Valdemorillo (Madrid) – 8 février 2020 – 1ère de Feria – Une oreille pour José Garrido – Bonne impression de David de Miranda. Détails de torería de Juan Ortega.

L’inauguration de la temporada espagnole avait pour cadre La Candelaria, les arènes couvertes de Valdemorillo qui célèbre en début d’année la Fête de San Blas. La nouvelle empresa, Espacios Nautalia 360 , une succursale de Plaza 1 – avait monté un cartel attractif avec trois jeunes toreros en la personne de Juan Ortega, José Garrido et David de Miranda pour des toros d’Alcurrucén. Pour cela les gradins étaient couverts aux 4/5 avec beaucoup d’aficionados du mundillo madrilène. L’ambiance aux guichets révélait l’engouement pour cette affiche ainsi que le plaisir non caché de retrouver parfois des voisins habitués de Las Ventas, après la trêve hivernale. On attendait Juan Ortega et c’est David de Mirande qui se montrait le plus volontaire et talentueux.  José Garrido cherchait le succès et l’obtenait avec réserve d’une partie du public. Le lot d’Alcurrucén, inégal avec un 5ème, cubeto,  protesté dès sa sortie su toril, de même que le 1er dont la course laissait à désirer. Le reste avait un trapío honnête pour  cette place de 3ème catégorie. Les pensionnaires de la famille Lozano n’apportaient guère de difficultés si ce n’est une irrégularité dans les charges, nobles il est vrai, distraits aussi, ce qui provoquait des faenas décousues pour la plupart. La mono-pique s’imposait avec un combat honorable – trop court à mon goût – du 2ème sous le cheval, exhibant une bravoure et qualité de charge à la muleta.

José Garrido touchait donc ce toro, vif à la sortie du toril, fixé à la cape par des delantales et ensuite par des véroniques gagnant du terrain jusqu’au centre du ruedo. Un quite brillant, par chicuelinas, la rencontre au cheval confirmaient la qualité d’«Afectuoso» nº168, de 515 kg à la bascule et presque cinq ans  (05/2014). Le bon début de faena était suivi d’une série de la droite, toro « humilié ». La série suivante, de la gauche,  était terminée par une génuflexion corrigée ensuite par des passes sans trop obliger le toro, à mi-hauteur. Une meilleure série de la droite et un changement de main avec remate et passe  de poitrine marquaient  le sommet de la faena. Un joli trasteo de fin de faena précédait un infâme bajonazo – supposé involontaire – et deux descabellos qui refroidissaient la possible demande d’oreille… Au 5ème, sous les prtestations justifiées du public pour l’indécente encornure, José Garrido se démenait  avec une entame et un final de faena à genoux, par des passes hautes et manoletinas respectivement.  Au cours de la faena l’alcurrucén, tantôt chargeait, tantôt se réservait, répétait dans la muleta parfois pas, avec noblesse mais sans transmission, sortant des passes, distrait. Pour la quantité de passes et l’efficacité de l’estocade entière, légèrement desprendida, l’oreille demandée était accordée.

Juan Ortega régalait ses partisans par une magnifique véronique sur la gauche, isolée au milieu de capotazos qui laissaient deviner la faiblesse du 1er, cinqueño, ainsi qu’un début de faena par doblones, supérieurs, « templés ». Une naturelle un changement de main, le tout limpide et pur, émergeaient de la faena à ce toro faiblard qui ne permettait pas le lié souhaité. Des passes aidées par le haut étaient sensées fixer le toro pour la mise à mort.  Distrait le toro, recevait deux pinchazos et deux descabellos tandis que le matador écoutait un avis. Le 4ème, dans un va-et-vient incessant finissait par être fixé par la cape de Juan Ortega, meilleure la charge ainsi que les véroniques sur le côté gauche. La faena était aussi inégale que l’était l’attitude du toro, le torero était obligé de «perdre des pas» entre passes et passes, parfois de belle facture, dans plusieurs terrains, sans continuité ni quiétude nécessaires. La faena s’éternisait sans raison. Une estocade entière, horizontale, desprendida.

David de Miranda réalisait le meilleur trasteo au 6ème, le plus compliqué du lot, sans exagération toutefois. Ce dernier se freinait dans les capes mais il allait au cheval pour une bonne pique, bien portée et bien placée. Quite par tafalleras. La faena était commencée par des statuaires et remate à ce toro également distrait. Il poursuivait par des passes longues, à toro « humilié » qui parfois s’arrêtait à mi-passe  devant le torero imperturbable qui, de la sorte,  prolongeait la charge. Les naturelles étaient de bonne facture mais l’animal ne collaborait pas pour leur enchaînement. Les bernadinas, des deux côtés, assorties de la passe de poitrine terminaient une faena que David de Miranda avait dominé, de bout en bout. Il sût s’accommoder des difficultés, sans défaillance devant les hésitations du toro, mirón. L’estocade totalement ratée, très basse, éliminait toute chance de gagner l’oreille méritée sans cela.

             

 

Le 3ème avait une charge et démarrages forts avec le défaut de traîner  les pattes arrières Après une pique mouvementée, coups de têtes dans le peto,  le torero de Huelva  exécutait un quite par saltillerass émouvantes , le capote caché dans le dos et déployé au dernier moment de l’embroque. Le péndulo du début de faena, au centre de la piste, était  doublé dans le terrain du toril… Cela obligeait le torero à changer de terrain mais, là, le toro ne chargeait presque plus ou bien le faisait mollement sans transmission. La faena était prolongée  sans raison. Estocade horizontale un peu tombée.

Juan Ortega : un avis et saluts ; un avis et silence. José Garrido : saluts; une oreille. David de Miranda : silence ; applaudissements. Le 3ème alcurrucén était applaudi à l’arrastre. Le picador José Cartes recevait une ovation au 6ème.

Georges Marcillac

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