Séville 28 Septembre 2019 – Émouvante despedida de “El Cid” dans une triste Corrida Sévillane.

Photo Arjona “Aplausos”

Arènes pleines. Grande ovation du public debout pour honorer Manuel Jesús “El Cid” le jour de sa despedida de la Maestranza.  Enrique Ponce qui remplaçait Andrés Roca Rey est passé avec discrétion sur le sable sévillan. José María Manzanares a semblé vouloir sans pouvoir et “El Cid”, avec le meilleur sorteo, a donné à son public le minimum qu’il pouvait espérer pour honorer sa présence inconditionnelle en telle occasion.   Le lot de Victoriano del Rio (1,2,4,6) et deux de Toros de Cortés (3,5) a déçu tant pour sa présentation que pour son comportement.

Le premier de Victoriano del Rio charge avec réserve et hésitations, ne permettant pas à Enrique Ponce de s’exprimer à la cape.  Le bicho pousse tête relevée, mais avec les reins, sous la première vara bien portée par José Palomares. Le quite de Ponce est probatoire.  Sous la seconde puya, le toro se défend sur une corne. Brindis à “El Cid.” Ponce se confie dès les premiers muletazos, certains donnés sur jambe pliée, sans arriver à lier.  À droite sa position marginale lui permet d’aspirer une charge, imparfaite mais continue. À gauche l’embestida baisse en intensité et les passes sont exécutées une par une. La muleta a été accrochée occasionnellement et le final droitier n’apporte rien de plus. ¾ de lame trasera et basse.  Palmas au toro. Silence. 

Le quatrième, terciado,  apparaît en manso dès sa sortie en piste.  Enrique Ponce doit aller “parer” l’animal au centre.  Après les premiers extraños, le maestro dessine des véroniques de bonne facture.  Le toro est d’abord piqué au cheval de réserve, subissant la carioca, puis il est épargné au second passage.  Ponce débute la faena en faisant attention de maintenir le bichito debout. Ce dernier tire des derrotes et accroche la toile dans un trasteo haché.  Ponce toque por fuera pour essayer d’allonger la charge. Le passage à gauche accentue la sensation de mollesse qui finit par provoquer les protestations des tendidos.  Quasi entière, caída. Sifflets au toro. Silence.

“El Cid” reçoit son premier adversaire avec des lances sur le passage qui dévoilent une bonne charge sur la corne droite. Suivent des véroniques en allant jusqu’au centre, en profitant de et en améliorant la charge à base de “temple”.  Grande ovation du public. “El Cid” s’applique dans la mise en suerte au cheval. Le toro subit l’épreuve avec un châtiment plus que mesuré. La véronique et demie du Cid expriment sa confiance et son envie de bien faire en quite. La seconde pique est formelle.  Grande deuxième paire de banderilles de José Luis López “Lipi” qui lui vaut une ovation et salut. Brindis au public. Muleta dans la main gauche, le torero de Salteras “cite” depuis le centre de la piste. La première série est supérieure, liée et profonde. Le bicho est clair comme de l’eau de roche et “El Cid” ne doute pas une seconde.  Avec la musique la série suivante baisse en intensité à l’image de la charge. Lorsque le matador prend la droite le victoriano-del-río n’y est plus. La faena s’achève brusquement. Entière basse. Légère pétition. Sifflets au toro. Palmas et salut.  

Le dernier toro de “El Cid” dans sa Maestranza lui permet de dessiner quelques véroniques lentes face à une charge molle.  Le bicho, lavado de cara, pousse contre le poitrail du cheval, lors de la première pique. L’animal est tardo et hésitant. Il rebondit et tombe contre le peto au second passage au cheval.  La musique joue dès le début de faena et “El Cid” répond par une envolée lyrique de muletazos aériens. Inspiré, il profite d’une bonne charge à droite. À gauche l’animal n’a plus la même vivacité mais Manuel Jesús maintient l’attention du public dans les remates.  Un desarme avec poursuite redonne de l’émotion au trasteo. “El Cid” rend hommage à la banda de musica puis entre a matar par entière trasera et desprendida. La longueur finale n’empêche pas le public de demander et d’obtenir l’oreille des adieux. Quelques applaudissements au toro.

José María Manzanares est gêné par la charge irrégulière de son premier adversaire qui alterne ralentissements et accélérations , museau en avant.  Il pousse sous deux brèves piques. En banderilles le bicho est vif. J.M. Manzanares oblige l’adversaire par doblones en début de trasteo. Le toro accélère en entrant dans la muleta à droite,  donnant de l’intensité aux muletazos. La musique joue, Manzanares appliqué alterne des accrochages de muleta et un cambio de mano profond qui enchante le public. À gauche, le trasteo se développe en faveur du toro qui met le torero sur la défensive.  Ce dernier en termine par des muletazos d’adorno isolés. Pinchazo et une demi-épée exécutés a recibir. C’est la troisième entrée a matar al volapié qui emportera rapidement le toro. Silence.

Le dernier de la corrida, face à J. M. Manzanares,  dévoile une charge “humiliée” et longue dont le matador profite, inégalement, par véroniques et larga finale, toréé.  Sous le fer le torito s’emploit comme il peut. Avant même la deuxième pique il montre des signes préoccupants de faiblesse.  Ceci explique la seconde pique anodine. Au second tiers le bicho reprend du poil de la bête et charge magnifiquement dans la cape de Juan José Trujillo.  En début de faena, Manzanares passe le toro en ligne qui néanmoins trébuche. Ensuite le matador enroule à droite une charge devenue brusque. À gauche, le toro ne termine pas les muletazos. Comme de coutume les séries sont courtes et terminées sur la défensive.  Non dominé le victoriano-de-río  tire des derrotes. Entière caída. Silence.

“El Cid” est porté a hombros par la porte de cuadrillas pour l’honorer avec l’approbation du public.

René Philippe Arneodau 

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