Séville 17 Avril 2016. Oreille pour Rafaelillo dans une brave Miurada.

imageTout a une fin et la Feria de Sevilla 2016 qui avait connu un début difficile a fini par atteindre des niveaux très élevés. La Miurada a été, entre les deux, une corrida intéressante. Les toros parfois faibles ont tous été prompts pour aller aux piques. Ils s’y sont employés à divers degrés selon leurs forces. Les trois toreros ont fait des efforts pour tirer le meilleur des bichos dont les qualités étaient variables. Rafaelillo a eu les passages les plus artistiques. Javier Castaño a été reçu par une chaleureuse ovation.

Rafaelillo reçoit le premier Miura sur les jambes et en allongeant les bras. Le toro est très hésitant et sa charge est courte, jetant les pattes en avant. À la pique le Miura pousse sans relâche et longuement. Il n’hésite pas un instant à recharger de loin pour une seconde ration d’Esquivel qui l’a durement châtié les deux fois. Brindis au public. Rafaelillo se confie dès le tanteo en deux passes par le bas de Olé ! À droite il se relâche, main gauche le long du corps parfois, en trois séries avec la musique, profitant de la charge devenue longue. Un desplante précède un passage à gauche d’une en une allant a más. Deux Pinchazos hondos, avis et descabellos. Palmas au toro. Palmas et salut au tiers.
Rafaelillo va a puerta gayola pour recevoir le TGV sorti en quatrième position par larga cambiada de rodillas, puis pour lui donner des véroniques, chicuelinas, demies et revolera fort réussies. Comme ses frères le Miura va au cheval sans se faire prier mais cette fois avec moins de classe, tête haute. José Mora effectue un tiers de banderilles supérieur sans saluer. Brindis à Castaño. Le début de faena en avançant vers le centre et par le haut est ferme et esthétique à la fois. Ces caractéristiques sont répétées dans la première série à droite. Musique. Rafaelillo aguante des regards et torée à mi hauteur car c’est comme cela que le toro embiste. Le passage à gauche est méthodique à toro tardo jusqu’au désarmé. Une dernière série à droite est donnée en essayant, sans succès, de lier dans le même terrain. Entière tendida. Palmas au toro. Oreille.

Le second Miura est massif et son galop est lancinant. Dans la cape de Castaño il fait des bonds et fléchit des pattes avant. Les deux piques sont prises sans velléités et avec mesure. Fernando Sánchez et Lipi saluent pour une prestation engagée aux Banderilles. Brindis personnel. Castaño, portant les stigmates de sa récente maladie, débute pas tanteo puis va au tiers. Il y torée à droite muleta terminant par le haut ce qui déclenche des brusqueries du Miura, puis il baisse la main, la série étant plus émouvante et le toro se jetant au sol tellement il derrote dans un pase de pecho. Castaño hésite longuement ensuite entre la droite et la gauche où il semble que le toro a de meilleures qualités. Pinchazo en passant à distance puis entière fulminante. Ovation et salut au tiers.
Le quinto, bien que le moins lourd du lot, a un magnifique trapio. Il se retourne comme un chat dans la cape et Castaño le mène aux medios. Au cheval il met les reins et sort seul les deux fois. Aux banderilles le toro coupe le terrain et met Marco Galán en difficulté, quant à Fernando Sanchez il s’impose en laissant une paire delantera. Le président change le tiers avec deux banderilles posées! Le début de trasteo est laborieux car le toro porte la tête haute et freine en sortie de muletazo. Les attaques sont brusques et irrégulières. Castaño enchaîne des passes sans recherche artistique. À gauche il se confie plus et étire le bras. Les embestidas du toro restent incomplètes. Le Matador fait l’effort sans grande réussite. 3/4 de lame en perdant la muleta. Avis. Palmas y pitos au toro. Palmas et salut au tercio.

Escribano va a puerta gayola pour une larga cambiada à genoux à son premier et surtout des véroniques et demies d’un relâchement et d’une douceur peu habituels avec ce type de toro, accompagnées de la musique. Le Miura va par deux fois en brave au cheval, chargeant avec promptitude à la seconde sollicitation. Escribano se charge de poser les bâtons de manière appliquée. C’est surtout le toro qui brille par son comportement, fixe sur la proie et prompt à répondre aux toques. L’intervention d’un espontaneo trouble l’ambiance. Brindis personnel. Début de faena aux medios, le toro venant de loin. Le Miura met la tête dans la muleta avec classe mais fléchit rapidement. Quelques muletazos mettent l’eau à la bouche. Escribano est tranquille effectuant des tentatives sur les deux cornes et toréant avec douceur. Entière caída. Palmas et salut.
Escribano reçoit le dernier toro de la féria, le plus lourd du lot, a puerta gayola pour une larga cambiada à genoux, puis des véroniques en allant d’abord en arrière puis en toréant plus à l’aise sur la corne gauche. Le bicho de Zahariche s’emploie promptement mais sans force sous la pique. Les banderilles d’Escribano sont appliquées, supérieure la dernière por dentro. Sonne le clarinazo pour marquer la fin de la féria. Brindis au public. Le toro galope en début de faena mais sa charge incertaine oblige Escribano à rompre d’abord. À gauche le trasteo livre de belles naturelles isolées d’abord, puis enchainées. Dans les derechazos qui suivent le toro tombe au sol. L’ambiance est plombée. Le toro est parado. Deux Pinchazos et entière. Sifflets au toro. Silence. René Philippe Arneodau.

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