MADRID – 28 Septembre 2018 – Pablo Aguado confirme et coupe une oreille.

Le public ovationne Alejandro Talavante qui salut, en reconnaissance de sa participation au tirage au sort de la feria d’automne . Les toros de Victoriano del Río et de Cortés ont déçu par le manque de force, de présentation et de caste. Alejandro Talavante a touché le toro avec le plus de mobilité et a perdu une oreille à l’épée. Pablo Aguado, quant à lui, a coupé une oreille in extremis pour une prestation faite de volonté et d’engagement. “Fortes” mal servi au sorteo n’a pas démérité mais sans concrétiser. Une grande estocade à son sobrero second a fait frémir le public suite aux multiples accrochages qui l’on accompagné.

Le premier exemplaire de Toros de Cortés, celui de l’alternative, est harmonieux et sans trapío. Pablo Aguado passe le toro en véroniques, compas ouvert, puis pieds joints profitant de la charge sincère et vive. Au cheval, le bicho s’emploie avec les forces limitées qui sont les siennes. Le quite du confirmant par chicuelinas et larga est tout en douceur et rythme. Dans la seconde pique, mal exécutée, le toro se décompose et charge les gaoneras de Talavante tête à mi hauteur et avec à-coups à l’embroque. Pablo Aguado répond avec une série de delantales et demi-véronique fêtée par le public.

                             

Pablo Aguado confirme l’alternative des mains d’Alejandro Talavante en présence de Fortes devant “Bolero” de Toros de Cortés, né le 01/14 portant le n° 156 et pesant 523kg. Brindis au ciel (à son père récemment décédé). Le début de faena est laborieux avec une charge saccadée et des derrotes défensifs. Le toro proteste et tarde à s’élancer. Il a du mal à compléter les charges et le confirmant à trouver les solutions pour rentabiliser les embestidas. Il laisse la sensation qu’il y avait mieux à faire. Entière très en arrière. Silence.

Le second opposant est un Victoriano del Río qu’Alejandro Talavante passe avec aisance en véroniques. Le toro pousse sans faire bouger le cheval. Il sort titubant de la rencontre. Le public proteste et Fortes réalise un quite brusque par chicuelinas et demi-véronique. La seconde pique est un simulacre. Au second tiers le toro proteste et garde la tête relevée. Après la cérémonie de restitution des trastos, Talavante va au centre, muleta pliée dans la main gauche pour un cartucho de pescado et une série gauchère, ferme et dominatrice au rythme de la charge. Cette charge n’est pas limpide mais le matador trouve le placement qui provoque la répétition. Les enchaînements sur les deux cornes se réalisent dans une division d’opinions inexplicable tant les séries sont profondes et calibrées aux circonstances. Le toro charge tête à mi-hauteur et le matador le torée comme s’il humiliait. La faena essentiellement gauchère va a más et culmine dans les terrains rapprochés. Pinchazo et entière caída. Le toro tombe lorsque sonne l’avis. Ovation et salut.

Le second adversaire de Talavante, Toros de Cortes, est protesté pour son trapío anodin et ses défenses limitées. Il charge en s’ouvrant vers l’extérieur ou en protestant. Il pousse sous le fer en gardant la tête haute et est ensuite épargné car il montre des signes de faiblesse. La bronca accompagne le second tiers. Talavante va rapidement au centre. L’animal titube et fléchit, incapable de charger pleinement. La bronca accompagne les tentatives sur les deux cornes sans possibilité de triomphe. Deux pinchazos précautionneux avant entière contraire et atravesada à bout de bras. Sifflets au toro et au matador.

Le premier victoriano de Saúl Jiménez “Fortes”, corniabierto, manquant de remate, donne des coups dans la cape du matador ou bien s’en désintéresse. Le tiers de piques se déroule dans le désordre, le bicho ne montrant que peu de verve au combat. Au second tiers, l’animal se montre calculateur et relève la tête. Brindis TV (à Paco Ureña…). Le bicho ignore les ayudados pour aller vers le toril. C’est donc au centre que Fortes dessine des séries droitières main basse, méritoires, face à une charge devenue vive et entière. Lorsqu’il passe à gauche le toro baisse à nouveau en intensité et le torero perd l’intensité des premiers muletazos. De retour à droite, les derechazos perdent en lié mais pas en sincérité. Malgré l’application de Fortes sur les deux cornes, le trasteo manque de relief et de sens. Entière basse et verticale. Ricardo Izquierdo, le troisième de la cuadrilla, souffre une voltereta. Avis et descabello au centre. Silence.

Le cinquième est le premier de la course avec le trapío des lieux. Abanto et, peu enclin au combat, il est changé lorsque apparaissent des signes de faiblesse. Le sobrero, un Conde de Mayalde, est un toro rablé aux cornes ouvertes. Son manque de force lui interdit tout engagement dans la cape de Fortes. Piqué en arrière, il s’endort sous le peto. La seconde pique est rapidement relevée. Pablo Aguado exécute un quite par delentales et demi-véronique  d’infirmier. Au second tiers, le toro proteste par le haut et gratte le sol. Il suit les doblones de son matador en ouverture de faena. Les trébuchements qui suivent à droite empêchent toute entreprise sérieuse. Quelques passages à gauche, sans continuité, permettent au matador de se justifier. Deux pinchazos précèdent une entière dramatique où le matador est accroché puis soulevé à plusieurs reprises du sol. Il se relève et, après un momento, passe à l’infirmerie où on lui détecte une fracture au péroné. Talavante ponctue avec deux descabellos. Silence.

La corrida se termine avec Pablo Aguado face à un victoriano-del-río qui est physiquement un toro de Madrid. Le confirmé le passe avec efficacité et entrega dans des véroniques compas ouvert et demi-véronique. La première pique est prise en querencia de toriles sans grande vivacité. La seconde est encore moins combative en terrains habituels. Comme ses frères, ce toro termine le tiers de de banderilles avisé et en se défendant par le haut. Aguado compose la figure face aux derrotes et au manque de caste. Le matador fait l’effort et obtient avec persévérance un bon passage à gauche en échange d’un positionnement al hilo. La faena sur les deux cornes vaut plus pour l’effort que pour le résultat artistique. Le final a más connecte avec les tendidos. Des derechazos de face pieds joints précèdent trois-quarts de lame trasera. Le public demande et obtient l’oreille pour l’effort.

René Philippe Arneodau.

Photos de Javier Arroyo pour aplausos.es

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