SEVILLE 23/09/12 Porte du Prince pour MANZANARES et Oreille pour TALAVANTE.

Deux Corridas distinctes ont eu lieu aujourd’hui à Séville. L’ensemble est allé de mas a menos. La frontière s’est située entre Cuvillo et Juan Pedro.  Nous avons eu droit à un patchwork de présentation et de sérieux des toros.  Une arène de première catégorie devrait s’enorgueillir de présenter des lots homogènes, mais la réalité fut autre.

Le premier Nuñez Del Cuvillo, Trampilla, est le toro de la corrida.  Il est cuajado (fait), un trapio de toro et son comportement est  à l’image.  Manzanares va a Puerta Gayola.  Le public acclame le geste.  Manzanares se recueille la main sur l’épaule.  La larga cambiada à genoux est propre, et les véroniques qui suivent, les chicuelinas, et la media expriment la détermination d’un torero qui est venu en conquérant.  Enorme, il ne cède pas un pouce de terrain.  Le sérieux Cuvillo est à la peine sous le peto.  Il pousse mais accuse l’effort.  Talavante dessine un quite par chicuelinas.  Puis en Banderilles le toro appui et met en difficulté d’abord Curro Javier qui aguante la charge et après Luis Blazquez qui trébuche et se fait maltraiter pendant d’interminables secondes au sol par le toro contre les planches.  Il est emporté à l’infirmerie.  Dans cette ambiance électrique Manzanares continue comme il a commencé.  Déterminé et dominateur.  Il prend la mesure du temple du toro et le passe sans hésitation lentement en laissant la muleta devant le museau à la sortie de chaque passe.  Les caractéristiques du Cuvillo justifient cette technique.  A gauche Manzanares dessine une série de menos a mas en exécutant les toques avec précision face à l’agressivité du toro.  Un retour à droite en restant fuera de cacho le met en difficulté à tel point qu’en essayant une arruzina il est soulevé et jeté à terre.  Retour à droite pour démontrer qu’il maitrise la situation. Entière à recibir, contraire.  Lutte à mort du Cuvillo et deux oreilles incontestables pour Manzanares.  Avec ses deux autres opposants de Juan Pedro les évènements prennent une autre tournure.  Les trois Juan Pedros de la corrida sont terciados, anovillados, mal présentés et sans relief.  Manzanares ira une deuxième fois à puerta gayola et exécutera un capoteo tonitruant et valeureux par chicuelinas et tafallera de recours avant d’être mis sérieusement en danger à découvert.  Si ce premier Juan Pedro, second de Manzanares permet à Trujillo en banderilles et à Curro Javier au capote de briller, il arrivera dégonflé à la muleta et ne permettra rien.   Le troisième Juan Pedro de Manzanares qui ne sera pas piqué et ne transmettra aucune émotion, lui permettra cependant de dessiner une faena esthétique, toujours dans le même style où le toro ne sort pas de la muleta et où le torero reste hors de la trajectoire.  Une oreille demandée par un public enthousiasmé après pinchazo hondo et tendido, avis et descabello.

Talavante touche un premier Cuvillo, sérieux.  Il le reçoit vaillamment, à puerta gayola par une larga cambiada de rodillas pour montrer que lui aussi est venu en conquérant.  Le toro met Talavante à l’épreuve.  Durant toute la faena  il tire des derrotes et Talavante aguante.  Les passes sont données en ligne droite par nécessité.    Au milieu de faena, alors que le vent gène, Talavante choisit de rester fuera de cacho (en dehors de la trajectoire) à droite, terminant par un molinete.  La muleta est touchée mais le comportement est vaillant.  La même chose à gauche en faisant ostensiblement le pont (décoller la muleta du corps) et molinete final.  Retour à droite dans le même style au milieu d’une grande émotion due aux caractéristiques du toroPinchazo et 1/2  en arrière.  Palmas et salut.  A son second de Juan Pedro qui transmet peu d’émotions, il dessine une faena variée qui distrait le public. Epée en arrière et horizontale. Une oreille.  Son troisième,  le dernier de Cuvillo, est brusque et se retourne vite dans la muleta.  Rapidement le public et le torero se rendent compte qu’il ne pourra pas accompagner Manzanares.  Toutefois Talavante fait l’effort et baisse la main.  Il est mis en difficulté et reste digne.  Pinchazo, épée entière et descabello.  Palmas et saludo.

Manzanares par la Porte du Prince.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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