MADRID – 02/06/2014 Cuadri de la faiblesse à l’émotion.

La corrida d’aujourd’hui est l’exemple de la nécessité d’un toro capable de donner des émotions, d’une bonne lidia au premier Tiers et de la présence de toreros désireux et capables. Aujourd’hui il y avait un peu de tout et il manquait un peu de tout. En particulier Venegas a montré une volonté certaine mais il lui a manqué du baggage et une cuadrilla à cheval pour profiter d’un lot qui aurait pu le mener à la gloire.

José Carlos Venegas confirme l’alternative avec une corrida qui exige mais qui peut également le catapulter dans sa carrière s’il est capable d’assumer et profiter de l’évènement. C’est avec Ribete n° 31 né en 01/10 et pesant 613 kg qu’Il confirme. Le toro est capacho et massif devant comme derrière à la Cuadri. Au capote le toricantano tente mais abandonne car le toro lance les pattes en avant et calamochea. Le toro pousse sous une mauvaise pique en arrière et de côté. Prestation de Don Quichote du picador incapable de bouger sa monture. La seconde pique est courte et forte. Venegas reçoit la confirmation des mains de Javier Castaño en présence de Ivan Garcia. Brindis personnel. Le confirmé va au centre, muleta dans la main droite. Il entreprend le Cuadri dans un style épuré et classique. Lorsque le bicho ne se retourne pas complètement il se croise. La faena devient électrique. Le toro humilie mais embiste avec précision en suivant les toques ou en se collant en l’absence de toque. Il va là ou est la muleta avec noblesse. À gauche le torero est moins à l’aise par manque de temple. Un cambio dans le dos millimétré fait réagir le public. Mondeñinas finales. Pinchazo al encuentro. Espadazo. Palmas y pitos au toro et au Matador qui salut.

Le second n’a que peu de trapio malgré son poids 578 kg. Castaño lui sert des véroniques réussies et une demie aérienne. La première pique est prise al relance et pas appuyée. Le toro combat la tête haute et trébuche avant la seconde puya rapide. Quite par chicuelinas d’Ivan Garcia. Fernando Sanchez et Adalid ont décidés d’alterner les passages. Sanchez pose deux paires parfaitement réunies et les deux saluent. Dans le tanteo on voit que le bicho ne veut rien par le haut. Castaño poursuit à droite sans arriver à baisser la main ou en se faisant toucher la muleta dans certains muletazos. À sa décharge le bicho a tendance à relever la tête en sortant de l’engaño. Les passes sont en ligne sans profondeur. À gauche le toro semble vouloir, le torero pas. Entière caida en perdant la muleta. Palmas au toro.
Le quatrième est un tio de 619 kg. Le toro embiste avec classe par le bas dans le va et vient au capote de Castaño. Le bicho a peu de force en varas et ne combat pa., Mais quel temple dans les capotazos. Quite par véroniques de Garcia. Incompréhensible troisième présentation au cheval. Le toro tarde et Castaño se ravise. Le toro marque une tendance a tablas. Bon cuarteo, exposé, d’Adalid à la troisième paire. Les deux banderilleros saluent. Toreo en ligne, à droite, à ce Cuadri qui va loin. A gauche Castaño ne trouve pas non plus la clé pourtant posée sur la table. A mi faena le bicho est aburrido et sort la tête haute des muletazos. Le public proteste. La muleta est touchée dans chaque derechazo. Entière atravesada en perdant la muleta. C’est le moment que choisissent deux idiots pour sauter en piste avec des pancartes illisibles qui se font expulser manu militari. Descabello. Silence.

Le tercero est très en Cuadri, long, profond, acapachado. Série de véroniques tronquée d’Ivan Garcia, la charge du bicho se recoursisant. Bonne pique de Pedro Iturralde. Le bicho pousse a menos. Il se dégonfle dans la seconde et se défend de la tête. Puis il met à l’épreuve les banderilleros. Dans le tanteo le toro est sur la réserve, puis dans les derechazos le Cuadri ne passe pas et se retourne vite. Garcia essaye de reculer la muleta dans les toques et vole quelques muletazos à droite. À gauche les mêmes défauts du bicho tronquent la tentative d’Ivan Garcia. Pinchazos et épées défectueuses en prenant le large. Descabello. Pitos au toro. Silence.
Le quinto est un toro guapo qui reste court dans le capote de Garcia. Il essaye d’allonger la charge. Mal piqué le toro s’emploie peu. Venegas donne un quite par deux gaoneras et rebolera. Le toro manque de forces. Début à gauche de Garcia. Le toro n’humilie pas du tout de ce côté et se déplace mieux à droite. Le trasteo est deslucido. Ivan fait l’effort en entrant dans le terrain du bicho, sans résultat. Trois quart de lame tendida et basse. Deux descabellos. Silence.

Venegas affronte en sixième lieu un bel exemplaire qui hésite à s’employer dans la cape. Autre Don Quichote à cheval. Ils se passent plusieurs minutes avant que le toro aille au cheval pour soulever et renverser la cavalerie. Puis nouvelle longueur. Protestations d’où changement de terrain et mise du toro sous le peto. Bronca au picador. Le tercero de la cuadrilla est le seul à faire illusion en posant les rehiletes dans le balcon à l’arrachée. Venegas débute à gauche et est débordé. A droite le toro vient comme un train et dans un paron met le jeune torero en danger. Sur un retour il lui donne une paliza dont il se relève KO. Il revient à gauche, le toro est noble mais attaque fort. Les passes sont d’abord de une en une, puis il arrive à lier plusieurs naturelles même si elles sont imparfaites. On sent que la volonté et l’opportunité sont là, mais il n’y arrive pas. Demie épée en la cruz. Trois descabellos quand sonne l’avis. Salut aux medios. René Philippe Arneodau.

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3 réponses à MADRID – 02/06/2014 Cuadri de la faiblesse à l’émotion.

  1. AFICIONADO STEPHANOIS A.BRUNON dit :

    Je lis tous les jours ton commentaire et le compare au mien.
    Pour revenir sur les toreros (pour moi le + important étant le toro) CASTANO avec le respect qu’on lui doit de se mettre devant des tios comparés aux “miaux” des soi-disant vedettes est vraiement limité.C’est sa cuadrilla qui fait le show.Lui très souvent ne trouve pas le sitio et est cata. à la mort.

  2. BRUNON dit :

    N’ayant pas votre connaisance et vocabulaire,j’ai vu un lot bien présenté.Le 1 avec cornes en balai mais surtout mansédumbre(le 4 essai de sauter la barrière),ne s’emploie pas au cheval (minable la cavalerie).Un peu de noblesse (1et 2) compliqué le 3 voir violent le 6 mais mobile (le + léger).Voilà mon jugement mais déçu d’un de mes élevage favori.
    Aficionadosement.Un Stéphanois.

    • Salut André, tu as bien vu. Ton commentaire est judicieux. Je te propose quelques nuances. Ce qui est bien c’est que tu portes ton attention au toro. C’est essentiel pour bien suivre et évaluer les prestations. Après il y a toujours le risque de faire la mauvaise lecture des comportements et j’ai toujours peur de faillir en cela. Ton commentaire me donne l’opportunité de me mouiller.
      Je pense qu’il y avait quatre Cuadris pour couper des oreilles les 1, 2, 4 et 6. La cuadra de chevaux est clairement moins bien que celle de Bonijol mais il faut noter que la cuadrilla montée de Venegas a été tragique. Sur le même cheval Tito Sandoval a manoeuvré avec aisance et dextérité.
      Le quatrième toro avait effectivement une touche de mansedumbre mais aussi une magnifique embestida, en tout cas au début de la faena.
      Et en tout état de cause j’ai ressenti beaucoup d’émotion avec ces Cuadris. Ceux qui voulaient combattre l’ont fait avec beaucoup de transmission et de noblesse. Une mise à l’épreuve des toreros avec options.
      Merci de ton commentaire. René

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