Madrid 01/06/2013 Cuadrilla del Arte triomphe face aux Cuadris.

La corrida de Cuadri est toujours un évènement attendu par l’Aficionado.  Celle du jour, volumineuse, épaisse de l’avant à l’arrière, impressionnante, n’a pas eu le fond de caste qu’on attend d’elle.  Les embestidas ont été parsemées d’altérations  rendant le travail de muleta difficile.  Javier CASTAÑO a de nouveau démontré sa valeur en tant que torero et aussi en tant qu’homme.  Il est en effet capable de laisser vivre sa cuadrilla et lui permettre de recevoir, avec le sourire, un triomphe historique.  Il y a quelques décennies avait été constituée une cuadrilla appelée Cuadrilla del Arte pour mettre en valeur essentiellement le second tiers.  Celle de CASTAÑO est spontanée dans sa création et libérée dans son expression.  Des toreros à pied et à cheval qui approchent leur métier avec la sincérité et la verve des hommes déterminés, des hommes qui maîtrisent leur art.  A la mode du génial El PANA,  cette cuadrilla, après s’être magistralement exprimée au second toro de CASTAÑO,  a effectué une vuelta al ruedo alors que le Matador souriant s’occupait de surveiller le toro qui au bout du compte a parfaitement respecté cette instant d’immense joie collective.  La plaza est debout.

Le premier de Fernando ROBLEÑO  se déplace dans la cape volontaire du torero, mais a tendance à se serrer à gauche.  Il pousse d’abord sous la pique puis recule et est fortement piqué.  Il s’avise en banderilles.  Le toreo de ROBLEÑO est doux.  Le Cuadri parfois attaque avec velléité mais il lui manque le final de passe.  A gauche il est tardo et finit par pousser et rouler le torero au sol.  Entière basse.  Silence.

Son second, violent, est canalisé par la cape de ROBLEÑO qui plie la jambe et allonge les passes.  Le toro doute.  Antonio ECIJANO fait un bon travail pour seconder son matador et maintenir le toro au centre.   Le picador de tour n’arrive pas à manœuvrer sa monture.  Quand le toro sent la pique il pousse fortement tête relevée et provoque une chute spectaculaire.  Le picador se venge à la seconde rencontre.  Le toro arrea en banderilles et arrive tardo et incertain à la muleta.  ROBLEÑO lui arrache quelques muletazos.  Espadazo en perdant la muleta.  Palmas y pitos au toro et au torero.

CASTAÑO reste inédit à la cape face à son premier.  Le toro regarde et mesure la cible.  Il garde la tête relevée sous la pique.  La cuadrilla del Arte est à l’œuvre Adalid et Sanchez aux banderilles, Galan à la brega.  Les trois y prennent du plaisir et se mettent en valeur.  Ils défient le toro et exécutent avec réussite.  Sanchez avec sa forme arythmique de marcher avec les palos qu’il bouge étrangement  à la même cadence que ses jambes au lieu d’alterner.  CASTAÑO  toque fortement pour déclencher la première charge puis laisse la muleta sous le museau et la déplace suavement.  Le toro est rebrincado mais le torero aguante dans une faena, a mas, de domination.  Le final est face aux cornes, se croisant laissant une forte impression de maitrise.  Pinchazo hondo et deux descabellos.  Palmas et salut au tiers.

Le  second de CASTAÑO attaque la cape de loin mais en sort distrait sans répéter.  Alors qu’il évite de regarder le cheval, Tito Sandoval fait un travail extraordinaire pour attirer l’attention du bicho.  Il est incroyablement à l’aise et maitrise totalement sa monture.  Les piques sont parfaitement  exécutées avec une grande simplicité.  Immense moment de toreria  varilarguera.   L’ambiance est survoltée.  La cuadrilla se surpasse, la paire de Sanchez et la seconde d’Adalid sont énormes de tranquilité et d’exposition.  L’euphorie est à son comble lorsque cuadrilla et Matador décident qu’ils feront une vuelta al ruedo au plus grand bonheur du public.  Sandoval se joint à eux.  Au centre CASTAÑO présente la muleta en avant.  Le toro s’élance pour une série intense mais muleta accrochée.  La suivante est limpide, sans bouger.  Le toro embiste la tête à mi hauteur et tire des derrotes.  La faena se décompose un peu, le torero se croise et tire les passes à ce Cuadri à qui il manque le tronçon final de la passe.  Dans les cornes le Matador est surpris et reçoit un coup de plat de corne au visage.  1/2  épée perpendiculaire et atravesada sans s’appuyer.  Trois descabellos.  Palmas au toro.  Palmas et salut au tiers.

Luis BOLIVAR donne de bonnes véroniques, en gagnant du terrain, sans effet sur le public à son premier Cuadri.  Le toro prend avec classe et en poussant une première pique.  Il en sort affaibli.  La seconde est pour la forme.  Le second tiers est laborieux.  Bolivar cite de loin et le toro ne s’élance pas.  La messe est dite le toro est arrêté.  Série de pinchazos et 3/4  desprendida.  Silence.

BOLIVAR reçoit le dernier, jambe pliée, puis debout, en gagnant du terrain.  Le public est froid.  Ismael ALCON avec l’aide de son Matador essaye de réitérer le bon tiers de pique du compañero Sandoval.  L’effort est notable le résultat moins par la faute du toro.  Ce dernier semble s’aviser en banderilles.  BOLIVAR débute la faena en se replaçant après chaque passe.  Il y a du vent et le Cuadri garde la tête haute.  Les passes sont une par une car le toro ne répète pas.  Dans une série à droite BOLIVAR attaque le toro et arrache des passes enchainées.  Entière desprendida et atravesada.  Silence.

Arènes pleines.

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