Madrid 22 Mai 2018 – 15ème de Feria – Une vuelta pour David Mora au 3ème d’une corrida monotone.

Corrida de El Ventorillo, complétée en cinquième position par un Valdefresno.  Le troisième toro et les suivants arboraient cinq ans, même si leur morphologie ne le confirmait pas toujours.  Dans l’ensemble le lot était peu homogène.   Le point commun de la corrida est d’avoir eu de la noblesse et de la mobilité de qualité moyenne, avec des têtes tirant des derrotes plus ou moins marqués sur les voyages.  La terna a peu profité des charges qui, très occasionnellement, lorsque les muletazos étaient “templés” par le bas, suivaient la muleta avec plus de docilité.  Les arènes se sont remplies aux deux tiers.

Le premier Ventorillo est fin et bien armé. Il avance croisé dans la cape de Curro Díaz qui le passe en forme de tanteo.  Au cheval, le bicho joue des cornes et relève la tête en deux rencontres marquées par sa mansedumbre.  Il développe du sentido au second tiers où il se défend par le haut.  Ceci n’empêche pas Curro Díaz de “brinder” au public.  Après un début de faena confiant par le bas, malgré le calamocheo marqué du toro, le matador est mis en difficulté à droite.  À gauche, le toro passe et les naturelles sont servies une par une.  Lorsque le torero essaye de lier, l’animal proteste.  Entière basse.  Silence.

Le quatrième toro a de la corpulence et moins de cornes.  Il charge avec réserve  dans la cape de Curro Díaz .  Il s’emploie lors de deux piques traseras et avec carioca.  À plusieurs reprises le Ventorillo se montre probón, chargeant les capes la tête relevée jusqu’au passage de celle-ci.  Excellente seconde paire d’Óscar Castellanos.  Avec la muleta la charge décomposée du Ventorillo a besoin d’être canalisée ce que le matador tente de faire avec plus ou moins de réussite à droite.  Les trajectoires à gauche semblent plus claires mais le torero ne se confie qu’avec mesure.  C’est à droite qu’il lie plusieurs séries qui vont a menos, en toquant sur la corne contraire et en tenant son terrain.  Peu à peu le bicho fait payer sa marginalité à Curro Díaz qui est mis en difficulté.  Entière habile desprendida.  Applaudissements  au toro.  Silence.  

“Morenito de Aranda” affronte un premier adversaire auquel il dessine des véroniques templées et rythmées en avançant, terminées par la demie.  Le toro pousse sous la première pique puis retourne avec entrain mais avec moins de force.  Mini-quite de David Mora.  Andrés Revuelta et Pascual Mellinas saluent pour leur prestation relevée aux banderilles.  Brindis au public.  L’animal répond au toreo por bajo de début de faena avec engagement, profondeur et humiliation.  Un léger calamocheo dans les derechazos est non maitrisé par Morenito dont le trasteo est haché en plusieurs séries.  Avec la gauche, la muleta est accrochée.  Il convient de noter que la charge s’est peu à peu  raccourcie comme on le note en fin de faena à droite.  Pinchazo et demi-lame.  Silence.

Le Valdefresno qui sort en piste en cinquième position est bas, montado, acapachado de cornes.  Il doute et cherche une sortie de la piste.  Morenito dessine des véroniques dont les dernières sont dessinées  pieds joints après avoir poursuivi le toro vers sa querencia.  Mal piqué le Valdefresno ne se fait pas prier pour quiter le peto lors de la première rencontre.  Puis il s’emploie sous la seconde.  David Mora exécute un quite par chicuelinas en passant les mains et une tafallera en guise de remate tronqué.  Morenito y répond par véroniques et demie de belle expression esthétique.  Brindis personnel.  Le torero se confie rapidement à droite face à une charge vive.  Les muletazos sont plus artistiques que dominateurs.  La muleta est beaucoup accrochée.  À gauche, le passage est brouillon comme le sera la suite sur la corne opposée.  Pinchazo et demi-épée desprendida.  Descabellos et avis.  Silence.

David Mora est averti deux fois à gauche par son premier opposant à la cape.  Malgré ses 5 ans révolus le bicho manque de remate.  Vu de face, il fait anovillado. Il bouge la tête continuellement dans les engaños, comme sous le peto où il reçoit deux puyas .  David Mora l’entreprend le long des tablas alternant des muletazos a gusto et d’autres gênés par le calamocheo.  Il lie deux séries à droite entremêlées d’effort, de doute et de  toreo al hilo.  Sur la corne gauche, il est averti sur la première passe, puis il se croise entre les muletazos pour dessiner quelques naturelles sans les lier.  La faena se poursuit sur les deux cornes avec une charge qui s’est ramollie et un torero qui fait le job en particulier avec des estatuarios serrés et un pase del desprecio qui sont le meilleur de son trasteo. Entière caída et pétition non majoritaire d’oreille.  Vuelta avec division d’opinions.  

Le dernier Ventorillo est le plus armé de la corrida avec une morphologie déséquilibrée en ce que le train arrière est sous développé  Il permet à David Mora de réaliser des véroniques et demie de bonne facture. Piqué en arrière le toro affiche une certaine indolence.  Angel Otero aura lidié les deux toros de son maestro, sans poser de banderilles aujourd’hui, à cause d’une blessure musculaire de José Antonio Carretero lors du second tiers au troisième toro.  Óscar Castellanos (cuadrilla de Curro Diaz) le remplace avec efficacité pour la pose des palitroques en cette occasion.  David Mora semble être désireux de profiter des charges nobles de son adversaire.  Il a cependant du mal à canaliser une charge molle avec calamocheo et fléchissements.  Les choses ne sont pas mieux sur la corne gauche.  La transmission est à son niveau zéro.  Deux pinchazos  et entière.  Silence.  

René Philippe Arneodau.

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