Séville 02 Mai 2017 – Détails de Morante et M.A. Perera devant des domecqs soporifiques.

La Maestranza ne fait pas le plein pour voir 4 toros de Garcia Jiménez d’à peine 4 ans. Tous ont fait étalage de leur manque de fond et de transmission. Les toros de la lignée Domecq rendent cette Féria soporifique pour les aficionados, quand bien même le public, lui, se divertit. Mañana mas de lo mismo.

Le premier Garcia Jimenez a fière allure. Il galope bien et charge avec franchise. Morante de la Puebla distille quelques véroniques du cru, lentes et rythmées, de Olé ! Le bicho fléchit dès avant la première pique dans laquelle il est choyé. Morante tente un quite par tafalleras inhabituel chez lui, pour soulager le toro qui fait un passage en coup de vent au cheval pour le second simulacre. Morante débute la faena par le haut et des derechazos qui obligent. Le garcía-jiménez accuse le coup. Déplacé aux medios il bouge de plus en plus difficilement. Il a gratté le sol pendant toute la lidia. Lorsque la faena passe à gauche le toro n’avance plus. Entière tendida et desprendida. Sifflets au toro. Palmas et salut.

Le quatrième est un autreexemplaire qui se comporte en manso et reste inédit à la cape. Le bicho ne se force pas sous le fer en deux rencontres. Morante ne perd pas de temps et torée immédiatement par derechazos profonds que l’animal accepte avec “humiliation” et calamocheo. Les naturelles sont données, majoritairement, avec relâchement, lenteur et profondeur. Musique. Toujours bien positionné Morante présente la muleta avec sincérité. Le retour à droite baisse de ton mais est vivement fêté. Final à gauche de une en une avec remate par doblones le tout avec la grande personnalité du maestro. Pinchazo et demie lame en décomposant les temps. Descabello. Palmas et salut au tiers.

Le second, cinqueño, est de “Peña de Francia” autre fer de Matilla. Il fait une apparition de manso dans le ruedo. Son trapío est de respect. Le toreo de cape de Miguel Ángel Perera est inhabituellement lent, au goût de Séville. Les velléités du toro au cheval sont limitées en deux rencontres. Quite poussif de Javier Jiménez par chicuelinas. Curro Javier et Guillermo Barbero saluent en banderilles pour des prestations conventionnelles. M.Á. Perera doit poursuivre le toro dans la querencia de toriles. L’animal ne veut rien savoir de la muleta du matador. L’insistance de Perera lui permet de voler queques muletazos sur les deux cornes pour justifier de son professionnalisme. Entière desprendida. Sifflets au toro. Palmas et salut. Le cinquième est haut, lavado de cara, M.Á. Perera tarde à le soumettre mais lorsqu’il le fait c’est pour toréer une nouvelle fois avec lenteur et relâchement en véroniques. Bon quite par gaoneras du matador entre deux piques mesurées. Javier Jimenez profite de la bonté du toro pour donner un quite par tafalleras, gaonera et revolera. Javier Ambel salut aux banderilles. Brindis au public. Le début de faena marqué vers le haut montre un torero reposé et appliqué. Le toreo à droite est lié sans laisser sortir le toro de la muleta. Les naturelles sont données en donnant de la distance mais sans lié. Perera est appliqué, sa prestation transmet peu. Il insiste à droite dans un passage basé sur l’immobilité bien reçu des tendidos. Trois-quarts de lame basse. Avis. Palmas et salut au tiers.

Le premier de Javier Jiménez est massif. Il va et vient fébrilement dans la cape du matador. L’unique pique complète est prise et donnée sans classe. Brindis au public. Les passes se suivent sans émotion et sans intérêt sur les deux cornes. À force d’insister J. Jimenez lie quelques passes. Le New Public de Séville se ravit et la musique joue. En pleine insipidité le succès vient de la répétition des passes. Avis. Pinchazo et entière contraire. Palmas et salut au tiers.

Le dernier García Jiménez est le plus léger mais de belle prestance. Il a des charges retenues qui ne permettent pas à Javier Jiménez de s’exprimer. Refusant longtemps d’aller au cheval le toro finit par y pousser longuement une première fois et brièvement une seconde. Prestation engagée et fêtée d’Abraham Neiro “Algabeño” aux banderilles lui permet de saluer. Brindis personnel. Début de faena conservateur du jeune torero. Javier Jiménez torée en ligne et fuera de cacho à droite sans trouver la clé d’une charge qui pourtant donne l’impression de pouvoir être vibrante. À gauche le bicho est tardo et Jiménez sur la retenue. 3/4 de lame caida et atravesada. Deux descabellos quand sonne l’avis. Palmas et salut.

René Philippe Arneodau

(photos de J.Arjona – Aplausos)

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