Séville 9 Mai 2019 – Miguel Ángel Perera coupe une oreille. Intéressante présentation de Santiago Domecq à la Maestranza de Séville.

Tendidos couverts aux trois quarts pour voir la présentation de la ganadería Santiago Domecq à la Maestranza de Séville.  Le lot, au trapío dans les normes des arènes de Séville, a donné un jeu varié et encasté qui a mis la terna en échec y compris le second exemplaire primé par une vuelta al ruedo que Perera n’a maîtrisé qu’en partie.

Manuel Jesús “El Cid” est accueilli par une ovation en l’honneur de sa despedida de la Maestranza.  Son premier adversaire met la tête sans exercer de pression et trébuche dans les véroniques faciles de “El Cid”.  Piqué en arrière, il pousse brièvement. Lors de la seconde pique le bicho ouvre la bouche et fuit la carioca. Distrait et tête à mi-hauteur le santiago-domecq donne peu d’espoirs pour la suite. Il sautille dans les droitières de “El Cid” qui profite de sa noblesse peu propice à la transmission.  Les séries s’enchaînent et il rentabilise au mieux les circonstances, au point d’être accompagné par la musique. À gauche, le matador est moins efficace ce qui explique son retour à droite où la faena va a menos. Pinchazo et entière trasera, contraria et tendida. Silence.

“El Cid” passe son second adversaire en va-et-vient plus probatoire qu’artistique. Le toro s’emploie au cheval par deux fois. Brindis au public. Le matador décide de débuter muleta dans la main gauche aux medios où il est rapidement débordé tant à gauche qu’à droite. Il prend alors ses distances.  Les derechazos n’ont que peu de transcendance. Une autre tentative à gauche n’est pas concluante, le toro ayant pris l’ascendant psychologique. Estocade entière basse et atravesada. Palmas au toro. Silence.

Miguel Ángel Perera touche un toro cornidelantero, lavado de cara, qui charge en “humiliant” et avec continuité dans les véroniques et demi-véronique d’accueil.  Le bicho s’emploie sous une carioca avant que M.A. Perera n’exécute un quite par chicuelinas ajustées et revolera. La seconde pique est très mesurée. Paco Ureña entre en quite par gaoneras en deux temps suite à un accrochage, tellement les capotazos sont serrés.  Curro Javier salue pour sa seconde paire de banderilles. Brindis au public. À genoux, au centre, Perera cite longuement pour deux péndulos très exposés. Le toro s’arrête entre les derechazos malgré le positionnement engagé du torero. Perera lie ensuite deux séries de derechazos dans son style habituel, en ligne.  À gauche, jambe de sortie en retrait, les naturelles viennent une par une, accompagnées de la musique, sous l’ovation du public. La suite à droite est un enchaînement main basse, dominateur faute de profondeur. Entière trasera et desprendida portée avec conviction. Oreille avec pétition de la seconde. Vuelta exagérée au toro, mais non contestée par le public. L’exemplaire de Santiago Domecq a nécessité des toques appuyés pour charger dans une bonne partie des séries.

Le cinquième est bien présenté. Miguel Ángel Perera se fait accrocher la cape à gauche dans des véroniques électriques.  Le toro charge fort et fait la toupie avec la cavalerie. Le bicho charge à nouveau fort et promptement pour une seconde pique, courte. Quite capote dans le dos pour des saltilleras et revolera. Grand second tiers du toro et de la cuadrilla, la seconde paire de Javier Ambel bien moins réussie que la première.  Palmas pour lui et Vicente Herrera, ovation pour Curro Javier à la brega. Brindis à Pedro Gutiérrez “Niño de la Capea” (con beau-père. NDLR). Début stoïque por alto, avec mise en danger solutionnée. Les charges vives prennent légèrement le dessus sur le torero dans le premier passage à droite.  À gauche, Perera torée al hilo et le toro le désarme. Le matador n’est pas à l’aise avec un toro qui ne lui permet pas la marginalité habituelle. Alors, il est obligé de se croiser et comme ce n’est pas son “taf“ il est débordé et mis en danger. Le toro finit par capituler.  Longs préparatifs avec entière trasera et desprendida. Palmas et salut. Silence.

Paco Ureña entreprend avec précaution son premier adversaire du fait de ses charges désordonnées.  Ce dernier pousse avec vivacité sous le fer dans un premier temps. Le second passage est un picotazo.  Excellente deuxième paire de palitroques de Curro Vivas peu applaudie. Brindis au public. La faena débute en tablas par doblones sur la corne droite qui mettent le toro dans la muleta. Aux tercios, les séries de derechazos sont courtes car le toro supporte mal le toreo main basse d’Ureña. À gauche, ce dernier subit une voltereta car il est croisé dans le terrain du toro.  Les naturelles sont cependant laborieuses avec peu de continuité. De nouveau à droite le torero exécute quelques droitières pures qui ne connectent pas avec les tendidos. Entière desprendida. Palmas et salut.

La présentation de Santiago Domecq à la Maestranza se termine avec un exemplaire imposant que Paco Ureña met méthodiquement dans la cape.  Le toro s’emploie sans classe et brièvement au cheval.

                                       

Brindis à “El Cid”. Ayudados por alto pour commencer, terminés par une trincherilla dominatrice.  À droite, le bicho tire des derrotes à hauteur de l’embroque. Paco Ureña canalise dans les séries suivantes. À aucun moment le torero ne domine son adversaire bien que quelques muletazos isolés sur les deux cornes soient aboutis.  La faena traîne en longueur. Pinchazo et demi-lame caída. Silence.

René Philippe Arneodau.

Photos de Arjona pour aplausos.es

Ce contenu a été publié dans Séville. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.