Cogida fatale du torero Victor Barrio

DSC_7224-copiaCe samedi 9 juillet durant une corrida de la Feria del Ángel de Teruel, en dessinant une naturelle, le torero Victor Barrio était pris et mortellement cloué au sol par le toro “Lorenzo“  nº26 de 526 kg. de Los Maños, la corne gauche lui transperçant la poitrine et perforant poumon et aorte thoracique et atteignant l’hémithorax gauche. Rien ne put être fait pour sauver le torero né à Grajera, province de Ségovie, le 29 mai 1989, son décès survenant à 20:25 dans l’infirmerie de la plaza.

Sa carrière fut brillante en tant que novillero sans picadors à partir de 2008 et ses succès se confirmaient après son début avec picadors le 29 août 2009. Il se présentait à Madrid le 13 juin 2010 et coupait une oreille d’un novillo de Rehuelga. Il participait avec succès à de nombreuses ferias de novilladas et sortait triomphateur de Salamanque et Albacete (Puerta Grande). Il prenait l’alternative le jour de Pâques, le 8 avril 2012, avec pour parrain José-Pedro Prados « El Fundi ». Triomphateur en 2015 de la Feria de Valdemorillo, il participait à deux corridas de Las Ventas. Cette année, le jour de son anniversaire, il toréait une corrida de Baltasar Ibán pendant la San Isidro.

Au-delà de la fin fatale du torero, il est bon de signaler que Victor Barrio était un homme très cordial, d’une grande simplicité et de contact facile même dans les moments difficiles qui précédaient les paseos. Son afición était grande et je me souviens de la journée organisée à Ségovie, le 20 avril 2013, durant laquelle, sous le célèbre aqueduc, il avait invité ses amis, fait toréer des enfants sur la Plaza Mayor et, l’après-midi avait mis à mort deux toros de Monte-La Ermita dans une finca toute proche. 129686245055740gd

Son toreo était élégant, de main basse et son répertoire au capote était très varié, ses réceptions à porta gayola par largas cambiadas ou bien espaldinas étaient unes de ses spécialités de même que sa grande facilité de toreo en redondo à genoux.

Sans être une des premières figures de la torería actuelle, il avait par amitié et professionalisme à son service une cuadrilla de premier ordre composée de son ami fidèle Roberto Martín « Jarocho », Miguel Martín et Alberto Zayas ainsi que ses picadors Oscar Bernal et Luciano Briceño. Son apoderado actuel, Alberto García, est aussi empresa de la plaza de Teruel. Sa famille, ses amis aficionados avaient affrété un autobus pour assister à la corrida que Victor partageait avec Curro Díaz et « Morenito de Aranda » pour des toros de Los Maños et Ana Romero. A la sortie du fourgon funéraire de la place, la dépouille qui emmenait le corps vers l’institut médico-légal était saluée par de nombreux aficionados : Torero ! Torero !

Aujourd’hui, ses amis, le monde taurin pleurent un torero mort par la corne d’un toro brave payant ainsi le tribut de ces hommes qui vouent leur vie au toro, au toreo sans toujours atteindre la gloire mais en permanence face au danger, à la mort comme aujourd’hui, sans renier les valeurs qui font la grandeur de cette profession tant maltraitée, vilipendée, incomprise par la société moderne et ses politiques.

R.E.P. Victor Barrio.

Georges Marcilac

 

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