Valdemorillo – 4 février 2017 – 1ère de feria – Deux oreilles pour « Paulita » .

Valdemorillo est une municipalité de la sierra de Guadarrama de Madrid de 12.000 habitants qui célèbre ses fêtes pour la San Blas et La Candelaria. Situé a 42 km de la capitale,  Valdemorillo fut un centre de fabrication de porcelaine, céramique et verre dont les derniers vestiges de cette industrie s’élèvent sur les hauteurs du village en la présence de trois cheminées de briques au pied desquelles s’installèrent des arènes démontables qui furent ensuite déplacées à plusieurs sites de la commune. Ce n’est qu’en 2003 que fut inaugurée une Plaza de Toros en dur, nommée La Candelaria, et qui, finalement, reçut une coupole de couverture pour la feria de 2007.

La construction fut adjugée au constructeur et éleveur de toros braves Antonio San Román. Y aurait-il un rapport de cause à effet en ce qui concerne la présence répétée de ses toros lors des dernières ferias ? Cette première feria de l’année attire de nombreux aficionados et professionnels – taurinos de Madrid et d’ailleurs –  et cette année on a pu reconnaître dans le public des matadors et subalternes en activité ou retirés, empresarios,etc. On remarquait l’ex-torera Cristina Sánchez qui commentait les corridas pour Castilla-La-Mancha-Televisión. La chaîne Movistar+ Toros retransmettait aussi ces corridas.

La feria 2017 débutait par une corrida justement d’Antonio San Roman dont les toros portaient encore le fer de l´élevage de Carmen Segovia (origine Torrestrella) de récente acquisition. De présentation variée, les quatre derniers de 520 à 560 kg affichés, possédaient les hechuras très acceptables pour cette place de 3ème catégorie. Tous recevaient une pique avec plus au moins de bonheur avec quelque faiblesse pour les deux premiers toros qui perdaient l’équilibre à plusieurs reprises mais allaient a más comme, d’ailleurs leurs autres congénères, montrant un fond de caste sans trop d’agressivité dont surent s’accommoder les trois toreros avec plus ou moins de réussite.

“Paulita” a hombros – Photo Cultoro.

Le triomphateur de l’après-midi était Luis Antonio Gaspar « Paulita » qui rééditait son succès de l’an dernier au toro sorti en cinquième position, un toro qui se définissait dès les premiers muletazos sans trop « humiller » mais avec la noblesse suffisante et répétition pour permettre au torero aragonais de dessiner de belles passes droitières, la plupart, car à gauche il n’existait pas la même compénétration toro-torero. Faena bien structurée par des doblones au début et ayudados por alto à la fin pour être conclue par une estocade un peu tombée mais efficace. Les deux oreilles étaient concédées avec une légère réclamation de vuelta al ruedo non méritée pour le toro…. Son premier, accueilli par de belles véroniques, montrait des défauts de tête – calamocheo – dans la muleta et derrote en fins de passes. Il n’y avait rien à espérer de mieux qu’une estocade efficace pour en terminer.

Manuel Jesús « El Cid » était le chef de cartel surprenant en raison de sa carrière de vedette, de la catégorie de la plaza et de cette feria précoce. Il a changé d’apoderados et remplacé en partie les membres de sa cuadrilla… Son désir de commencer d’un bon pied pour une saison, qui va s’avérer difficile, était récompensé par le tirage au sort de son premier toro, faible mais vaillant, de charge descompuesta, vive et constante, auquel il servait, décontracté, une faena intelligente menée à mi-hauteur et distance uitlisant le pico sans en abuser, sans « obliger » l’animal qu’il terminait par un pase circular complet terminé par un changement de main. Trois-quarts d’épée un peu horizontale. Une oreille. Au 4ème, un toro bien fait de cornes, negro, bragado, meano, girón de cape, la faena était bien commencée avec un cite à distance mais ensuite les passes longues au début devenaient moins fluides par suite des accrochages de la muleta à gauche et les hachazos des fins de passes droitières. En portant l’estocade, « El Cid » souffrait un coup de corne sans conséquence pour un pinchazo hondo et il concluait par une entière et un descabello.

Iván Fandiño, lui aussi, débutait la temporada aussi tôt sans doute pour redorer un blason terni au cours des deux années précédentes. Sa prestation à ses deux toros de Valdemorillo n’allait pas l’aider ou bien lui-même n’était pas en forme malgré son désir visible de bien faire. Deux faenas où il ne trouvait pas la distance – sauf en une série de la droite – pour corriger un défaut de tête manifeste du 3èmesan-roman et  au dernier il donnait des passes sans transmission à un toro qui entrait dans la muleta sans entrega, répétitif dans ses charges comme un automate. Une estocade dramatique à son premier aurait pu mal se terminer car pris à l’abdomen, Iván Fandiño restait suspendu à la pointe de la corne droite, il était resté « sur la face » à la merci de la corne… pour un pinchazo suivi d’une entière contraire et un descabello. Au dernier, son style de spadassin n’était pas très orthodoxe ni efficace.

Une heure avant le paseo, était découverte une plaque/azulejo à la mémoire de Victor Barrio triomphateur absolu des ferias de La Candelaria en 2011 comme novillero et 2015 comme matador de toros.

Manuel Jesús “El Cid” : un oreille et ovation et salut au tercio. « Paulita » : sience ; deux oreilles et sortie a hombros. Iván Fandiño : un avis et saluts ; silence.

Georges Marcillac

Ce contenu a été publié dans Général. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.