Seville 08 Avril 2016 Trois Figuras en Figura

imageNo hay billetes pour voir les vedettes de l’escalafón. Mais aujourd’hui ce sont trois figuras qui se sont prises au jeu et ont offert le comportement que l’on attend d’eux à ce niveau. Le troisième toro de Cortés nous a longtemps fait croire à un moment de grâce avec ses charges bouillantes et de loin, humiliant à souhait. Le charme n’a pas duré. Toute la Maestranza a vibré ce jour en divers moments de haut niveau et parce que les Matadors se sont souvenus de la responsabilité qui va avec leur statut.

Le premier Victoriano del Río de Morante, burraco corniapretado acucharado , est accueilli par le Maestro avec des véroniques et la demie suaves et rythmées. Aurelio Cruz pique bien et le toro pousse avec la tête à mi hauteur. Le quite par véroniques et revolera de Morante est supérieur, très engagé. Le bicho transmet et s’emploie sous la seconde pique. El Juli cite pour des chicuelinas un peu électriques mais muy de verdad. Le tercio de banderilles brouillon n’est pas favorable à la préparation du toro. Morante débute avec mesure puis se cambre dans des derechazos profonds alors que le toro a une tendance à être tardo. La charge est saccadée avec un léger retard puis une accélération, et en sortie la tête est relevée. Le sévillan fait l’effort à gauche sans briller outre mesure. Demie épée à bout de bras. Plusieurs descabellos. Sifflets au toro. Silence.

Avec son second Morante déborde d’envie avec le capote qu’il manie avec effort pour montrer sa détermination. Le toro ne s’emploie pas au cheval. Lorsque Morante entre en quite le toro abandonne le combat. La faena débute en tablas par ayudados par le haut puis naturelles et trincheras par le bas. Les derechazos sont dessinés avec naturel et corps relâché au début. Le bicho allant a menos les passes se raidissent et se désunissent au fur et à mesure que le couple s’avance vers le toril. Morante insiste sur les deux cornes dans la querencia. Deux naturelles profondent viennent justifier l’effort. Morante se prend au jeu et se bagarre comme un nouveau promu. Le public jubile. Avis, pinchazos avec de grandes difficultés pour fixer le toro. Second avis. Entière en s’engageant. Palmas.

Le second Victoriano del Río est harmonieux et armé. Il montre toutefois une certaine faiblesse dans les véroniques lancées du Juli. Cette faiblesse se confirme au cheval où le bicho est épargné. Méthodique Juli se met rapidement dans le sitio et torée. La faiblesse du toro enlève du relief au travail, mais le public joue le jeu. Juli déclenche la musique dans un cambio de mano dans le dos et une naturelle d’un grande lenteur. Les naturelles qui suivent sont construites muleta allongée au sol et en courant la main avec lenteur et profondeur. Juli met le feu. Dans son style corps penché, même cassé, Juli conquiert la Maestranza. Le final est brouillon avec derechazos puis luquesinas. Le Julipie résulte tendido, trasero et desprendido. 1 oreille.

El Juli va a Puerta Gayola pour la larga cambiada de rodillas qui précède des véroniques et chicuelinas volontaires. Le Victoriano est lourd. La première pique est tronquée car le bicho fait le tour du cheval et met le cavalier dans l’embarras. Puis il reste longuement sous le peto. La même chose se répète à la seconde rencontre. Après ce long passage Perera entre en quite et sert au manso des chicuelinas et la demie ajustées. Brindis du Juli au public. Les premières charges brusques du Victoriano obligent Juli à s’adapter. Il choisit de toréer par naturelles et pecho sur la même corne. Le toro est rapidement dominé. Juli l’absorbe ensuite à droite. La faena se poursuit sur les deux cornes avec la musique, le torero étant supérieur aux qualités du toro dans une attitude de figura. Pinchazo hondo et plusieurs descabellos avec avis. Palmas.

Le tercero, Toro de Cortés, est un toro terciado et armé qui fait l’avion. Perera qui n’a pas réussi à déclencher les olés avec ses véroniques exécute une farandole en chicuelina, cordobina et autre virevolte alors que le toro se distrait. Manseando, le toro fait chuter la cavalerie par le train arrière. Quite au centre de Perera par Saltilleras énormes d’exposition. Le toro va a más. Énorme aussi le quite par tafalleras, et demie de cartel, de Morante. Paire cumbre de Curro Javier de poder a poder. Le toro galope avec ganas et son. Javier Ambel s’applique dans la brega. La musique joue pour Javier qui pose une paire exposée. Son matador lui fait le quite in extremis. Brindis au public. La Maestranza déborde. Perera démarre très appliqué. Séville attend l’émotion. La jambe de sortie en retrait n’est pas à la hauteur des circonstances. De surcroit le toro se raja. Perera le poursuit pour voler quelques naturelles et fioritures en tablas de sol. Les derechazos et l’arrimón en tablas enflamment à juste titre les tendidos. Pinchazos avant 3/4 de lame perpendiculaire, caida après avis. Ovation et salut au tiers.

Perera après Juli va a puerta gayola pour une larga cambiada de rodillas suivies de véroniques templées. Le Toro de Cortés s’emploie sous le fer par deux fois. Quite de Morante par véroniques et demie. Brindis au public. Perera immobile joue avec le toro en ligne et en redondo. Il répète la même chose au centre des deux mains. L’émotion est absente et le silence règne sur la Maestranza. Le toro a peu de possibilités. Perera tente un arrimón que le public adoube avec parcimonie. Entière caída. Palmas et salut au tiers. René Philippe Arneodau.

Ce contenu a été publié dans Séville. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.