Madrid 30/05/2012 Un manso de Carriquiri déguisé en brave et L’inspiration Nîmoise d’un valiente Javier CASTAÑO.

Pour les Aficionados, l’élevage de Carriquiri est vecteur de bons souvenirs.  Le lot d’aujourd’hui fut une grande déception.  Une mansada, lourde, avec des défauts à revendre.  Du cartel de Matadores seul Javier CASTAÑO a pu et su montrer ce qu’il est capable de faire.  Nous passerons rapidement sur les cinq premiers animaux pour traiter plus longuement du mirage collectif résultant du sixième combat.

FRASCUELO est un de mes toreros préférés.  La première fois que je l’ai vu toréer c’est à FREJUS au milieu des années 70.  Je suis toujours positivement prédisposé pour le voir.  Mais la vérité est que les années passant il est très improbable que nous ayons de nouveau l’opportunité de voir le meilleur de lui.  Certes il n’a pas touche un bon lot aujourd’hui.  Son premier est arrêté  avec parfois des charges longues et parfois courte.  Son second est incertain et tardo.  Dans les deux cas on voit bien que FRASCUELO ne dispose plus des facultés physiques qui lui permettraient de prendre des risques.  Il est desconfiado.  Il tue ses deux adversaires par deux demi épées habilement portées et écoute deux silences.

Ignacio GARIBAY est un torero Maxicain Valiente.  Lui a touché le lot le mieux présenté, en particulier le  5  qui est une estampe de toro pesant 624 KG.  Son premier est un toro d’une grande faiblesse  aussi parceque GARIBAY l’a laissé piquer fortement.  Le bicho avance au pas, tombe au sol.  Impossible.  Son second par contre me laissera des doutes.  Comme ses frères il est manso, abanto.  C’est Fernado Galindo qui le pare et qui conduit bien une grande partie de la brega.  GARIBAY l’entreprend dans los medios.  Les premières embestidas sont de qualité.  On sent que la faena est possible.  On voit GARIBAY chercher les distance sans jamais trouver celle qui ferait démarrer les séries liées.  Il perd des pasos entre les passes.  Le toro est tardo.  Fallait il rester en sitio à la sortie des passes pour lier?  Nous ne le saurons pas.  Pas très efficace à l’épée Garibay receuille deux silences.

Javier CASTAÑO nous a montré à son premier une attitude sérieuse et volontaire pour ne receuillir qu’une ovation du fait d’un adversaire qui tire des derrotes, touche la muleta, et reste court.  A son second vient la surprise du jour, le mirage collectif.  Le dernier, le plus lourd du lot se présente en piste avec les mêmes défauts que ses frères.  Il est abanto, il ne permet pas de toréo de capote bien qu’on distingue certaines embestidas de qualité, il veut se faire piquer en terrain de toriles à la première rencontre et il mène la vie dure pour remonter les terrains jusqu’à la contre querencia.  Puis soudain, CASTAÑO, probablement inspiré par son succès de NIMES, décide de changer le scénario et place à bonne distance le bicho du cheval en contre quérencia.  Là on se dit que le manso va rester paralysé ou fuir.  Que nenni !  Le picador Tito Sandoval, déjà remarqué par ces contrées, cite avec toreria et le toro attaque.  Deux fois encore cette scène sera répétée, le bicho placé de plus en plus loin, jusqu’au centre et les trois fois le bicho est accouru au cheval.  Notons qu’il le fait en gardant la tête haute essayant de s’enlever le fer, les cornes au niveau du coup du cheval.  Sandoval salue comme David Adalid en banderilles.  Puis montera vissée sur la tête CASTAÑO sculpte une faena de valor et aguante, en restant dans le terrain du toro sans perdre de pas entre les passes pour profiter du peu de qualités du bicho qui cependant est noble.  La faena se termine en forme d’arrimon.  Al encuentro le Maestro porte un pinchazo profond et tendido puis termine par un descabello.  Il donnera une vuelta alors que le Carriquiri receuille división d’opinion.  Les discussions iront bon train pour savoir si ce Toro était ou non Bravo.  Même si les charges de loin au cheval laissent songeur trop d’autres signes tendent à démontrer que de bravoure pure il ne s’agissait pas.  Mais ce qui est certain c’est que CASTAÑO a su mettre une ambiance de feux dans les tendidos autour d’un tiers de varas apprécié par tous.  Quelle communion dans les tendidos !  Voilà qui prouve que l’aficion a soif de voir les toros en action, mis en valeur et que cette demande est tout à fait réaliste.  Il suffit qu’un Maestro comme CASTAÑO et sa cuadrilla,  veuillent bien faire l’effort.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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