Mont-de-Marsan – 23 juillet 2022 – 4ème de La Madeleine – Le toreo pur d’Álvaro Alarcón marque la novillada matinale avec de bons novillos de Cuillé.

Il est une bonne initiative qu’une feria comme La Madeleine puisse inclure à son programme une novillada et à plus forte raison d’un élevage français. C’était le cas cette année avec les novillos de Cuillé (cheptel d’origine espagnole, de Miranda de Pericalvo (JP Domecq)). La famille Cuillé devrait être satisfaite du résultat de la novillada courue ce matin au Plumaçon pour les novilleros Yon Lamothe de Mont-de-Marsan, Álvaro Alarcón de Torrijos (Tolède) et Cristian Parejo de Chiclana (Cadix). De bonne présentation, sans exagération de cornes – les trois derniers, playeros – ils eurent un bon comportement face aux chevaux, recevant les deux piques règlementaires, bien dosées la plupart et tenant le coup pour la suite. Le 4ème, de nom « Gitano », poussait fort le cheval monté par Pedro Itturalde et provoquait une chute contre les barrières ; la deuxième rencontre, après un bon élan, presque désarçonné le picador, le novillo recevait une nouvelle bonne pique,  bien soutenue, Musique: cela mérite dêtre souligné. Ovation au picador. A divers égards et selon leur style, les novilleros montraient des qualités, Álvaro Alarcón, le triomphateur de la dernière San Isidro de Madrid, confirmait la bonne conception qu’il a du toreo et sortait a hombros de Plumaçon. Chacun à son leur tour, les trois réalisèrent les quites qui leur correspondaient, avec une variété de suertes bien apprises et bien exécutées.

Yon Lamothe profitait des belles charges du 1er en « templant » des passes de la droite après un cite du centre de la piste. Ce novillo « humiliait » à un rythme lent et permettait de bonnes séries, plus régulier sur la droite.  Agrémentées de capeína, d’arrucina  et de luquecinas les dernières séries marquaient une baisse de régime du novillo. Malheureux à la mort, épée atravesada, style mousquetaire…. suivie d’une entière, Yon sortait accroché sans dommage. Sonnait un avis. Le 4ème avait des charges différentes à chaque passage dans la muleta, cabeceo en cours de passe, coup de tête en l’air à la sortie, mais se calmait quand la muleta lui était présentée par le bas, A la fin, il se réservait pour finir rajado. Un pinchazo précédait une estocade qui roulait le novillo.

Álvaro Alarcón réalisait la faena presque parfaite, dans un style pur, sobre, castillan, sans un seul enganchón de la muleta. Ceci au 5ème après un brindis à ses deux compagnons de cartel dans un joli geste « torero ».  Ce novillo gardait la tête à mi-hauteur mais avait une charge longue s’ « ouvrant » en fins de passes. Le temple des derechazos et naturelles, le positionnement, les passes de poitrine finales, le tout avec mesure, sans geste inutile, Álvaro Alarcón déployait une clairvoyance rare même dans des luquecinas qui auraient pu être ratées car le novillo se désunnissait sur la fin et jetait des coups de tête en l’air… là non plus pas d’accrochage de muleta ! L’estocade desprendida suffisait et l’oreille demandée était concédée. Á son premier, les statuaires, la passe de la firma et celle de poitrine du début de faena donnaient la première note de ce qu’allait être l’ actuación du Tolédan. Le novillo, brusque dans ses charges,  protestait dans la muleta, il était néanmoins conduit avec mando, Des naturelles émergeaient de l’ensemble. Les bernadinas et manoletinas finales étaient un peu embrouillées, rattrapées par des passes aidées par le haut très toreras. Un pinchazo avant l’estocade entière en bonne place. Oreille.

Cristian Parejo est d’un autre style, il est andalou, et cela se voit, dans son attitude, ses gestes gracieux à la cape et à la muleta. Á la première faena, le novillo  ne se déplaçait pas suffisamment pour imprimer aux passes la netteté idéale, sans « humilier », n’avançant plus tellement sur la fin,  Cristian se démenait en employant tout un répertoire de passes - circular invertido, molinete, trincherilla, etc – pour terminer par deux pinchazos et une épée desprendida. Un avis. Au 6ème, accueilli par une larga cambiada de rodilla et par de bonnes véroniques et temple, chicuelinas et revolera, Cristian Parejo entamait la faena de muleta par un péndulo doublé et passes de poitrine, le tout sans corriger sa position. Le novillo et le novillero, à l’unisson, apportaient à la faena un entrain et une transmission de bon aloi. Mais une baisse de régime du novillo conduisaitt Parejo à recourir intelligemment à des passes par le haut, un circular inversé, et des naturelles par le bas avant de porter une estocade très en arrière…. et l’oreille était accordée.

Yon Lamothe : un avis et saluts ; saluts. Ávaro Alarcón : une oreille aux deux ; sortie a hombros. Cristian Parej : un avis et saluts ;une oreille. Le picador Pedro Itturalde: ovationné au 4ème,  de même que Mathieu Guillon et Manolo de los Reyes saluaient aux banderilles, tous de la cuadrilla de Yon Lamothe. On remarquait Andrès Revuelta et Alberto Zayas de la cuadrilla d’Álvaro Alarcón au 2ème avec les banderilles.

Georges Marcillac

Photos d'André Viard our mundotoro.com

Ce contenu a été publié dans France, Général, Georges Marcillac Escritos. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.