Séville 12 Mai 2019 – Deux ovations pour un Octavio Chacón en pleine maturité.

Le geste de Sebastien Castella  restera dans les annales comme une digne déception.   Il le fut aussi d’accepter d’apparaître en chef de lidia.  Le lot de Miura, au trapío imposant, a conservé suffisamment de défauts de la légendaire ganadería pour entraver le succès de la terna.  Octavio Chacón a laissé une excellente carte de visite approuvée par deux ovations méritées.

Le premier Miura est le plus léger du lot à 583 kg et c’est un train.  Il prend querencia d’abord, puis charge clairement la cape de Sebastián Castella qui livre une longue série de véroniques conclues par demi-véronoique, le miura chargeant avec entrega et clarté.  La première pique met en évidence la bravoure du toro châtié durement par Santiago Pérez. Ensuite il charge de loin pour la seconde pique mais la prend avec beaucoup moins de classe. Quite d’Octavio Chacon par delantales et demi-véronique parfaitement dessiné. Le miura développe du sentido au second tiers.  Castella débute la faena en tablas par tanteo qui lui indique qu’il convient de démarrer à gauche. Le bicho garde la tête haute et la charge courte. Le matador est méthodique. À droite le toro tîre des hachazos. Le Français poursuit à gauche “ayudando” avec l’épée sans résultat. Il termine de pitón a pitón.  Demi-lame basse en prenant ses précautions. Silence.

Le second de Sebastián Castella est un tío. Le matador le reçoit sur genou plié en allongeant les bras.  Bonnes piques de Juan Melgar, une troisième moins réussie. Le toro s’emploie peu et sans classe.  José Chacón salue pour deux paires de banderilles “au balcón”. Le début de faena du maestro est tonitruant appuyé sur les tablas et surtout le remate en pase del desprecio.  Castella cherche à conduire à droite la charge à  mi-hauteur. Le toro a une charge deslucida, sans agressivité et sans continuité. L’effort est notable, le bicho donne de plus en plus de coups de tête et des demi-charges.  La gauche est ignorée après tanteo, la faena terminée par macheteo. Demi-lame trasera et caída à bout de bras. Silence.

Octavio Chacón met le feu en recevant son premier monstre par larga cambiada à genoux, mais surtout par des véroniques, celles sur la corne droite étant somptueuses avec la demi-véronique.  Le toro charge le cheval de loin mais réagit en manso à la première attaque sans être piqué. Il pousse aux deux rencontres suivantes tête haute et en rompant l’effort. Quite de Pepe Moral en passant et surtout de Chacón par chicuelinas et deux demi-véroniques fêtées par le public.  Le miura oblige Juan José Trujillo à passer en faux et à poser les rehiletes de côté. Son second passage est plus réussi malgré la trajectoire coupée du toro. Chacón se livre dès les premiers muletazos avec confiance et maestria. Les derechazos sont suaves, quasiment sans toques.  Le matador doit ensuite soutenir les regards du toro et donner un toque pour provoquer la charge. La faena droitière va a menos car le toro retient sa charge ou bien  peut charger par surprise et de manière erratique. Le passage à gauche est tout en torería, courage et parfois douceur, faute de pouvoir être liė. Pinchazo avant et estocade entière dans la croix.  Plusieurs descabellos avec deux avis. Quelques appalaudissements au toro. Ovation et salut pour Octavio Chacón.

Le cinquième est reçu par Octavio Chacón avec décision et douceur à la fois, par véroniques et demi-véronique.  La mise en suerte pour la pique par delantales est dominatrice. Le toro s’emploie tête haute au cheval lors des deux rencontres.  Chicuelinas et demi-véronique de Pepe Moral auquel réplique Octavio Chacón par véroniques et demi-véroniques engagées. Chacón entame rapidement sur la droite.  Le bicho charge mais proteste, rendant difficile la réalisation de muletazos fluides et continus. À gauche, le torero présente la toile avec douceur mais le toro le voit, lui.  Quelques droitières et passe de poitrine attestent de la volonté du torero. Le matador tente de nouveau à gauche puis insiste à droite quand la faena est passée de DLC. ¾ de lame dans la croix.  Ovation et salut.

Le troisième de Miura sautille dans la cape de Pepe Moral.  Il subit le tercio de varas duquel il sort affecté mais bouche fermée.  Le miura galope avec alegria au second tiers. Brindis au public. Le toro entre clairement et  se retourne promptement dans le tanteo du Sevillan. Les passes droitières, avec toque ferme muleta en retrait, s’enchaînent avec suffisamment d’entrain pour faire réagir le public et lancer la musique. Le passage à gauche est suave dans les toques, accroché dans certaines naturelles. Le final droitier va a menos. Entière atravesada et demi-lame à bout de bras. Plusieurs descabellos avec avis.  Nouvelle tentatives à l’épée alors que le miura fait le tour du ruedo. Silence.

Le dernier toro de la feria de Sevilla 2019 sera un sobrero puisque le toro prévu  6ème  est renvoyé au corral.  Ce sobrero comparé à ses congénères apparait terciado. Pepe Moral le reçoit par largas à genoux puis des véroniques et la demi-véroniqie au centre.  L’épreuve du fer est rondement menée, par à-coups de la part du toro. Applaudissements pour le “clarinazo”. Pepe Moral allonge le bras dans le tanteo.  Les derechazos brusques et au rythme des derrotes du miura sont accueillis par un murmure sur les tendidos. Les tentatives subséquentes sur les deux cornes ne donnent rien. Estocade entière, bras tendu.  Silence.

René Philippe Arneodau.

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