Seville 09 Avril 2016 Juan Pedro Domecq le fond sans fondo.

imageLe Père du Roi d’Espagne a honoré la Maestranza de sa présence et a reçu une grande ovation à son arrivée au Palco Real. Les Arènes sont pleines jusqu’au drapeau que la brise fait gondoler et le ciel est d’un bleu limpide. Les Maestros Ponce et Manzanares encadrent Roca Rey qui se présente à Séville. Les toros de Juan Pedro Domecq on complètement gâché les espérances des plus optimistes par leur faiblesse et manque de transmission.

Le premier Juan Pedro colorado est bas, rond et cornalón. Il trébuche dès les premiers lances d’un Ponce infirmier. Le tiers de varas est simulé. Ponce brince à son Altesse puis sans difficulté trouve le rythme et la hauteur propice à maintenir le Juan Pedro debout. La noblesse de l’opposant lui permet de composer la figure avec la classe qu’on lui connait. Trois séries droitières avec un cambio de mano déclenchent la musique. A gauche le toro calamochea par faiblesse. Retour à droite agrémenté d’une passe de las flores et toreo en redondo apprécié du conclave. Tout ce que fait Ponce est précis et mesuré dans une absence totale d’émotion que compense sa Maestria. Les doblones sur jambe pliée sont la signature d’une oeuvre sui generis. 3/4 d’épée. Une oreille.
Le quatrième opposant de la corrida a belle allure et trébuche dès les premières charges. Ponce le teste en delantales avant qu’il ne s’affale en topant sur le peto. Mouchoir vert. Le sobrero du même fer est bas, montado, il fonce d’abord sur la cape puis titube à la fin des capotazos du Maestro Ponce. Il se désintéresse du combat dans une attitude distraite. Le tiers de pique est rondement mené sous la vigilance de Ponce. L’entame de faena est laborieuse et hachée. Cette fois le magicien n’arrive pas à faire croire que le saucisson est du Jamón Ibérico de bellota. Le public lui est cependant reconnaissant de l’effort. Enti?re caída. Sifflets au toro. Palmas et salut.

Le second Juan Pedro est haut, bien armé, avec le trapío de Séville. Il manque de détermination au moment de mettre la tête dans la cape de Manzanares qui reste inédite. Le Domecq s’emploie sous le fer une fois, puis passe sans égratignure la seconde. Roca Rey réalise un quite par tafalleras en essayant de le maintenir debout. Brindis au Roi. Manzanares muni de son rideau soutenu par une tringle! (muleta), entre rapidement dans la faena à droite. Les séries droitières sont aussi élégantes que distantes. La musique accompagne les naturelles applaudies comme à l’opéra. Retour à droite insignifiant tant les passes sont lointaines. Entière légèrement en arrière et tendida. Palmas et Salut.
Le quinto est bas et court, bien armé. Il se désintéresse de la cape de Manzanares et montre aussi des signes prématurés de faiblesse. Le bichito pousse en brave sous la première vara avant de s’affaler en sortie. Il tarde à s’élancer pour la seconde pique et ne pousse pas autant. Roca Rey attend que les chevaux s’éclipsent pour donner au centre des Saltilleras sans bouger qui réveillent les tendidos. Rafael Rosa et Luis Blazquez brillent en banderilles et saluent. Au centre Manzanares cite pour des derechazos qui mettent en évidence les qualités du toro qui galope et humilie avec alegría. Comme de coutume les séries sont courtes, et l’avant dernière passe bousculée. La musique joue. À gauche les naturelles sont isolées ou saccadées. Demie lame bras tendu. Palmas au toro. Division d’opinions et salut.

Le Domecq de la présentation de Roca Rey avance la tête baissée dans un galop lancinant, mettant un terme au toreo de cape par un désarmé. Une débilité évidente est ignorée par le palco qui laisse piquer l’animal dans une parodie à laquelle participe Ponce en quite par véroniques et larga, toutes à droite. Brindis au Roi. Le Péruvien tente d’animer le début de faena par un cambio dans le dos qui fait chuter le bichito. La suite est l’expression d’une volonté de bien faire avec une absence notoire de vibration. Le toro avance comme il peut et le Matador s’applique. Le spectacle auquel nous assistons est la preuve qu’on ne peut pas jouer sans conséquences avec la génétique du toro. Entière. Sifflets au toro. Palmas et Salut.
La sortie vivace du dernier colorado de Juan Pedro anime les esprits. Cordobinas stoïques, verónicas pieds joints et accrochage de capote sont le prélude de Roca Rey. Des Rogerinas servent au péruvien pour mener au cheval. L’épreuve du fer est à la mesure de la faiblesse du toro. Brindis au public. Muleta dans la main gauche Roca Rey sert des ayudados et cambio dans le dos sans bouger malgré un retour croisé du toro. Les derechazos sont propres, le corps est relâché. Les passes à mi hauteur donnent la sensation d’un manque de mando. Le bicho sautille à gauche, puis n’avance plus. Roca Rey se justifie par un arrimón jusqu’à l’inutile voltereta. Pinchazo avant entière desprendida. Pétition minoritaire. Vuelta al ruedo. René Philippe Arneodau.

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