Séville 27 Septembre 2019 – Sept brindis ne font pas faena. Vuelta de Rafael González.

La novillada de Villamarta, disparate de présentation, a donné du fil à retordre à une terna de novilleros qui manquait d’expérience pour un tel challenge.  Le meilleur passage est à mettre à l’actif de Rafael González qui l’a obtenu brièvement. Manuel Calero “Calerito”, quand à lui, est passé par l’infirmerie et Antonio Grande a mis en évidence des capacités de contorsionniste destinées à éloigner les charges.

Le premier de Villamarta, acapachado, se déplace à sa guise dans le ruedo sans que Rafael González ne le fixe.  Face au fer, il confirme sa mansedumbre, torero et cuadrilla ayant tout le mal du monde à le mettre en suerte pour la seconde rencontre. Il la prendra finalement avec résignation.  Quite de “Calerito” par chicuelinas et larga. Brindis au public. Le novillero choisit de débuter la faena à genoux et est obligé de poursuivre ensuite le novillo. Au centre, il exécute quelques muletazos sur le voyage.  La charge est molle et le torero en profite avec plus de volonté que de domination sur les deux cornes. C’est le novillo qui décide du rythme et des terrains. Manoletinas et cambio dans le dos précèdent une estocade entière traseraPalmas et salut.  

Le second de Rafael González est reçu par gaoneras et caleserinas de recours suite à son incapacité à soumettre le novillo à la véronique.  Le torito renverse le cheval à la première rencontre et est totalement épargné à la seconde. “Calerito” fait un quite par delantales dans un style anodin.  Brindis au public, puis autre brindis personnel. Des statuaires électriques, avec la muleta accrochée, lancent le trasteo. La première série droitière, main basse est le meilleur de la novillada jusqu’alors.  Le geste est répété et la musique joue. À gauche, la première série va a menos car le novillo trébuche. Ensuite la charge se raccourcit et le novillero reste sans recours. Le retour à droite, laborieux, annonce la fin de faenaBernadinas accrochées. Entière portée droit et lentement. Avis. Pétition minoritaire et vuelta.  

Manuel Calero touche un premier novillo haut, au trapío respectable.  Il saute et lance les pattes dans les véroniques et revolera du novillero.  Le bicho tire des derrotes dans le leurre. Il se laisse piquer par deux fois sans mettre les reins.  Antonio Grande exécute un quite brouillon et anodin. Brindis au public. Le novillo donne de la tête – calamocheo – mais transmet.  “Calerito” arrive dans deux derechazos, de la seconde série droitière, à canaliser. À gauche, il abandonne lorsque la muleta est accrochée.  Une bonne série droitière, avec rythme et cambio de mano toréé, sont le meilleur de la faena. Elle se termine par arrimón à toro arrêté. Pinchazo et entière tendida.  Salut qui précède les applaudissements.

“Calerito” va a puerta gayola où son second novillo l’oblige à plonger.  Il livre ensuite une bagarre à la cape face à la charge incessante du Villamarta qui gagne la partie.  Le tercio de varas met en évidence une bravoure mesurée du novillo qui pousse tête relevée et sans continuité. Le bicho charge tête relevée et accroche la cape du torero qui ne fait rien pour le soumettre par le bas.  Brindis personnel. Au centre “Calerito” cite muleta dans la main droite. Les derechazos ne dominent en rien la tête relevée et le calamocheo du novillo. Le Celui-ci promène le novillero. Sans idée, ce dernier tente de passer le novillo sur les deux cornes, réussissant quelques naturelles isolées.  L’arrimón de fin de faena est quelque peu désespéré et débouche sur une cornada dans le bras sur un derrote. Rafael González esquive les hachazos aériens et multiplie les pinchazos, pendant que sonnent deux avis.

Antonio Grande reçoit son premier adversaire par véroniques dans lesquelles la charge du novillo est supérieure au résultat artistique.  Une touche de faiblesse fait fléchir le bicho dans le galleo qui le mène au cheval. Pour la même raison, il subit l’épreuve du fer plus qu’il ne combat.  Quite par chicuelinas et larga mécaniques de Rafael González. Brindis au public. À ce stade, le bicho alterne charges longues et fléchissements. Le novillero tire des lignes à droite pour ne pas peser sur l’animal.  Le public applaudit. Le torero passe le novillo au loin à l’aide d’une muleta extra large et d’un torse penché. À gauche, il accentue les toques extérieurs et donne des naturelles robotisées. Entière portée de loin, d’effet rapide.  Salut auto décidé.

Le dernier novillo doute et tourne dans le ruedo avant de faire douter Antonio Grande à la cape.  Bon tiers de pique de Rafael Agudo. Brindis personnel. Le novillero tient une position marginale dans les derechazos lointains.  Les passages à gauche tout en raideur ne font qu’accentuer l’impression de verdeur donnée par le jeune torero. Il obtient des applaudissements par insistance.  Pinchazo et entière défectueuse. Silence. 

René Philippe Arneodau 

Ce contenu a été publié dans Séville. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.