Livres pour la bibliothèque de l’aficionado.

La période automne-hiver est pour l’aficionado celle de la mélancolie, du temps qui n’est plus celui faire des projets immédiats pour telle ou telle feria mais de rassembler les souvenirs (et regrets ?) de la temporada qui vient de s’achever. Ce dernier trimestre de l’année est aussi le temps des bilans, des décisions d’empresas qui préparent la prochaine temporada, des départs (à la retraite ?) de quelques toreros, des changements de cuadrillas, des nouvelles ruptures ou alliances professionnelles torero-apoderado. Les associations et clubs taurins décernent prix et trophées et mettent sur pied un programme d’activités qui maintiendront les aficionados en éveil tauromachique. En particulier, c’est l’occasion de se (re)plonger dans la lecture des livres taurins,  biographies, essais, des magazines délaissés au plus chaud de l’été.

Ces derniers jours, trois nouveaux ouvrages taurins étaient présentés à l’afición madrilène. Pour deux d’entre eux, il s’agit de livres qui nous permettent de découvrir, au fil des promenades dans la capitale, les lieux du passé liés à l’histoire taurine au travers des toreros, écrivains, chroniqueurs, artistes, hommes politiques et personnages de la vie sociale  qui ont vécu à Madrid et marqué de leur empreinte les palais, immeubles, hôtels et restaurants, bars et buvettes et les évènements qui s’y sont déroulés. Si la Tauromachie fait partie du patrimoine historique et culturel de l’Espagne, Madrid sa capitale, représente à elle seule un musée taurin ouvert à l’air libre.  A la lecture de ces deux livres, les nombreux visiteurs français, aficionados de surcroît, pourront ainsi s’enrichir d’anecdotes, de faits divers qui ont agrémenté l’histoire taurine du pays. Le troisième est une biographie mais aussi un traité historico-taurin autour du torero Joaquín Rodríguez “Cagancho” (1903-1984) et du monde gitan. C’est l’occasion pour l’auteur de décrire l’Espagne de la Edad de Plata du toreo ainsi que l’atmosphère politique et culturelle de cette période enrichissante et  agitée de l’Espagne à l’approche de la Guerre Civile.

Juan Salazar Larraz, né à Madrid en 1961, est un aficionado madrilène, aboné du Tendido 9 de Las Ventas. C’est son premier livre car il est avant tout un professionnel consultant RH, titulaire d’une licence de pharmacie et d’un MBA de l’Instituto de Empresas. Juan est un aficionado dont la curiosité l’a mené à conduire un travail d’investigation et  découvrir les histoires cachées derrière les façades d’immeubles le long des rues et avenues de Madrid où ne subsiste qu’une plaque rappelant le passage de tel ou tel personnage du monde des toros. Ses connaissances se complètent à l’appui des documents d’archives de la Villa de Madrid ou de la Biblioteca Nacional. Il est auditeur assidu des conférences taurines madrilènes ; il est membre de l’Unión de Abonados Aficionados Taurinos de Madrid (UAATM) et de la prestigieuse peña de «Los de José y Juan» et la disinguée peña « El Botijo ».

De la Puerta del Sol jusqu’à l’imposant et emblématique Circulo de Bellas Artes, Ángel González Jurado, avocat de profession, nous fait (re)vivre  l’histoire de Madrid (et de l’Espagne) au travers de la relation des évènements artistiques,  politiques et… taurins qui ont animé cette portion de la fameuse Calle Alcalá. Depuis 1857 jusqu’à nos jours, le centre de Madrid a subi bien des changements: avant les grands magasins, les boutiques de souvenirs ou les restaurants fast food se trouvaient des grands hôtels de luxe, bars de rencontre et de tertulias. C’est ce qu’Ángel González, nous propose de découvrir pas à pas, porte à porte. Madrilène castizo et guide improvisé, parfaitement documenté, il nous transmet son amour pour sa ville tout au long d’un itinéraire où se trouve le Casino de Madrid  dont il est membre du jury qui décerne chaque année les prix de la Feria de San Isidro.

José-Vicente Sinesterra nous présente une originale et complète biographie du torero gitan sévillan, enfant du barrio de Triana, Joaquín Rodriguez «Cagancho» célèbre torero de l’époque post-Edad de Oro. L’origine de «Cagancho» permet à l’auteur de traiter avec minutie cette période de l’histoire de la Tauromachie et de l’Espagne aussi bien du point de sociologique, politique et taurin en relation avec le corps social que représentent les gitans, leur mode de vie et idiosyncrasie sans oublier le flamenco autre passion de l’auteur. La forte personnalité de «Cagancho», sa séduction et sa «géniale» irrégularité alliant grands triomphes et aussi grandes espantadas sont analysées avec précision ainsi que son entourage familial, social et professionnel. D. José-Vicente Sinesterra est docteur ès-sciences et professeur de l’Universidad Complutense de Madrid, chaire de chimie organique et pharmaceutique. Il va sans dire qu’il est un grand aficionado a los toros, conférencier, membre de la peña « Los de José y Juan » et auteur de l’ouvrage historico-biographique «El mundo de Rafael Gómez «El Gallo» » (2017).

Georges Marcillac

 

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