Mexico 05 Février 2017 – Les figuras Morante et El Juli triomphent dans la confirmation d’alternative de Luis David Adame

Encore une belle entrée de 20 à 25.000 personnes en ce 100 ième anniversaire de la República, pour un cartel de figuras et une opportunité pour une promesse mexicaine de la tauromachie. Le lot de Teófilo Gómez n’a malheureusement pas donné l’émotion espérée mais les deux figuras ont su profiter du peu de bon pour enthousiasmer le public de la Mexico et triompher. Luis David Adame est quant à lui passé sur la pointe des pieds sans profiter de l’occasion qui lui était offerte.

Le premier exemplaire de Teófilo Gomez est juste de trapío malgré une armure développée. L.D. Adame le passe sans mal à la cape en véroniques, demie et revolera. La charge est rythmée et faible ce qui explique l’unique puyazo sans forcer. Quite par zapopinas et larga du toricantano..Luis David Adame reçoit la confirmation des mains de Morante de la Puebla en présence de El Juli. Brindis à Joselito Adame. Le bicho révèle une faiblesse patente dans les pendulos et pase del desprecio au centre. L.D. Adame relève la main dans les premiers derechazos pour maintenir le toro debout. Les séries sont suaves mais de peu d’intensité. A gauche, il baisse la main et les muletazos sont plus profonds. Adame poursuit à droite sans intensité malgré une bousculade dont lui revient la faute. Les bernardinas finales proposent l’animation qui manquait. Pinchazo profond desprendido et descabello. Applaudissements au toro et salut au tiers.

Le très asaltillado second fléchit des pattes dès les premiers échanges avec Morante. Il est égratigné à la pique. Cérémonie de retour des trastos. Morante fait son possible pour maintenir le teófilo debout. L’émotion est totalement absente et le public s’impatiente. Pinchazo et trois-quarts de lame en arrière et de coté. Sifflets au toro et silence.
Le second de Morante est un boeuf lourdaud qui fléchit dans les véroniques appliquées du maestro. Une pique suffit au Sévillan avant de dessiner des chicuelinas sans transmission par faute de la sosería du bicho. Les gestes de Morante sont minimalistes et expressifs en début de faena. Ayant pris la mesure, il impose sa profondeur et son art bien au delà de la qualité du toro. Pour les naturelles il change de terrain en revenant au tiers où le bicho ne répond plus avec la même qualité. Il retourne au delà des cercles mais l’intensité du début de faena ne sera plus retrouvée. Final en naturelles de face et trois-quarts. Entière caída en décomposant les temps. Deux oreilles exagérées avec division sur les tendidos. Palmas au toro.

La charge molle du troisième toro est reçue par El Juli avec douceur et immobilité. Après la mini-pique EL Juli dessine un quite par chicuelinas et demie apprécié du public. Christian Sanchez salut aux banderilles. Brindis privé du Juli. El Juli baisse la main malgré la faiblesse de l’opposant et tire des muletazos longs, sur les deux cornes, dont certains déclenchent des olés . Le trasteo se prolonge dans les cornes où le maestro arrive à provoquer des charges inespérées meilleures que celles de début de faena, avec un dominio total, ayant enseigné au toro à charger et répéter avec alegría. Pinchazo avant bajonazo provoqué par un extraño du toro. Grande ovation et salut.
Le cinquième permet à El Juli de réaliser quelques caresses non significatives à la cape. Après un picotazo El Juli exécute un quite par cordobinas et demie véronique, puis par lopecinas et nouvelle demie véronique. Brindis au public. Au centre et sans bouger le maestro passe le teófilo par derrière et devant. L’animal prend le leurre avec une tendance toujours vers l’extérieur. Les derechazos au raz du sol emportent l’assentiment du peuple. Les naturelles lentes et profondes sont entrecoupées d’hésitations du bicho. El Juli fait ce qu’il veut du toro le faisant tourner autour de son corps immobile. Le public demande un indulto et Juli “pinche” avant une estocade entière en “julipié” d’effet immédiat. Le délire est total. Deux oreilles. Vuelta inconséquente au toro avec division.

Lorsque sort le sixième toro la pression est sur Luis David Adame. Il reçoit l’asaltillado et altón (haut sur pattes) d’abord à genoux, le long des planches, puis au centre où le toro faiblit et commence à se défendre par coups de tête. Épargné au cheval, le toro répond au quite d’Adame par saltilleras et gaoneras. Brindis au public. Début de faena au tiers par le haut, pieds joints avec remate par le bas. Le toro répond aux sollicitations à droite par fléchissements et calamocheo. A gauche Luis David tire des lignes, le toro fléchit à nouveau. Le trapío du bicho s’est dégonflé et le torero n’arrive pas à allumer la mèche. L’ambiance est terne. Adame insiste et le toro abandonne. Le toricantano demande un toro de regalo. Entière basse.
Le réserve de Fernando de la Mora est choisi par le clan Adame après de longues tergiversations. Il est trapu, armé capacho, mobile dans la cape classique du matador. Le picador est renversé créant un moment de panique autour du cheval et du picador au sol. Tentative de quite varié de Luis David qui finit par être brouillon et bousculé. Le toro pense et attend. Brindis au public. Le matador avance avec le toro vers le centre profitant de charges longues et énergiques qui vont a menos dès la seconde série. L’animal est distrait, pensif et avance avec la tête relevée. L.D. Adame insiste et arrive à tirer quelques passes droitières mais provoque aussi beaucoup de longueurs. Pinchazo, entière et descabello. Silence.

René-Philippe Arnéodau

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