CAMILLE JUAN – Saint-Gilles 24/06/12 Le triomphe de la détermination.

Camille JUAN A Hombros – Saint Gilles 24/06/2012 – PHOTO : DANIEL CHICOT

Le Matador de toros Français CAMILLE JUAN coupe les 2 oreilles de son second CEBADA GAGO et triomphe aux cotés de Manuel ECRIBANO.  Les chroniques de la course sont parues sur les sites d’actualité.  Notre objectif ici est de partager avec vous l’aspect le moins visible de ce succès, à savoir la lutte, le cheminement, les efforts y ayant aboutis.

Pour ceux qui connaissent bien Camille JUAN, ce qui marque c’est sa détermination face aux obstacles et à l’adversité. Sa capacité à se relever des épreuves et à poursuivre les efforts pour aboutir à la réalisation de ses objectifs.   Ayant eu le privilège de cotoyer Le Torero depuis plusieurs années je suis marqué par sa rage de vaincre.  Et pour nourrir cette rage, Camille JUAN a pu compter sur un groupe d’amis qui lui ont apporté l’appui dont il s’est inspiré pour satisfaire leurs espérences.

A Saint-Gilles, en 2012, Camille JUAN a conjuré le sort et le public lui en a été reconnaissant.  Jusque là, il avait, à plusieurs reprises, été sur le point de créer l’évènement.  En particulier  à Nîmes, en deux occasions. D’abord le 13/09/2007 face à une novillada de Hdros. de Vidal García Tabernero Orive et Pío Tabernero de Vilvís.  Cet après-midi là, Camille JUAN avait coupé une oreille.   Toutefois la presse spécialisée s’était parfaitement rendu compte que le niveau de sa prestation valait pour couper deux trophées de plus, qui finalement furent perdus à l’épée.  Lisons quelques unes des chroniques de cette course :

Germàn Jiménez dans Burladero.com écrit :  “El novillero francés Camille Juan esperó en los medios la salida del que abrió plaza para saludarle con una chicuelina. El torero galo anduvo muy valiente, jugándosela ante este peligroso animal, que miraba alternativamente a torero y muleta tratando de enganchar a Juan, sobre todo con el pitón izquierdo. Aguantó el torero hasta terminar con él de una certera estocada, paseando una oreja. Otra cosa muy distinta fue el cuarto, que acudió siempre de largo a la muleta que Camille Juan le presentaba, al principio a media altura y luego cada vez con la mano más baja. Muy a gusto el novillero, cuajó buenas series por ambos pitones, torciéndose las cosas a la hora de la verdad, ya que pinchó media docena de veces antes de tomar el verduguillo”.

A propos de cette Novillada APLAUSOS, sous la plume de Roland AGNEL, titre :  CAMILLE JUAN LA REVELACION – En la apertura de Feria, el novillero galo Camille Juan rozo la Puerta de los Consules” ;  “... dando ventaja al Novillo.

Mundotoro confirme :  “Camille Juan por su parte, anduvo decoroso con un lote dispar, más complicado el primero del que paseó un trofeo por una faena muy firme, más pastueño el que hizo cuarto, del que perdió trofeos por sus fallos con el acero después de una labor muy estimable

Puis le 08/05/2008, Lors d’une Novillada de Fuente Ymbro.  A propos de cette actuation on put lire les avis suivants:

Germàn Jiménez dans Burladero.com écrit :   “Camille Juan cuajó una faena de menos a más al que abrió plaza, iniciando con un cambio por la espalda con la montera calada en las zapatillas. Empezó dando distancias al novillo, para luego ir acortándolas consiguiendo en el epílogo de su labor las dos mejores tandas en redondo. Su fallo con los aceros le impidió “tocar pelo”.  Sí consiguió pasear una de las orejas del quinto, un novillo premiado con la vuelta al ruedo que jamás se cansó de embestir. Noble y repetidor, el de Fuente Ymbro fue bien por los dos pitones y Camille lo supo aprovechar, en una buena labor que en la recta final bajó de tono, superada por la calidad del novillo.”

Sur Terres Taurines Frédéric PASCAL écrit : “Camille Juan échut du remarquable quatrième pour lequel il aurait obtenu l’indulto avec un tercio de pique moins réduit à sa fonction symbolique.. .Son toreo naturellement profond s’adapta parfaitement aux conditions de ses deux adversaires.”

S’il est vrai qu’en ces deux occasions c’est à l’épée que le Torero avait perdu des oreilles, ce n’est pas parce que Camille JUAN aurait une propention à se défiler de cette suerte, bien au contraire, mais parcequ’il met en avant l’engagement sur la rentabilité.

Il ressort des prestations mentionnées des qualités dominantes de son toreo, à savoir :

  1. Il donne toujours l’avantage à ses opposants.  Pour ceux qui ne l’avaient pas encore noté, Camille JUAN cite de loin tous les Toros qui se déplacent.  C’est pour cette raison qu’on pense souvent que le torero a eu de la chance au sorteo.  Les yeux aguerris savent cependant faire la part des choses.  Il met en valeur ses toros qui du coup sont vus à leur mieux.
  2. Son toreo est profonds, empreint de sincérité et, lorsqu’il s’impose à ses adversaires, il sait déboucher le flacon et toréer avec relâchement et art.
  3. Parce qu’il tue avec une grande sincérité, il prend le risque de perdre l’acquis de ses faenas, alors qu’il pourrait “assurer” en portant des estocades moins orthodoxes.
  4. La tauromachie de Camille JUAN est l’antidote à la superficialité ambiante, à la recherche du “bonito” plutôt que du fondamental.  C’est moins raffiné me direz-vous ?  Tout à fait, Camille JUAN ne maîtrise pas toutes les techniques qui lui permettraient de se tenir fuera de cacho, de toréer al hilo, avec le pico et de tuer en cachant la tête du bicho et en effectuant un bond pour éviter l’embestida.  Non tout cela il ne sait pas le faire. Alors il s’en tient au simple et au vrai.

MADRID 2008
PHOTO : JUAN PELEGRIN

En 2008 nous étions nombreux à savoir que le potentiel du Torero était grand.  Particulièrement parce que son style et son attitude étaient, et sont toujours, totalement à part.  Il est impossible de confondre Camille JUAN avec un autre.  Ceci explique aussi qu’il connecte facilement avec le public qui reconnait en lui une différence, une uncicité.  Regardez bien les statistiques du Matador.  Il coupe toujours des trophées.  Camille JUAN ne va jamais à moitié ou avec le frein à main.  Et si exceptionnellement il ne coupe pas, c’est que l’adversité, qu’il s’emploi à provoquer et à dominer, a pris le dessus comme à Madrid durant sa présentation en septembre 2008, lors d’une des courses les plus dramatiques de l’histoire de las Ventas face à un lot de Moreno Silva.  

 

 

PHOTO : ALVARO PASTOR
Carmona (Seville) Mars 2012

 

 

En plusieurs occasions, compte tenu du manque d’opportunités qui lui sont proposées,  le Torero aurait pu sombrer et abandonner.  Mais sa détermination est totale.  Et sa préparation pour la corrida de Saint-Gilles a été complète et indicative de sa rage de réussir.  Pas de dilettantisme chez Camille JUAN et pas de superficialité.  Lorsqu’il combat des toros a puerta cerrada c’est avec un sérieux absolu, et ses adversaires sont choisis avec un trapio que certains toreros n’acceptent pas en corrida formelle.  Les images parlent d’elle même.

PHOTO: ALVARO PASTOR
Toro de Maria PALMA

 

PHOTO : LAURE CRESPY
Ganaderia “LA PAMPA”

 

 

 

 

 

PHOTO: DANIEL CHICOT
Ganaderia La GLORIA

PHOTO: ALVARO PASTOR
Ganaderia Maria Palma

 

 

 

 

 

 

 

Camille JUAN – Saint Gilles 24/06/2012 – Estocade A Recibir Toro de Cebada GAGO – PHOTO : Daniel CHICOT

En 2012 à Saint-Gilles Camille JUAN est allé jusqu’au bout de ses principes et de quelle manière!  Rien que l’exécution  de sa seconde estocade en dit long sur le personnage.  L’engagement est total et la sincérité absolue.  Regardez bien cette photo, regardez en les détails et comparez là avec d’autres estocades du jour ou en d’autres occasions.  Elle fait partie de celles qui peuvent servir d’exemple.  La main gauche a guidé et détourné le coup de tête, le corps s’est engagé en rectitude, l’épée est contraire.

 

 

Camille JUAN – Saint Gilles 24/06/2012 – Toro de CEBADA GAGO – PHOTO : DANIEL CHICOT

 

On retrouve aussi à Saint-Gilles cette propension à donner l’avantage au toro, muleta en avant autant pour les cites lointains que lorsqu’il s’agit de toréer de près.  Lisons ce qu’en dit la plume exigeante de Frédéric PASCAL sur Terres Taurines :  “Le dernier vint de loin, mais se défendit sans style au cheval. Mobile, dès lors qu’on ne l’obligeait ni à baisser la tête ni à trop dévier sa charge, il répondit généreusement aux cites lointains de son matador, puis répéta avec franchise sur les distances plus courtes. Camille Juan, qui cultive un toreo sincère, cité en allant toujours chercher la tête très en avant, put se montrer tout à son avantage, tout au long d’une faena sans grand poder, mais très plaisante. Il fit l’effort d’aller chercher le triomphe en tuant d’un recibir particulièrement ajusté. Deux oreilles. “

PHOTO DANIEL CHICOT

PHOTO DANIEL CHICOT

A une époque où la profession veut tout cadrer, prévoir, réguler, organiser, Camille JUAN est une option qui apporte l’imprévu et la vérité.  Je me souviens de la Corrida de Pages Mailhan de Vergèze il y a deux ans, lorsque face à son deuxième adversaire Camille JUAN avait livré, comme toujours, un combat  dans un style valeureux et déterminé.  Il était arrivé à mettre son second adversaire dans sa muleta, sur les deux cornes, alors que l’animal lui avait résisté dangereusement à droite en début de faena.  Une autre spécificité de ce torero, c’est qu’il est parfaitement capable de passer de ces guerres de tranché au toreo stylisé, artistique où une autre facette de ses capacités s’exprime , comme si nous avions  avec lui, accès à la thèse et l’antithèse, lors de chaque prestation.  Cela aussi c’est la différence de Camille JUAN.  Ses prestations ne courent pas le risque d’être monotones.

Camille JUAN est un artiste qui jouit de l’amitié, du respect et de l’admiration de personnes qui ont été à ses cotés sur ce chemin tumultueux. Comment ne pas citer son “père de corazon” Daniel DEROC, la raison, la sagesse, le protecteur qui nous a quitté il y a peu et dont la perte a été une terrible épreuve pour le Torero.  Michael BESIGOT le confident de tous les instants qui partage tous les hauts et sait absorber aussi les bas, qui réconforte et encourage, qui rassure par sa présence et ses paroles.  Il convient aussi de citer la garde rapprochée celle qui donne la force du combat, le torero Anthony CABALLE, le frère, la force tranquille qui est présent dans tous les actes de préparation, Jean Louis AYME “Termite” l’homme charismatique,  “sabio”, l’homme qui conjugue humour et le “parler vrai”, l’As de coeur. Puis Fabien ALEXANDRE le torero, ganadero, l’homme authentique de peu de paroles mais de toutes les actions et générosités qui a permis à Camille de se préparer dans d’excellentes conditions.  Paul MASSABAU,  l’ami de Fréjus, l’homme intègre et sincère qui ne ménage jamais ses encouragements.

Le Matador et sa Cuadrilla de confiance – Vergèze 2010 – PHOTO “Jiès” – JACQUES SEVENIER “

Après la garde rapprochée il y a les mousquetaires.  Les toreros qui ont été aux cotés de Camille JUAN depuis longtemps.  Frédéric LEAL le pûr, celui sur qui on peut compter, avec la carrure de macho et la gentillesse des hommes forts.  Marc MONNET celui qui ne te laissera pas être triste et qui accomplira sa tâche quoi qu’il arrive, Marc ALLIEN le picador fidèle, sérieux et sobre.  Au delà du statut de membre de la Cuadrilla il y a les hommes de confiance, ceux qui permettent au Torero d’évoluer, d’apprendre, de se recentrer.  Parmis eux l’actuel confident et mentor, MAXIME et avant lui l’infatigable et dévoué Dominique VACHE.  Il faut aussi mentionner Patrick VARIN et Richard MILIAN qui en plus d’avoir été des Toreros Français de premier plan ont su mettre, avec réussite,  leur savoir au service de leurs émules.

Quand on parle avec Camille JUAN il a toujours une parole pour ses proches dont il reconnait l’influence  sur sa carrière et l’importance dans sa vie.  Il mentionne aussi, pour sa gentillesse, le Maestro Stéphane FERNANDEZ MECA qui lui a fait confiance dans ses arènes, le Maestro Denis LORE pour son amitié et le Maestro Alberto COSSIO pour avoir partagé avec lui son savoir et sa classe lors de ses voyages au Mexique.

Les deux oreilles et la salida a hombros de Saint-Gilles ont été obtenues par Camille JUAN, un torero humain, heureux de triompher pour lui même et pour ceux qui sont à ses côtés.  Mais cela il ne peut  le faire que si les portes s’ouvrent.  Et c’est bien là le plus compliqué.  Ses fidèles sont convaincus de sa capacité à réussir et cet article est écrit avec l’espoir que les organisateurs estimeront, comme les fidèles, que courage, détermination, engagement, sincérité, profondeur et unicité sont des qualités qui méritent qu’il soit tenu compte de Camille JUAN pour l’organisation des cartels des temporadas Française.

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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