MADRID 19/05/2012 Le potentiel inachevé d’une corrida de TORRESTRELLA

Une pluie de grêle a mis en doute la détermination du conclave quelques minutes avant la course.  Mais lorsqu’ont sonnés les timbales, l’Aficion de Madrid s’est ruée à ses places et a fait face aux quelques chutes de pluies qui ont continuées en début de festejo.  La Infanta faisait une nouvelle fois honneur à la “fiesta nacional” depuis le palco royal.

Il existe deux lectures possibles de cette corrida de Torrestrella.  Celle du point de vue des Toreros qui dirait que les conditions atmosphériques de pluie et de vent, alliés au peu de durabilité des toros et pour certains, à quelques aspérités de comportement,  ont rendu impossible une œuvre complète et un triomphe.  L’autre lecture dirait que certains Torrestrellas ont donné des embestidas de qualité et des débuts de combat vibrant et que l’opportunité était là tout autant qu’elle fut saisie à la fois par les cuadrillas, en appliquant des bregas adaptées pour conserver force et allant des toros, et  les Maestros  en désirant à tout prix le succès à Madrid et en risquant le tout pour le tout.  Mon sentiment est plutôt celui du point de vue des Toros.

Le premier Torrestrella de Juan BAUTISTA est superbe de présentation, burraco, astifino, veleto.  Les véroniques sont templées et conduisent le bicho qui embiste par le bas avec le défaut de ne pas répéter.  La première pique est donnée al relance, elle est basse, le toro pousse la tête relevée et fini parallèle au cheval.  BAUTISTA mène le toro pour la seconde pique par chicuelinas qui ne fonctionnent pas, puis par delantales en recours. Piqué en arrière le toro ne veut pas le combat.  Quite par véroniques de Tejela gênées par le vent.  Le toro est distrait de comportement.  Curro Robles est ovationné pour sa seconde paire.  Brindis à la Infanta.  Dans les premières passes à droite le toro embiste par le bas et sort de la passe en laissant le temps de préparer la passe suivante.  Sur une passe droitière il vient sur le torero.  La série suivante est donnée à mi hauteur à droite.  L’intensité se réduit.  Le toro raccourcit sa charge.  A gauche BAUTISTA n’est pas à l’aise.  Il hésite à utiliser l’épée ou pas pour donner les naturelles, il bouge.  Au retour à droite, le toro tire des derrotes  dans la muleta et garde la tête haute. L’épée est mal portée et résulte caida et tendida.  Son second Torrestrella, très bien présenté, répète dans le capote avec la tête à mi hauteur.  BAUTISTA dessine des véroniques et une media à genoux puis une autre media sur le retour.  Pas de réaction du public.  Bien pris en avant à la première pique le picador rectifie vers l’arrière.   Combat peu intense avec la tête à mi hauteur.  Faiblesse à la sortie.  Quite de deux passes de BAUTISTA avant de renvoyer le bicho pour une pique courte et en arrière.  Quite sans éclat  par gaoneras de Tejela.  Dans la muleta le Torrestrella galope de loin mais montre de la faiblesse au moment de se retourner.  Une série à gauche avant un retour définitif à droite. Le bicho met bien la tête mais la relève à la sortie.  BAUTISTA essaye de perdre des pas entre les passes mais parait nerveux et ne transmet pas aux tendidos.  Il se profile en dehors de l’axe et laisse une épée en avant et desprendida protestée par les gradins.  Plusieurs descabellos.  Silence.

Le vainqueur du jour, mais celui qui pourrait avoir le plus de regrets c’est TEJELA.  Son premier est harmonieux.  Il fait l’avion dans le capote de TEJELA qui en profite pleinement et connecte avec les tendidos qui lui envoient des Olés et l’ovacionne.  TEJELA va être varié et inspiré au capote en menant le bicho au cheval par tapatias et larga.  La pique est mesurée.  Quite par 3 chicuelinas torées par le bas et media Belmontina.  Positionné loin le bicho va au cheval et est sorti rapidement.  Il n’a pas été possible de juger le toro au cheval.  TEJELA survolté demande la permission au président, puis a la Infanta et brinde au public.  Le début de faena est réalisé par les sempiternels Pendulos dans les tercios cette fois –ci alternés avec pase de costado, pecho et molinete.  La faena continue à droite dans une série ou je note que l’embestida du toro est de meilleure qualité que la néanmoins bonne série de TEJELA.  La troisième série à droite marque la perte de contrôle de TEJELA.  Elle est donnée en deux parties et le toro semble aller a menos.  Suivent trois séries à gauche à propos desquelles je note que le bicho, bien qu’ayant la bouche fermée, raccourci sa charge.   Pour moi TEJELA l’a désintéressé.  Fin de faena avec des bernardinas applaudies.  Estoconazo.  Le toro est relevé par le puntillero.  La pétition d’oreille est à mon avis minoritaire.  Quelques applaudissements au toro, bronca au président et Vuelta fêtée.  Le cinquième de l’après midi est le moins bien présenté, un toro pas rematé.  Inedit au capote, mal piqué en terrains de toriles, puis sorti rapidement de la deuxième pique, il est bien banderillé par Zamorano.  TEJELA est volontaire mais ne trouve pas de solutions face à cet opposant qui conjugue une embestida tête relevée et une certaine faiblesse.  Pinchazo, demi épée en arrière et deux descabellos.

Ayant vu El PAYO bon par le passé je ne le jugerai pas sur son actuation de ce jour.  Il est apparu déconcerté et sans recours.  Il est vrai que ses deux toros ont proposés des difficultés qu’un PAYO en pleine possession de ses moyens aurait toréé a cara y cruz avec le potentiel d’un grand triomphe en particulier avec le dernier qui transmettait, un très sérieux Torrestrella qui vendait cher sa peau mais sans guasa.  Compte tenu des circonstances je ne détaille pas.

Je ne sais pas quand cette corrida a été embarquée pour Madrid et si elle a subi un manejo pour enlever les fundas ces derniers jours.  Mais, si c’est le cas, j’aurais aimé voir ces toros sans cela.  On devine un bon fonds qui est la direction dans laquelle la fiesta doit aller.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
Ce contenu a été publié dans Madrid, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.