Madrid 8 juin 2018 – 32ème de Feria – Pepe Moral coupe une oreille d’un grand toro de Adolfo Martín – Blessure grave de «El Cid» au 2ème – Alternative d’Ángel Sánchez

La corrida de Adolfo Martín fut le cadre de plusieurs évènements comme l’annonce le titre de la reseña. Tout d’abord l’alternative du jeune Ángel Sánchez, de Madrid, représentait un défi en affrontant les albaserradas d’Adolfo Martín, geste qui venait sans doute prématurément étant donné le peu de bagage accumulé lors de ses années de novillero (20 novilladas en 2017). Il avait été lancé après sa prestation en début de saison, l’an dernier, dans ces mêmes arènes. Ensuite la blessure de Manuel Jesús « El Cid » survenue à son premier toro convertissait cette corrida en un mano a mano d’Ángel Sánchez et enfin de Pepe Moral qui, lui, était crédité d’un bon succès avec un excellent 5ème auquel il aurait pu couper les deux oreilles sans une défaillance à l’épée.

Les toros d’Adolfo Martín montraient toutes les facettes de cet encaste et de cet élevage en particulier. Le premier «Mentiroso», celui de l’alternative était un cinqueño, léger de poids – 485 kg – mais de belles hechuras, cornivuelto et qui se déplaçait sans trop de vitesse, parfois même andarín. A la pique il ne s’ «employait» pas beaucoup. Le deuxième cueillait  Manuel Jesús «El Cid» dès les premiers muletazos et s’avérait âpre et jouant de la corne dans la muleta de Pepe Moral qui n’insistait pas pour le toréer. Le troisième, suelto durant les trois tiers, il fut le moins, avec le précédent, le moins propice à quelque faena, sans  véritable intention de combattre. Le quatrième était le seul qui prenait correctement le capote mais avec des velléités de fuite pour terminer la tête à mi-hauteur dans la muleta. Le sixième, un autre cinqueño, humillador, fut le seul à montrer quelque faiblesse, notamment du train arrière – possible lésion ? – et ne permettait pas de faena continue. Donc, une variété de caractères qui, dans l’ensemble, aura satisfait les aficionados assez critiques pour les précédentes prestations des adolfos moins encastés que ceux d’aujoud’hui.

Le cinquième – de nom «Chaparrito» nº 1 – 549 kg – 01/13 – que touchait Pepe Moral entrait tête basse dans la cape mais la délaissait aussitôt. Les deux piques, lancées à bonne distance pour un franc démarrage, étaient l’une ratée par le picador, rectifiée et écourtée, l’autre mieux prise, la tête dans le peto en s’ «employant». Juan Sierra échappait de justesse à l’accident au sortir de sa deuxième paire de banderilles, le toro lui ayant coupé la course, tête basse. Les doblones longs du début de faena, gagnant du terrain vers le centre du ruedo, confirmaient la qualité de charge du toro, la tête basse, museau dans le sable et course continue. Les séries de muleta des deux mains, passes longues et «templées» se succédaient avec de belles naturelles plus courtes sur la fin de faena mais bien terminées en arrière de la hanche, Pepe Moral toréait relâché, parfaitement maître de ses gestes et des temps. Sur la fin, de nouveaux doblones et une naturelle basse en remate laissaient le toro cadré pour la mise à mort. Un pinchazo et une estocade légèrement tombée réduisaient à une seule oreille le prix de cette faena qui en aurait mérité deux.

Ángel Sánchez allait donc, pour son alternative, combattre trois toros, différents et point collaborateurs. Son premier, sans doute le plus propice à un meilleur résultat, était tardo mais une fois lancé il avançait dans la muleta sans difficulté apparente. Les séries à peu près liées ne parvenaient pas à exploiter totalement la qualité de ce toro. On notait une bonne série de naturelles.

                

A la décharge du jeune matador, pour son toro d’alternative et les conditions atmosphériques – il commençait à pleuvoir… – il n’était point facile de tout gérer à la fois. Une demi-estocade et sonnait un avis. Le 4ème était le plus compliqué, sans «humilier» il se retournait rapidement et Ángel Sánchez devait «rompre» bien des fois. Un pinchazo hondo était suffisant mais toujours la tête haute de l’animal rendait difficile l’exécution du/des descabello(s), en réalité une demi-douzaine. Le 6ème, cornes large ouvertes, prenait les piques, courtes, une corne dans le peto sans vraiment pousser. A la muleta, il chargeait avec brusquerie dans les premiers derechazos. Il commençait à donner des signes de faiblesse et Ángel Sánchez semblait décontenancé, il changeait la muleta d’une main à l’autre, il ne savait pas quoi faire. Sans force, le toro continuait à avancer dans la muleta. On devinait même le sens du «temple» inné de ce torero, dans une naturelle,mais cela ne suffisait pas. Un pinchazo hondo concluait cette courte faena le toricantano recevait des applaudissements de sympathie.

Manuel Jesús « El Cid » : blessé gravement à son premier, 20 cm jambe droite. Pepe Moral : siñlence ; silence ; oreille. Ángel Sánchez : un avis et saluts ; silence ; silence. 20.431 spectateurs.

Georges Marcillac

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