MADRID – 23/05/2014 Triomphe de Perera avec trois oreilles.

Cartel Etoile du toreo moderne. Il n’y a pas meilleurs représentants de la tauromachie défensive faite norme que ces trois Maestros dans trois styles différents. Arriveront-ils à convaincre Las Ventas ? Telle est la question.

Le premier Victoriano del Rio est bas , trapu, armé astifino cornalon. La charge un poil désarticulée empêche El Juli de briller à la cape. Longue pique dont le bicho sort affaibli. Mouchoir vert du président sans hésiter. Juli choisit de faire courir le sobrero de Zalduendo. Avec 504 kg le toro est de buen trapio et cornalon. Juli dessine des véroniques sans relief, le toro lance les pattes en avant. La première pique est courte et peu pousée. Quite par chicuelinas compas ouvert et media de Juli. De nouveau le bicho est peu piqué dans une seconde rencontre. Début de faena en sortant le toro au centre et rematant le corps droit, avec art, en recortes par le bas. Les derechazos en ligne ne provoquent aucune réaction du public. Soudain le toro se raja complètement et cherche les tablas à plusieurs reprises malgré les tentatives de Juli de le sortir. Julipie très en arrière comme de coutume. Sifflets au toro et Silence.
Le second de Juli est cornivuelto et sérieux. Juli le sort au capote vers le centre. Bonne pelea du toro sous la pique surtout à la première rencontre. Le Victoriano a un comportement peu prometteur en banderilles. Juli le châtie et le contrôle dans le tanteo de début de faena. Il essaye par tout moyen de maitriser la charge décomposée de l’animal. Compte tenu des difficultés la prestation est volontaire et relativement efficace. Jusqu’à ce que le toro mette en danger le torero à gauche. Puis il se raja à droite. Juli insiste et oblige sans possibilité de triomphe cet opposant dangereux. Demie épée qui ressort immédiatement puis entière de côté dans le style maison en perdant la muleta. Palmas.

Manzanres affronte un toro plus juste de présentation. Le torero n’arrive pas à le fixer. Le bicho mélange de très bonnes embestidas par le bas et d’autres défecteuses. Le Victoriano pousse par à coups sous le fer et faiblit dès le second contact avec le cheval. Grande troisième paire de banderille de Curro Javier. Manzanares en deux passes va au centre. La première série à droite est irrégulière, le bicho se colle parfois. Série de trois naturelles en ligne sans obliger. Division d’opinions. Les naturelles suivantes montent de ton face à la division des tendidos. Série droitière de trois derechazos, cambio de mano et pecho. Retour sur la corne gauche pour une série toujours courte en naturelles avec plusieurs remates a menos. Pinchazo et estoconazo. Ovacion et salut.
Le quinto qui échoit à Manzanares est un castaño rablais, musclé. Le bicho qui attaque avec violence oblige le torero à toréer de cape sur les jambes. Le toro fonce de loin sur le cheval et rue tout en poussant dès qu’il sent le fer. La seconde pique est beaucoup moins spectaculaire. L’embestida est désordonnée dans un long tiers de banderilles. Manzanares ne se confie pas avec cet opposant qui ne lui donne aucune raison de le faire. Espadazo.

Le troisième de Victoriano del Rio est corniapretado, bas, musclé. Perera ne fait que peu de choses au capote. Le toro faiblit dès la première vara. Quite par chicuelinas mais surtout deux cordobinas et revolera très ajustées qui transmettent aux tendidos. La seconde pique est bien portée , le toro trébuche en sortie. Quite du Juli par trois véroniques et demie de son cru. Excellent Juan Sierra en banderilles qui salut. Brindis au public. Emouvant début par estatuarios, au tiers, sans bouger et remate par le bas. Derechazos main basse, ouvrant la porte et toréant avec lenteur. Il répète avec encore plus de réussite, toujours marginal avec un long cambio de mano qui fait rugir le public. A gauche la série est dans le terrain du toro, sans perdre un pouce de terrain avec la seule réserve d’avoir la jambe de sortie effacée. La suite est une passe en toupie sans quitter la muleta des yeux du toro alors que ce dernier se raja. Entière en arrière efficace. Pétition de deux oreilles accordées. Sourire de maturité atteinte du torero dans la vuelta triomphale.
Le dernier toro prend sans zèle la cape de Perera maniée avec tranquilité. Le Victoriano attaque le cheval de réserve dès sa sortie. Dans la seconde rencontre le toro ne bouge que la tête. Brindis au public. Perera va au centre pour un pendulo et un début de faena immobile. Les passes probatoires sont espacées. Série droitière qui déclenche l’ovation. Il rentre dans le terrain du toro et le passe à droite en terminant en arrimon. À gauche les passes sont données de une en une. La suite est un arrimon à la pointe des cornes. Espadazo. Avis. Pétition et Oreille.

Perera a convaincu las Ventas avec un engagement irréprochable et a obtenu un triomphe majeur qui marquera sa carrière en imposant à Las Ventas son toreo moderne dont il faut tout de même noter que, sauf dans quelques premières passes de début de séries avec le compas ouvert, la majorité des muletazos ont été donnés la jambe de sortie effacée, exposant les fesses avant l’aine.  Des Victoriano del Rio personne ne se souviendra.
Il convient de condamner le comportement inacceptable d’un public peu aficionado qui violente le triomphateur durant sa salida a hombros.  René Philippe Arneodau.

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