combativité. Le début de trasteo par ayudados sur jambe pliée permet l’évaluation d’une charge toujours anodine à ce stade.  Le vétéran “cite” de loin à droite pour des derechazos en ligne qui enchantent le public avide de toreo. La seconde série liée de fuera por dentro est rythmée. Dans la troisième série, courte, le matador se relâche face à une charge qui transmet.  Le meilleur passage arrive à gauche dans une série dans laquelle le toro passe près des chevilles du torero. Dominé le toro baisse de ton dans la série suivante gauchère. La série suivante à droite, sans laisser sortir le toro de la muleta, est enchaînée sous les olés.  Final par aidées sur genou plié. Entière de bonne exécution. Deux avis dûs à la résistance du bicho. Oreille. Palmas au toro.

René Philippe Arneodau

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