A Porta Gaiola & A Puerta Gayola

Tous les Aficionados et une grande partie du public des arènes sont familiers avec la terminologie “A Puerta Gayola”.  Elle évoque en nous une émotion liée au risque pris par le Torero qui exécute la suerte.  Nous savons qu’aller à Puerta Gayola  signifie “se la jouer” , ” Jugarsela”  et nous vivons l’évènement à la fois avec  appréhension et admiration.

Pour celui qui découvre la terminologie et qui questionne autour de lui,  qui cherche sur internet ou dans les ouvrages spécialisés la définition de l’expression,  il découvrira que la suerte est décrite différemment selon les sources.  Donnons en quelques exemples :

1.       Le site Wikipedia définit comme suit :  A porta gayola désigne la suerte par laquelle le torero attend l’entrée du taureau dans l’arène, seul agenouillé devant la porte du toril au tout début d’une corrida”.

2.       Le Dictionnaire “Tauromachie – Histoire et Dictionnaire” nous explique : “Avant que le toro entre piste, le matador traverse lentement la piste sa cape sur l’épaule, et va se mettre face à la porte du toril, à genoux, cape déployée devant lui, pour attendre l’animal et le citer dès sa sortie pour un farol.”

3.       Le Cossio I ne définit pas l’expression Porta Gaiola ou Puerta Gayola.  La seule référence qui est faite, l’est à propos de la terminologie GAIOLA : ” Lusismo que significa jaulaEntre nosotros, y para los efectos taurinos, vale como chiquero o toril, y califica la suerte hecha en el toro a la salida de él”.

4.       Le Diccionario de Términos Taurinos de Pedro Beltran définit la terminologie  “Porta Gayola”: “Cualquier suerte que se realice frente a la puerta de los chiqueros a la salida del toro.  Esta denominación viene del Portugués, en el que significa “puerte de chiqueros.  Véasa “Larga”-“.

5.        Le Diccionario de la Tauromachia de Espasa Calpe à la définition de “porta” donne la précision suivante :  ” A porta gaiolaSuerte hecha al toro en la salida del chiquero, en que el lidiador le espera y recibe solo”.

 

6.       Dictionnaire Tauromachique – Dupuy & Casanova  précise pour PORTA GAYOLA (A) : “Devant la porte de la cage.  Expression portuguaise usitée en Espagne et en France pour qualifier les suertes exécutées dès la sortie du toril”.

 

L’origine de l’expression:  Comme l’indique justement l’ouvrage  La Tauromachie Histoire et Dictionnaire,   elle provient du Portugais  A Porta Gaiola .  En Portugais l’expression fait référence à une porte, à une cage.  Par extrapolation on en conclut qu’aller a porta gaiola c’est aller à la porte, à la cage, donc en tauromachie, à la porte de toriles.  Le Dictionnaire ESPASA CALPE  et  Pédro BELTRAN  confirment cette origine.  Il en résulte qu’ il convient de se référer soit à l’origine Portugaise c’est-à-dire “Porta Gaiola”, soit à la transcription Espagnole “Puerta Gayola”.  Il y a pourtant de nombreux cas d’usage mélangé aboutissant à “Porta Gayola”.

Ceci étant précisé, il est exact que la suerte la plus pratiquée A Porta Gaiola est bien la larga cambiada de Rodillas.  Toutefois, résumer l’expression “A Porta Gaiola” seulement à cette suerte, comme c’est souvent le cas,  est réducteur.  En effet, à partir du moment où un Torero décide de se positionner en piste, avant l’ouverture des toriles, afin d’y recevoir le toro, la suerte qu’il exécutera, quelle qu’elle soit, devra être considérée comme étant donnée A Porta Gaiola.

Il n’est pas nécessaire de tenir compte de l’endroit où se positionne le Torero, à partir du moment où son positionnement induit qu’il a l’intention de capter la première charge du bicho.  Ainsi, si de nombreuses suertes “a puerta gayola” sont exécutées à une distance proche des toriles, d’autres le sont au centre du ruedo.  A contrario, si le torero devait simplement sortir du burladero, à contre querencia, avant l’ouverture des toriles, pour attendre qu’éventuellement le toro passe devant lui après s’être au préalable déplacé en piste,  alors il ne pourrait s’agir d’un lance a porta gaiola.  L’intention de provoquer la première charge à la sortie des toriles est indispensable à cette qualification.

Il découle aussi de ce qui vient d’être expliqué que, pour que la suerte soit qualifiée de “porta gaiola”, il importe peu que le torero donne les capotazos debout ou à genoux.

D’ailleurs, toute description qui tendrait à résumer la suerte “a porta gaiola” à l’exécution de la larga cambiada de rodillas donnée face au toril ne serait que partielle.  La suerte en question est un bon exemple de capotazo donné à puerta gayola , mais il est loin d’être le seul.

Donnons quelques exemples pour illustrer la variété des passes pouvant être réalisées à Puerta Gayola.  Il nous a été donné de décrire par ailleurs, sur Toreoyarte,  la “TLAXCALTECA” d’El PANA, donnée à genoux au plus près de la porte de toriles.

http://www.tvsud.fr/emissions-2/tauromachie/tendido-sud/

Il peut aussi être fait référence à la réalisation de suertes au centre du ruedo, comme ce fut le cas pour CAMILLE JUAN à Nîmes en Septembre 2007 qui reçut son premier Novillo de Hdros. de Vidal García Tabernero Orive par une Chicuelina donnée au centre du ruedo, ou encore le cas de Tomasito qui le fit en juillet 2009 à Madrid face à un Novillo de Guadaira,  en donnant une  tafallera également au centre du ruedo, au cours de laquelle il fut blessé.

http://www.xn--ivanfandio-19a.net/

Dans une position proche des toriles, comparable à celle choisie pour les largas cambiadas de rodillas, mais plus éloigné que pour la Tlaxcalteca,  nous pouvons aussi citer les spectaculaires et valeureuses gaoneras réalisées par Ivan FANDIÑO cette année en ouverture de temporada 2012 à Madrid durant le mano à mano avec David Mora.  Tous ces capotazos ont été donnés  “A Puerta Gayola” ou “A Porta Gaiola”.

Curieusement, dans de très anciennes chroniques, on retrouve l’expression faisant référence à des paires de banderilles.  Mais ceci pourra faire l’objet de recherches ultérieures.  Pour le moment nous retiendrons que Porta Gaiola ou Puerta Gayola ne décrit pas une suerte en particulier mais la façon dont une suerte, quelle qu’elle soit, est donnée.  La définition que nous proposons est le suivante :   Terminologie taurine d’origine portugaise “porta gaiola”, traduite en espagnol par “puerta gayola”, qui décrit le fait pour le torero de se positionner  en piste, avant la sortie du toro, avec l’intention de provoquer et de recueillir la ou les premières charges, en exécutant  la suerte de son choix.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
Ce contenu a été publié dans Technique du Toreo, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.