Madrid 31 Mai 2016 Fracaso Ganadero de Moreno Silva.

Saltillo Moreno Silva332Aujourd’hui ont été lidiés six toros parfaitement dans le type de l’encaste Saltillo, fins, légers par rapport à leur carrure, les trois premiers des novillos en apparence qui dans n’importe quelle autre occasion auraient été conspués et même rejetés par les vétérinaires. Il faudrait expliquer pourquoi le lot de Margé a été renvoyé au campo et celui-ci est passé au reconocimiento.. En tout état de cause le Tendido 7 a perdu aujourd’hui toute crédibilité avec son silence complice. De surcroît il ne sert à rien de vouloir des toros légers dans le type de leur encaste si derrière la race est absente. La corrida de Moreno Silva valait pour l’abattoir et mêmes les bouchers n’en auront pas tiré grand chose. Le ganadero doit se remettre en question.  Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour notre matador Camille Juan qui a du s'”envoyer” une novillada de Moreno Silva pour sa présentation madrilène et qui, ayant terminé à l’hopital,  n’a jamais été répété à Las Ventas.

Le premier Moreno Silva est fin, sans trapio. Il visite sans fixité le capote de Javier Sánchez Vara. Au cheval, il porte la tête haute pendant qu’Isidoro Rubio lui porte une puya bien basse. Le manque de bravoure du bicho le fait fuir à plusieurs reprises avant la seconde pique prise en passant. Sánchez Vara entreprend le Saltillo par tanteo puis derechazos lointains. La charge est deslucida, sans agressivité, tête haute et distraite en sortie de passe. Le passage à gauche, puis le final droitier, sont pires. Une entière multi défectueuse envoie le Moreno Silva là où il aurait d aller directement, à la boucherie.
Le cuarto a le trapio de toros qui ont été conspués durant la féria. Il met Vara et sa cuadrilla en déroute avant de prendre une pique de manso au cheval de réserve. On déplace la cavalerie devant le tendido 6 et Vara essaye de le conduire comme on le fait pour un toro de Camargue. Cet alimaña fait mine de charger les chevaux pour en faire le tour ou pour se battre en faisant le faux. Mouchoir touge et banderilles noires! Le tiers de banderilles est une épreuve pour toute la cuadrilla et Vara. C’est Raúl Ramirez le tercero qui se colle avec efficacité à l’épreuve. Le Moreno Silva ignore la muleta et bouge sans objectif. Épée habile au pas de banderille. Sifflets au toro. Palmas pour Sánchez Vara.

Alberto Aguilar touche un “novillo” fougueux et distrait à la cape, manso au cheval pendant que le picador Francisco Javier Sanchez joue aux fléchettes sous la bronca. Brindis au public. Aguilar sur jambe pliée passe l’animal en va et vient, muleta à mi- hauteur. Un premier passage à gauche montre la vivacité du torito dont l’embestida est peu profonde. À droite Aguilar se fait d’abord déborder avant de toréer à base de toques marqués et passes en ligne. Lorsqu’il revient à gauche le bicho est tardo et les passes sont forcées et accélérées. Plusieurs pinchazos avant entière avec deux avis.
Le quinto fait une sortie de malo, figé au centre pour montrer son trapío long, fin et haut, quelque peu avacado. César del Puerto est envoyé au casse pipe et recueille les premiers olés du jour en forçant le toro par le bas et sur les jambes. Aguilar fait moins bien pour mener au cheval. Le moreno-silva combat sans classe sous une bonne pique de Juan Carlos Sánchez. Le tiers continue avec le picador s’avançant au delà des lignes pour piquer encore deux fois. Aguilar ayant vu qu’à gauche le bicho charge vers l’intérieur, s’arrime à droite par derechazos en plusieurs séries courtes face à une charge incomplète, freinée en sortie. Pinchazo et trois quart de lame habile. Descabello. Quelques sifflets au toro. Palmas et salut pour Aguilar.

imageJosé Carlos Venegas est opposé en premier à un novillote inconséquent qui le met en difficulté par des réactions imprévues. Le novillo andarín fait le tour du ruedo en prenant au passage et sans bravoure plusieurs picotazos. L’ambiance est à la capea de pueblo au fur et à mesure que l’animal montre toute sa mansedumbre. À ce stade, le torito attaque par arreones et met en difficulté la cuadrilla. Dans le chaos David Adalid pose deux paires pour lesquelles il doit saluer sous l’ovation. Le début de faena est tragique, le torito ignorant la imagemuleta et chargeant l’homme à droite. Il cherche les tablas alors que Venegas essaye de le mener au centre. Ce dernier donne quelques naturelles isolées en se relâchant sur le passage. Dans ces muletazos l’embestida est sans classe, distraite et sans jamais terminer la charge. Le torero tente de conclure par toreo de castigo tardif et inefficace. Pinchazo profond. Déroute de la cuadrilla pour retirer l’espada. Nouvelle tentative à l’épée avec pinchazo, lame tendida, descabello et trois avis. Palmas d’encouragement pour le torero.
Le dernier Saltillo est haut fin et cornicorto. Il passe dans la cape précautionneuse de Venegas. Comme ses frères il se comporte en manso au cheval tout en renversant en un coup de tête la cavalerie. Une deuxième rencontre confirme la mansedumbre. Adalid banderille à nouveau et recueille encore une ovation pour une prestation déterminée et réussie vu les circonstances. Venegas, quant à lui bataille avec les charges brusques et les derrotes du Saltillo. Il torée sur les deux cornes, faisant particulièrement l’effort à gauche où il est finalement désarmé sur un achuchón. Deux pinchazos et entière tendida et desprendida.

René Philippe Arneodau.

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1 réponse à Madrid 31 Mai 2016 Fracaso Ganadero de Moreno Silva.

  1. BRUNON dit :

    Non pas fracaso,mais corrida à l’ancienne.Que l’on ne verra pas tous les jours certes,
    mais qui change d’une centaine de passes qui ne veulent rien dire.
    Cordialement.

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