Madrid 08/06/2013 L’Ombre de IBAN fait vaciller la terna.

Après un mois de Toros dans les Arènes de Las Ventas c’est encore une déception qui était au rendez-vous.  Les toros de Baltasar  IBAN n’ont été que l’ombre de leur grandeur passée, en cela ils sont apparus comme de nombreuses autres ganaderias qui durant ce long cycle ont déçues par des comportements non conformes à leur meilleure réputation.  Les toros actuels manquent de durée, de classe et surtout de poussée, c’est-à-dire de cette envie sauvage d’attraper leur proie qui en font des animaux sauvages.   Il serait temps de passer commande aux ganaderos de tous bords, d’un ganado sauvage et libre d’exprimer ses instincts, ceux qui procurent l’émotion dans le toreo lorsqu’un torero accepte de risquer sa vie pour créer le beau et le dominateur.

Les IBAN n’avaient pas un poil de gras superflu.  Ils étaient mêmes pour certains justes de présentation avec des trains arrière sous développés (les 1° et 6°), une morphologie avacada (le 4°) ou des têtes anovilladas (le 2° qui a été remplacé).  Ce que ces bichos ont eu de positif c’est un comportement en relief, pas la fadeur du mono encaste habituel.  On peut se poser la question de savoir si une lidia plus nuancée aurait permis de tirer meilleur parti des toros.

Diego URDIALES est un torero pur et sincère de l’escalafon.  Son premier IBAN cornalon et ouvert de pointes  se freine et saute dans la cape.  Il attaque prématurément le cheval et mansea.  Lors de la seconde rencontre il attaque fort et renverse la monture.  Il est violent dans le capote.  Placé à nouveau loin du cheval il attaque comme un brave et refait tomber le cheval.  Ayant été peu chatié il est remis en suerte une quatrième fois par BAUTISTA, à mi distance, pour une dernière pique où il va et sort en manso.  URDIALES tente de châtier par le bas, puis de changer de terrain à cause du vent.  Tout ce qu’il fait il le fait bien et avec sincérité.  Le toro est violent et incertain tirant des derrotes. La faena est courte avec des essais sur les deux cornes.  Demie épée tendida, caida, atravesada, en arrière.  4 descabellos.  Sifflets aux toros et Silence.

Le second de URDIALES est un toro à l’apparence avacada (de vache).  Il n’a pas de poussée dans les véroniques et delantales.  Le torero l’enmène au cheval par galeo.  Le bicho y est mal piqué même si pour la seconde rencontre il est placé loin.  BAUTISTA fait un quite par 2 chicuelinas et demie.  Le toro se plaint en banderilles et bouge la tête dans les capes (calamocheo).  Malgré cela URDIALES brinde au public.  Il tente de réaliser une faena sur les deux cornes en présentant la muleta avec sincérité et embarquant dans la pansa de la muleta.  Mais les défauts du IBAN empêchent tout lucimiento.  Deux pinchazos hondo, avis, descabello.  Silence.

Juan BAUTISTA  voit son premier IBAN anovillado être remplacé après s’être cassé la corne droite contre le peto.  Il est remplacé par un Montecillo volumineux, musclé, acucharado.  Le toro met la tête par le bas mais se serre.  Il attaque le cheval en cours de placement et pousse.  Il est peu piqué ensuite.  Dans la muleta le toro attaque fort et se retourne rapidement.  Puis il devient tardo.  BAUTISTA d’abord tranquille, n’est pas à l’aise, par la suite, avec les velléités de l’animal.  Pinchazo, 3/4  d’épée en allongeant le bras, perpendiculaire et atravesada.  Deux descabellos.

Son second IBAN est sérieux de présentation et armé.  BAUTISTA ne s’accouple pas avec lui à la cape.  Encore un toro qui attaque le cheval prématurément.  La pique est en arrière et le toro pousse sous une carioca.  Placé loin du cheval pour la deuxième rencontre,  il attaque et est piqué fortement avant que le palo ne soit relevé.  Brindis Personnel.  Dans son style épuré BAUTISTA tente d’allonger l’intéressante charge du IBAN.  Il lui manque un peu d’intention et de conviction pour tirer le meilleur parti de la charge.  Deux pinchazos avant entière en allongeant le bras.  Palmas au toro et sifflets au torero.

David MORA affronte en premier lieu un BASTONITO toro fin et zancudo, acucharado de cornes, qui n’a rien avoir avec son illustre et brave ancètre combattu ici même en 1994 par César RINCON.  Les véroniques sont données en chargeant la suerte, en s’engageant  et en gagnant du terrain.  Le bicho s’emploi longuement dans une première rencontre tête haute.  Puis MORA laisse le toro en suerte par deux medias.  Le toro répond au premier toque du picador, il est bien piqué.  MORA montre sa décision avec un quite par gaoneras très serrées, manquant se faire emporter.  Brindis au public.  Comme souvent on voit clairement le courage et la décision du torero.  Mais il s’évertue aussi à toréer fuera de cacho ce qui avec des opposants autre que les Domecqs monotypes, pose problème.  Début par doblones  suivis par des passages sur les deux cornes,  le toro est parado n’admettant pas les toques en position marginale.  En fin de faena la sensation est celle d’une impuissance du torero.  Entière caida en entrant droit.  Palmas au toro et sifflets.

La feria se termine par la lidia d’un toro fin, très armé et ouvert.  Il est abanto et distrait.  Manso au cheval il complique le tiers de banderilles.  Les doblones de début de faena sont dominateurs.  Toujours le même choix technique de la part du torero.  L’animal est  arrêté et l’ensemble transmet une grande soseria.  Epée en arrière et basse.

Moins de demi-arène, temps gris et quelques gouttes de pluie.

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