Madrid 13/05/2015 Talavante coupe une oreille de poids au seul Ventorillo de qualité.

imageLes Ventorillos ont exposé un manque de caste désolant. Seul le troisième a eu du moteur et le fonds suffisant pour durer avec une certaine classe. Talavante dans un moment d’excellence en a profité dans une faena allant très légèrement a menos mais marquant les rétines et les esprits par la force et la confiance de son toreo.

La corrida est inaugurée par un cornalon du Ventorillo à la morphologie basse. Il est distrait et désarme Juan José Padilla. Face au cheval le toro s’emploie sous deux cariocas. L’embestida dans les capes est prometteuse. El Cid en profite en quite par véroniques et media. C’est la transmission du toro qui fait défaut. Padilla réplique sans réussite. Les banderilles à charge du Maestro sont laborieuses dans la brega et propres dans l’exécution en deux cuarteos et un violin. Le tanteo genou plié est réalisé par le haut alors que le bicho s’immobilise peu à peu. Padilla force les derechazos alors que le toro raccourcis sa charge et plus encore à gauche ce qui explique que Padilla abrège. Metisaca en bajonazo suivi d’une entière habile. Silence.
Le second Ventorillo de Padilla est tocado de pitones. Il est reçu par deux largas cambiadas de rodillas avant des véroniques et remate à une main en recorte le tout allant a mas. Le tiers de varas est bien mené et dosé. Les banderilles à charge de Padilla vont a mas car Padilla fait face aux charges véloces du toro avec décision. Au centre à genoux Padilla est mis en difficulté. La suite à droite est méthodique et efficace. Il en va de même dans les passages à gauche. La faena va ensuite à menos suite à une baisse de régime flagrante du Ventorillo. Entière en arrière et desprendida. Silence.

El Cid a tiré au sort un premier Ventorillo castaño qui baisse la tête pour attaquer mais ne s’engage pas avec son corps. Dans le tiers de pique le toro révèle sa combativité limitée surtout dans ses sorties en fuite. Chicuelinas et demie de Talavante. Le manque de fixité se confirme pendant les banderilles. Trincheras et doblones par le bas semblent remédier quelque peu aux défauts mentionnés. Mais dès les derechazos les doutes reviennent aux deux extrémités de la muleta. El Cid écourte en trois pinchazos, avant 3/4 atravesada. Sifflets au toro. Silence.
Le quinto. Au trapio fin, hondo et haut se comporte en adversaire désintéressé dans la cape du Cid. Les varas sont prises sans pousser et en bougeant la tête. Au centre El Cid est obligé de changer de stratégie et le toro l’engage à une bagarre à droite peu propice à la communion avec le public. À gauche les choses semblent prendre un meilleurs chemin, mais que neni. La charge est une demie charge tête à mi hauteur en sortie de passe. Le toro finit par rajarse. Entière caida.

Quand débute Talavante il doit certainement douter de ce qui va sortir de toriles vu la piètre qualité des deux premiers. C’est un bicho musclé que le torero passe à la cape avec douceur, temple et profondeur en gardant les mains basses. Une sévère vuelta de campana précède deux piques mesurées sur ordre. Juan José Trujillo salut pour ses deux paires de banderilles fort ajustées au balcon. Au centre muleta dans la main de verdad Talavante aguante la charge vive et torée avec lenteur et profondeur et une sérénité imposante. En trois séries à gauche il se passe le toro au raz des chevilles sans abuser des techniques modernes ni dans les cites, ni dans le replacement. Les derechazos moins nombreux et moins réussis n’en demeurent pas moins profonds et sont enchainés systématiquement à des naturelles qui deviennent plus rugueuses mais d’un grand aguante. Entière en s’engageant résultant légèrement desprendida. Une oreille pour une prestation limpide, simple, profonde, sincère avec un cachet notable. À montrer dans les écoles taurines et aux aficionados en apprentissage.
Alors que l’ambiance est morose sort, au galop, le second toro de Talavante. Sa charge tête relevée en se collant à droite n’est propice à rien. Il est de surcroit désintéressé. Alors que ce Ventorillo demande à être piqué en avant c’est le contraire que fait le préposé en deux rencontres. Tous les défauts du toro sont exacerbés aux banderilles. Avec tranquillité Talavante exécute un tanteo lucide qui a l’avantage de démontrer que rien n’est possible. Pinchazo et entière contraire. Descabello. Silence.

Dans le marasme de la corrida du Ventorillo Alejandro Talavante a marqué les esprits par sa maturité, sa différence et la pureté de son toreo. René Philippe Arneodau.

Ce contenu a été publié dans Madrid. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.