30/04/2011 LE JOUR OÚ LA TAUROMACHIE A BASCULÉ À SÉVILLE

Premier Indulto d’un TORO dans l’Histoire de la Maestranza de Séville, concédé à « Arrojado » de Nuñez del Cuvillo née en 04/07 pesant 500kg portant le n° 217 après une Faena primée par deux oreilles symboliques.
Avant de vous décrire ce que nous avons vu à Séville ce 30/04/2011 permettez mois de préciser ce que nous n’avons pas vu et que l’immense et historique triomphe pourrait laisser penser que nous avons vécu. Nous n’avons pas vu un grand lot de Toros de Nuñez Del Cuvillo. Nous n’avons pas vu une corrida merveilleusement présentée et nous n’avons pas vu l’indulto d’un Toro ayant combattu avec sauvagerie et force au cheval et durant la lidia. Ce que cette corrida pourrait caractériser c’est le triomphe d’une nouvelle tauromachie fondée sur le principe de Toréabilité cher à feu Juan Pedro Domecq et réussi à la perfection par Nuñez del Cuvillo . « Arrojado » le Toro Indulté fut un Toro plutôt bas, plutôt petit mais « bien armado ». Pratiquement pas piqué il a été supérieurement Banderillé par Curro Javier. MANZANARES l’avait torée avec beaucoup de confiance au capote en l’envoyant très tôt dans des véroniques douces et rythmées. Lui et sa cuadrilla avaient vus en Arrojado un collaborateur supérieur. Ceci explique que dès les premières passes de muleta Manzanares s’est confié à Arrojado dans un abandon corporel digne de la très grande noblesse du toro. Car c’est bien là la caractéristique première du bicho, la Noblesse qui en l’occurrence alliée a une vivacité, un moteur préservé par la quasi absence de pique, a laissé cette sensation d’une embestida noble répétée à souhait et sans défaillance, la bravoure de supporter, de durer, de résister faute d’avoir vu celle du combattant au cheval. Manzanares a été parfaitement à la hauteur de ces qualités, sincère dans son placement, doux dans ses toques, vaillant en ne rectifiant pas sa position et même parfois en pivotant sur la jambe de sortie pour s’avancer vers le Toro pour le garder empapado dans la muleta. Des passes main basse templées avec l’impaque que nous lui connaissons, des trajectoires sincères obligeant le toro qui a absorbé sans réserve. Des détails artistiques fulminants comme des cambios de manos aussi longs que des redondos et une Arrucina de frente exposée, d’une douceur incommensurable. Dans chaque geste de Manzanares se sont exprimées les qualités de toreria et de valor que les Aficionados matures souhaitent voir s’exprimer de vez en cuando avec un toro de combat et pas seulement un toro noblissime. Le public ayant commencé à réagir et à demander l’indulto, la grande Faena a connu un deuxième temps moins vertueux où le Matador a voulu obtenir l’indulto en allongeant la faena et laisser le temps au public d’influencer la présidence. La pétition d’indulto a été majoritaire et le président a cédé. Le ganadero, que l’Empresa de Séville n’avait pas voulu engager les années précédentes, a donné la vuelta de la revanche avec Jose Mari Manzanares. 2 oreilles symboliques.
MANZANARES a touché un autre Cuvillo très noble en sixième position et dans une prestation de grande qualité avec des gestes comparables à la première faena a obtenu, après une entière en lui montant dessus, deux oreilles fêtées aux cris de « Torero ». A ce toro ont salué en banderilles Juan Jose Trujillo et Luis Blasquez après une prestation supérieure de grande exposition.
APARICIO a été chaleureusement accueilli par le public de Séville lors de ses premiers lances à son premier toro et un quite pas totalement à gusto. Puis Morante est sorti en quite à ce premier toro et lui a donné un bain en véroniques templées, profondes et serrées. On n’a plus vu APARICIO.
MORANTE, avec un 2° Bis du même élevage, a commencé sa faena avec les zapatillas asentadas pour livrer cinq séries droitières marquées par l’impaque particulier de Morante et la seriedad du toreo exposé, par le bas, avec des trajectoires vers l’intérieur. Un grand molinete pour résoudre sans bouger un retour du bicho, est à retenir. Tentative de la main gauche infructueuse. ½ espada trasera, tendida, desprendida. Descabello. Aplausos a Morante et Salut au tiers. A son second toro, invalide, Morante sort avec l’épée de muerte et abrège. Manzanares est sorti par la Puerta del Principe. René Philippe Arneodau.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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