MADRID 08/06/12 Retour houleux mais de qualité des Victorinos à Madrid et Oreille notable d’ Alberto Aguilar.

Le retour de Victorino à Madrid s’est fait dans le cadre de la Feria de L’art et Culture et non pas à sa place traditionnelle du dernier jour de San Isidro.  Y a-t-il un lien de causalité avec la présentation du lot ?  En tout état de cause, le capital crédit de la ganaderia n’a pas empêché les assidus du 7 de conspuer la présentation des 2,3 et 6, ce qui a déclenché des échanges houleux entre les tendidos.  Dans l’ensemble la corrida basse et fine avait de la tête.  Seul le 6 dépareillait car de trapio et encornadura différente comme s’il n’était pas issu des mêmes origines.  Les trois premiers toros, malgré des poids réduits, n’en dégageaient pas moins un sérieux que leur comportement a accentué.  Car si la corrida fut noble, elle a vendu chèrement sa peau avec des caractéristiques qui nécessitaient de ne pas les prendre à la légère.

Antonio FERRERA est un habitué de l’encaste.  Son premier Victorino est bajo, abierto de pitones, encogido dans ses premiers déplacements.  FERRERA l’emmène au centre car il se freine dans le capote et subit un désarmé.  FERRERA fait un effort pour mettre le bicho à distance.  Il va sans classe au cheval pour la première rencontre et est mal piqué.  Pour la seconde le travail pour citer du piquero est mou.  Le Victorino finit par y aller, se freine juste avant le contact avec le cheval et s’emploi par le bas et droit cette fois.  Urdiales donne un quite par delantales accroché.  Le bicho est banderillé par le Maestro FERRERA.  La troisième paire est la plus réussie de dentro por fuera avec d’abord un recorte puis, sur le retour, un poder a poder avec le saut signature du torero.  Le bicho a la bouche fermée.  La faena de FERRERA est longue.  Le toro débute avec une charge boyante, puis montre une tendance à trébucher lorsqu’il baisse la tête, car il humilie,  et à calamochear et tirer des tornillazos. Il est cependant noble.  La faena essentiellement droitière est hachée avec des passages excellents de deux ou trois passes liées et longues. La série à gauche est de bonne facture, donnée en se croisant et avec aguante. Le final à droite est pour le public en bougeant et en regardant les tendidos, corps redressé. Une autre série en corto avec des passes liées dans un mouchoir et enfin des doblones aidés, de la gauche,  terminés par pase del desprecio, alors que sonne l’avis.  Deux pinchazos et une entière desprendida privent probablement FERRERA d’une pétition d’oreille.  Aplausos au toro et au Torero.  Son second ouvert de cornes et cornipaso due la corne gauche, aura une tendance à se coller à droite et à ne pas aller jusqu’au bout des passes.  L’animal va au cheval avec peu de classe, bienqu’il ait été laissé à distance à nouveau par FERRERA.  Le Maestro Banderille cette fois avec plus de réussite par une paire de poder a poder, une avec quiebro de dos ou ¾ suivi de cuarteo et enfin un quiebro le long des tablas, le tout fort applaudi.  La faena est courte cette fois.  Elle est plus hachée que la première.  On en ressort une série à gauche en son milieu qui va a mas en templant sur la fin.  La faena se termine en macheteo avant une série de pinchazos et un bajonazo.  Division pour le toro et silence pour FERRERA.

Diego URDIALES a été le moins bien servi au sorteo.  Son premier est fin, cornalon, ouvert de cornes.  Il montre déjà des signes de faiblesse au capote.  Au cheval il combat la tête relevée.  Il n’humilie pas dans le quite par delantales dessiné par AGUILAR.  Il garde également la tête haute en banderilles.  L’entame de la faena est réalisée par toreo de castigo des tercios au centre.  Puis le bicho avance à droite les cornes à mi hauteur, derrotando.  Il est très gênant.  La tentative à gauche finale est terminée par macheteo. Pinchazo suivi de bajonazo atravesado et enfin estoconazo.  Division d’opinion pour le toro et silence pour URDIALES.  Son seconde est sérieux, ouvert de cornes et bas.  Il lance les pattes dans le capote.    Le Victorino pousse la tête à mi hauteur lors de la première rencontre.  La deuxième pique est señalada de prêt en dépassant la raya.  Quite d’AGUILAR par deux chicuelinas accrochées.  La faena débute par des passes pour emmener le bicho des tablas du 8 vers le centre et terminées avec toreria par molinete et pecho.  Puis l’animal avance sans agressivité dans la muleta à mi hauteur.  A gauche URDIALES présente la muleta au niveau du corps en forme d’arrimon car le Victorino tire des derrotes dans la muleta et il ne termine pas les passes.  Le toro termine arrêté et URDIALES se fait siffler lorsqu’il tente de prolonger.  Pinchazo hondo et entière dans la croix au centre du ruedo d’effet rapide alors que sonne l’avis.  Sifflets au toro et Silence pour le Torero.

Le premier d’Alberto AGUILAR est le plus léger du lot, 485 kg, bas , bien armado et protesté.  AGUILAR donne des véroniques a gusto avec remate final en forme de molinete à ce bicho qui reste court mais va par le bas.  AGUILAR a du mal à mener la brega au cheval et à placer le toro.  Le toro va au cheval et combat en brave en poussant par le bas sous une pique en arrière et caida.  Placé loin il revient, est piqué en arrière, mais pousse sous une pique courte.  Le Victorino galope en Banderilles mais est court dans l’embestida.  Dans la première série à droite donnée de loin, au centre, le toro venant du burladero du 8, AGUILAR est mis en difficulté car l’animal se croise en sortie de muletazo, trébuche, ou reste court.  AGUILAR arrive à lier 3 derechazos et pecho  en restant fuera de cacho.  Puis dans la deuxième série à droite il se confie et aguante le toro qui se colle terminant par molinete et pecho.  La troisième est à gauche avec deux passes avortées à cause d’un paron aguantado, suivi de trois naturelles et pecho en perdant un paso et en se croisant. Excellent.  Retour à droite pour une série en deux parties car le bicho se colle et terminée par adornos le tout a menos.  Après avoir pris l’épée AGUILAR dessine par le bas des doblones de castigo.  Il se jette sur le morillo qui pour une fois est à sa hauteur, pour une entière desprendida.  Oreille et aplausos au toro.  La corrida se termine avec un Victorino fuera de tipo, capacho, cornidelantero, sans beaucoup de trapio et protesté.  S’il s’emploie à la première pique, il se défends de la tête à la seconde.  Magnifique moment de toreria à l’ancienne lorsque FERRERA sort le bicho de la seconde rencontre pour le mener aux tercios et remater avec application.  AGUILAR entreprend le toro par doblones au niveau des rayas.  Le sommet de la prestation d’AGUILAR ce jour advient dans la deuxième série à droite.  Après une hésitation, car l’animal n’attaque pas, il décide de se croiser entre chaque passe en avançant sur la trajectoire de l’animal et produit une des séries les plus intenses de la féria en prenant le dessus sur le Victorino.  La troisième série à droite est la même.  La faena baisse d’un ton à gauche le torero est en retrait et la série est en deux parties.  De retour à droite le toro proteste et AGUILAR reste al hilo.  Retour à gauche pour une série en deux parties, le deuxième muletazo de Ole !  Le public est avec AGUILAR.  Il lui suffit de bien tuer pour sortir par la grande porte.  Un silence impressionnant se forme au moment où le torero se profile.  ½ épée en arrière et deux descabellos. La Puerta Grande s’est envolée avec ce bon collaborateur de Victorino disposé à offrir des embestidas par le bas au torero prêt à avancer et à se croiser avec lui.  Je pense que le bicho était de deux oreilles avec une faena courte.

Critiqués pour leur présentation, les nobles Victorinos ont ramenés de la bonne émotion à Las Ventas.  En comparaison des medio toros, il n’y a pas photo.  Mais que VICTORINO n’aille pas trop loin dans la recherche de la collaboration !!!

 

 

 

A propos Niño de San Rafael

Niño de San Rafael (Apodo de René Philippe Arneodau) est aficionado practico fréjussien avec une expérience tauromachique qui débute en 1970, allant de chroniqueur à apoderado, cultivant exigence et précision dans ses avis et ses opinions. Passionné de tauromachie depuis le plus jeune âge, il a trouvé dans la pratique du toreo le chemin de la compréhension de la technique et de l'art de torear, et développé une admiration et un respect pour ceux qui y excellent.
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