MADRID 31/05/2012 Escolar GIL l’antithèse du medio toro et ROBLEÑO le prototype du torero valeureux

Juger la corrida d’aujourd’hui comme on le ferait une des habituelles des figuras serait un non sens et une erreur.  Les Escolar GIL d’aujourd’hui étaient exigeants et ont entretenu une ambiance intense toute l’après midi.  Sérieuse dans le type de la maison, sans excès de poids mais avec du bois, la corrida a imposé le respect.  Des trois toreros il convient de faire une mention spéciale à Fernando ROBLEÑO qui a clairement montré sa volonté de surpasser les épreuves même si au bout du compte le résultat n’est pas celui qu’il aurait souhaité.  Par contre pas de miracle en ce qui concerne les leçons prescrites par CASTAÑO.  Tout semble indiquer que les toreros et leur entourage ne se sont pas avisés du fait que même si un toro ne permet pas une faena on peut le lidier et le mettre en valeur au cheval et, si les évènements se passent bien, recueillir des lauriers.  De ce point de vue ce fut “Mas de lo mismo”.  Si même les prétendants au trône ne s’emploient pas, alors on est foutus et les figuras peuvent dormir tranquilles.

Un ami avisé me disait quelques minutes avant le paseo qu’il n’appréciait pas du tout le toreo de Domingo Lopez CHAVEZ.  Au vu de la corrida il m’est impossible de le contredire.   Son premier va bien dans les premiers capotazos et fini en raccourcissant sa charge.  Le toro s’emploi à la première rencontre avec la cavalerie mais est mal piqué, les deux fois,  en carrioca et fortement la première.  La brega est mal menée et CHAVEZ parait  déconcerté pour le moins.  On ramène le bicho aux planches pour que CHAVEZ le ramène exactement là où il était en quelques muletazos sans fond.  Le bicho a le défaut d’être andarin, c’est-à-dire de venir au pas, ce qui est déconcertant pour les toreros.  CHAVEZ n’a aucune solution à proposer.  ½ golletazo et descabello.  Silence.  Son second est sérieux, veleto, cornalon, cornivuelto.  Il va très bien dans le capote en allant loin et laissant le temps au torero de reponer.  La première pique est portée al relance, en arrière.  Le toro pousse sous une carrioca.  La seconde rencontre est tout aussi mal préparée et portée.  ROBLEÑO qui a vu le toro effectue un quite par delantales se laissant toucher le capote.  Manolo Linejo effectue une bonne brega et Jesus Talavan salut en banderilles.  CHAVEZ brinde au public.  Chavez entreprend le bon Escolar par des passes genoux fléchis par le haut qui montrent les qualités du toro.  Puis on le voit douter et essayer de toréer en restant fuera de cacho.  Que Neni !  Avec ce type de bicho c’est une erreur, comme faire le pont.  Il en résulte des coladas qui ne font qu’accentuer les doutes du torero.  La faena est longue avec beaucoup de tentatives dont une donnera un semblant de lié à gauche parcequ’enfin CHAVEZ se croise à la sortie de chaque passe.  Entière caida.  Palmas au toro et quelques sifflets pour CHAVEZ.

ROBLEÑO est bien avec son premier au capote en avançant vers le centre sans brusquer son adversaire.  Au cheval l’ESCOLAR est peu piqué, les cordes ne sont pas mises à la deuxième rencontre.  Le bicho est cru et gardera la bouche fermée jusqu’à la fin.  La faena débute avec le toro prenant le dessus sur le torero sur les deux cornes.  Une bourrasque de vent oblige ROBLEÑO à changer de terrain et à aller en SOL.  Il n’abandonne pas et fini la faena en séries bagarrées où c’est lui qui prends le dessus.  Aviso.  Entière desprendida portée en se jetant en terrain de toriles. Saludos al tercio.    Son second se colle au capote.  Il va trois fois au cheval en s’employant et en étant piqué fortement.  Le Maestro et la cuadrilla sont en difficulté.  Beaucoup de capotazos sont donnés.  Il y a des moments de panique en banderilles.  L’animal n’est pas propice au lucimiento et ROBLEÑO abrège par macheteo sans qu’on puisse le lui reprocher.  ¾ d’épée habile. Et deux descabellos.  Quelques sifflets au toro et quelques applaudissements à ROBLEÑO.

Lazaro CARMONA a été confronté à un premier qui lance les pattes dans le capote et mansea au cheval sans s’employer.  A ce bicho qui se freine et tire des derrotes le torero arrive dans une série droitière à lier des derechazos en restant dans le sitio.  La tentative à gauche est avortée.  Plusieurs pinchazos précèdent une épée en avant et tombée.  Silencio pour cette faena brindée au ciel.  La corrida se termine avec un ESCOLAR alto de agujas, largo, qui effectue des sauts en entrant au capote et désarme le torero.  Le toro combat peu au cheval.  CARMONA se sent l’âme vaillante et brinde au public.  Les premiers muletazos retranscrivent confiance et volonté avec un certain succès dans deux séries droitières sans reponer.  Puis le bicho prends le dessus en avançant tête haute sans humilier.  Peu d’options pour le torero.  ½ épée en avant, deux descabellos et silence.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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