Madrid – 8 octobre 2021 – Un toro de Jandilla et un autre de Victoriano del Río ne peuvent sauver la corrida de la mediocrité.

La corrida du 24 septembre reportée à aujourd’hui subissait quelques changements relatifs aux toros de Jandilla et de Victoriano del Río programmés et déjà attribués au sorteo du matin aux trois matadors : Diego Urdiales, José María Manzanares et Paco Ureña. En effet, certains auraient eu six ans ce mois-ci et pour une question de règlement local, ils ne pouvaient être combattus  avec cet âge avancé et les deux ganaderos ont dû les ramener à la finca et les remplacer par des toros en âge règlementaire c’est-à-dire de quatre et cinq ans. Donc, avaient lieu sous un beau soleil automnal le nouveau sorteo et, cet après-midi, la corrida avec une très belle entrée malgré le début du pont de la Hispanidad et Fête Nationale espagnole, mardi prochain, 12 octobre. Justement le cartel ne pouvait être meilleur avec trois matadors de styles différents chacun face à un toro de Jandilla et autre de Victoriano del Río. Malgré le soin qu’aient apporté les deux ganaderos, on veut bien le croire, le résultat final était plutôt négatif. Le 1er de Jandilla et le 6ème de Victoriano del Río étaient inaptes à combattre, de faiblesse déclarée dès sa sortie du toril pour le premier, d’un handicap du train arrière pour le  dernier qui allait s’accentuant au fil de la lidia. Le 3ème et le 5ème pourraient recevoir un accessit au tableau d’honneur – s’il y en avait un… – des toros faits pour briller.

Diego Urdiales recevait en premier un jandilla dont le corps disparaissait derrière une encornure démesurée, 515 kg et cinq ans. Dès son passage ? dans la cape, on devinait ce qui allait suivre : deux piques très, très dosée en simulacre et perte d’équilibre à la sortie. Malgré la faiblesse notoire de cet exemplaire, le président ordonnait le changement pour le deuxième tercio, le public protestait. Ce qu’on attendait ensuite arrivait, à la troisième passe de muleta le toro pliait des antérieurs et tirait des coups de tête par le haut pour rester sur ses pattes. Le toreo en douceur de Diego Urdiales, principalement sur la gauche, évitait les chutes. Une estocade desprendida écourtait le supplice… du public. Le 4ème, joli, long, cornes large ouvertes et respectables, passait dans la cape de Diego, des véroniques  et une demie accrochée et desarme. Les piques étaient encore bien dosées, placées et vite relevées. Peu de codicia ni fixité de ce toro. Avec ce matériel « El Victor » plantait ses banderilles avec sobriété et efficacité et Diego Urdiales ne pouvait que donner des naturelles, une à une, le toro s’arrêtant en fins de passes, le tout sans continuité ni ligazón. Le public restait impassible par respect ou par ennui ? Facile à l’épée, Diego plaçait une estocade entière, mais un avis sonnait avant quelques descabellos.

José María Manzanares recevait son premier de Jandilla par des véroniques et le toro sortait de la cape avant le remate et aller chercher un autre terrain. Sous les piques, il reculait plus qu’il ne chargeait. Paco Ureña réalisait un quite risqué par gaoneras très serrées vu l’ampleur des cornes de ce toro, cinqueño aussi, de 531 kg. Daniel Duarte se distinguait aux banderilles. La faena de muleta était le signe de la bonne disposition de JMM, face à un toro retors, dont les réactions en fins de passes l’obligeaient à se repositionner. Il insistait alors que ce toro était plus dangereux qu’il ne paraissait, du genio et dangerosité occultée par la fermeté du torero d’Alicante. Il parvenait à réaliser une série de derechazos, liée celle-là, aspirant véritablementt le toro dans la muleta. La série suivante n’était pas aussi bien réussie, le toro tirant des derrotes. Un pinchazo, entrant mal et une estocade entière d’effet rapide, achevaient cette faena plus méritoire qu’il ne paraissait à cause du risque couru. Le 5ème, un magnifique toro, sardo de pelage, de belles hechuras et trapío 577 kg, cuatreño, indiquait dès les premiers capotazos des qualités et des défauts à la fois : premières charges longues qui se réduisaient ensuite. Pour la première pique, JMM plaçait le toro à bonne distance, qui s’élançait et culbutait le cheval monté par Paco María qui portait une magnifique puya à la seconde rencontre avec le même élan du toro. Cette fois Daniel Duarte se faisait remarquer à la brega et « Mambru » était applaudi aux banderilles. La faena débutait par des doblones « templés », un joli changement de main et passe de poitrine, suite de passes qui profitait des bonnes conditions de ce toro nommé « Casero ». Les passes de la droite confirmaient l’impression du début, le toro restait court sur ses charges. Malgré tout JMM allongeait et enchaînait les passes, pico ?, de ce style personnel, que certains désapprouvent, que d’autres pardonnent séduits par l’empaque et l’élégance naturelle du torero. Sur la gauche, ce n’était pas aussi parfait, la cogida dans un trincherazo confirmait la difficulté que commençait à montrer ce toro brave mais incomplet. JMM continuait à toréer comme si le toro était parfait pour terminer par des tentatives de tuer à recibir ?? pour se résoudre à la suerte normale pour deux pinchazos et une estocade entière, le tout assorti d’un avis.

Paco Ureña touchait son premier, un jandilla de belles hechuras, 537 kg. cinqueño, plutôt râblé, cornes « normales », un toro qu’on se plairait à toréer. Les première véroniques, vibrantes, « templées » accompagnées par le « temple » de la charge, auguraient de belles choses. Bien piqué par Oscar Bernal, la faena de muleta commençait bien par des doblones longs mais peu à peu le toro « protestait » et ne passait plus dans la muleta avec autant de facilité qu’au début. Le cite à distance et les passes liées en suivant indiquaient que le toro perdait sa qualité de charge initiale. La faena, de structure désordonnée, se dissipait dans des séries tantôt à distance, pieds joints pour des naturelles, tantôt rapprochées avec à la clé une cogida et légère blessure à l’arrière de la jambe gauche. Des ayudados par le bas prétendaient faire remonter le niveau de la faena qui était entachée d’une demi-estocade suivie cde plusieurs descabellos. Le 6ème, à mesure du temps qui passait, le handicap et la faiblesse du train arrière s’accentuaient et rendait impossible toute tentative de lidia. Deux pinchazos et une estocade entière en terminaient tant bien que mal avec cette prestation incomplète de Paco Ureña

Diego Urdiales: silence aux deux. José María Manzanares: saluts; un avis et saluts. Paco Ureña: un avis et saluts; silence. Paco María était ovationné après les piques au 5èmeDaniel Duarte aux banderilles et à la brega,  Manuel Rodríguez “Mambru” aux banderilles au 5ème , tous trois de la cuadrilla de J.M.Manzanares. Applaudissements à l’arrastre du 5ème.

Georges Marcillac

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