Madrid 15 Mai 2016 les Juan-Pedro plombent le jour de San Isidro

imageLe Roi Juan Carlos et l’Infante ont honoré les arènes de Las Ventas de leur présence pour un cartel de no hay billete.. Le lot de Juan Pedro Domecq très irrégulier de présentation s’est révélé hors type pour cet encaste, sans race. Dans ces conditions les outils de Andrés Roca Rey n’ont pas servi, ceux de Posada de Maravillas ont été insuffisants et Alejandro Talavante a été calme et sur.

imagePosada de Maravillas confirme face à “Desenvuelto” n° 87 né en 12/10 pesant 590 kg. Une sortie pensive et hésitante précède des charges limpides dans des delantales et revolera poursuivant le bicho vers le centre. J-A. Orihuela est incapable de piquer correctement par deux fois. Posada passe ce bicho massif en véroniques dansées. Talavante dessine deux tafalleras et une demie en bougeant également. Cérémonie de confirmation par Talavante en présence de Roca Rey. Brindis a Luis Alvarez son apoderado. Dans les premiers muletazos à droite le Juan Pedro se montre obéissant mais proteste si on ne le guide pas. Sa tendance est à derroter et il faut le soumettre par le bas et templer. Maravavillas essaye en se replaçant entre les passes sur les deux cornes dans un ensemble parfois accroché, parfois accéléré mais jamais en dominant. Plusieurs pinchazos en évitant de s’engager, avis et 3/4 de lame. Silence.

Le second, colorado, est bas et trapu. Pour donner quelques véroniques douces et templées Talavante est obligé de poursuivre le bicho à travers le ruedo. Le Juan Pedro donne l’impression de pousser en soulevant la monture. Lors de la seconde pique il s’emploie tête à mi-hauteur. Quite par tafalleras et caleserinas de Roca Rey en toute tranquillité. Le toro est prompt et galope, mais il tire aussi des derrotes dans les capes durant la lidia. Cérémonie de restitution des trastos. Brindis au Roi. Au centre, muleta pliée, Talavante cite de la main gauche pour une tobalina serrée (cambio dans le dos). La suite à gauche est en totale décontraction le bicho passant à quelques millimètres. Il en fait de même à droite mais la charge est incomplète sans final et donc les passes manquent d’émotion. Le toreo de Talavante est pur jambe avancée bien au dessus des qualités de l’opposant. Pinchazo avant demie lame. Sifflets au toro. Silence.
À Talavante échoit un quatrième à la charge sans relief auquel il sert des véroniques lentes, esthétiques et templées sans olés. Bonne prestation de Manuel Cid en deux varas dont le bicho sort chancelant sous les protestations. Quite de Roca Rey par chicuelinas et tafalleras et demie véronique sans écho. Ayudados por alto et bajo sont enchainés avec des naturelles citées de 3/4. Les naturelles sont techniquement de grande qualité mais ne transmettent pas. Au moment où il prend la droite le bicho fléchit et Talavante prend l’épée. Trois pinchazos avant entière et descabello. Sifflets au toro. Silence.

Le troisième Domecq, le plus léger de lot, et au trapío anodin, sort au pas sous les protestations du T7. Dans la cape de Roca Rey il se retourne en appuyant vers les planches ce qui empêche le torero de briller. Le bicho s’emploie longuement sous une carioca. Il hésite à retourner pour une seconde pique dans laquelle il manque de passer sous le cheval. Talavante tente un quite par véroniques d’une grande lenteur que le toro ne supporte pas, trébuchant sous les protestations. Brindis au Roi. Les premiers muletazos par le haut ne font réagir personne. Après quelques derechazos insipides, Roca Rey baisse la main et tient son terrain pour une série qui cette fois fait réagir les tendidos. Pour maintenir l’intérêt il laisse ensuite la muleta devant le museau et tire le bichito dans un tourbillon. À gauche le toro embiste difficilement langue tirée. Le péruvien utilise alors le cambio dans le dos pour maintenir l’attention du public. L'”arimoncito” à toro arrêté et les fioritures avortées divisent les opinions. Avis. Deux pinchazos et une entière basse sont portés à la va vite. Quelques palmas.
Le cinquième est massif. Il prend la cape de Roca Rey en sautant et montre rapidement des signes de faiblesse Deux piques sont prises sous les protestations du T7 et se poursuivent lorsque le péruvien site pour des saltilleras dans lesquelles il trébuche, roule pour se sauver, avant que le toro ne tombe à son tour. Mouchoir vert.
Lorsque sort le sobrero la bronca se poursuit compte tenu de sa présentation inacceptable. Roca Rey l’attend au centre pour gaoneras, caleserina et larga afarolada à genoux qui font réagir les gradins. Un nouveau mouchoir vers est rendu inévitable suite aux fléchissements du torito.
Le sobrero suivant est de Jose Luis Marca. C’est un toro bas très armé. Il saute dans la cape de Roca Rey qu’il abandonne rapidement pour chercher une issue. La première pique ne lui plait guère et il en sort seul areando. Brindis au public. Les ayudados par le haut sont ajustés dans un silence d’église. À droite Roca Rey tire des lignes alors que le public se dissipe. Le toro ne passe plus et trébuche. Rey tente un arrimón. Pinchazo et trois-quart de lame. Sifflets au toro. Silence.

Le dernier Juan Pedro avacado, sans trapío, met bien la tête sans que Posada de Maravillas n’en profite. Il trébuche sous le fer. Mouchoir vert.
Le troisième sobrero du jour est du Conde de Mayalde. Ses charges sont vives, franches et longues. Le torero de Badajoz n’en profite pas plus que deux lances parmi une dizaine. Le toro s’endort sour le fer et trébuche en sortie d’abord, puis renverse la monture. Dans la préparation de la troisième rencontre, Posada perd de sa lucidité et se fait assister par Talavante dans la mise en suerte. Le tiers de banderilles sent la déroute. La cuadrilla est à la peine. Brindis au Roi. Au centre le jeune matador cite muleta pliée dans la main gauche sans succès. Il doit se rapprocher et passer à droite. Les charges du mayalde sont courtes et fébriles. Une série à gauche fait illusion et pourtant le torero revient à droite pour peu de résultat. Les tendidos sont dissipés et le toro arrêté. Posada insiste pour se justifier. Entière desprendida en perdant la muleta. Silence.

René Philippe Arneodau.

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