Madrid Las Ventas – Bilan et analyse Saison 2016 (II)

portada-3356Au cours de la temporada 2016, c’est un total de 82 élevages qui ont fourni leurs produits aux  corridas de toros, de novillos, de rejones et de novillos-erales pour la finale du Camino hacía Las Ventas soit 4 de plus qu’en 2015. Un total de 374 toros (216 toros, 128 novillos, 24 toros pour rejones, 6 erales) foulaient le sable de Las Ventas.  Le tableau ci-dessous montre le nombre et la provenance des toros combattus en lidia ordinaire, sans les sobreros qui remplaçaient les toros renvoyés aux corrales  déclarés impropres au combat par indication du mouchoir vert du président. Les poids indiqués sont la moyenne des poids des toros de chaque élevage sachant que pour l’ensemble des lots des 39 ganaderías citées. La moyenne totale des poids est de 546,8 kg.

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Les douze sobreros  listés ci-dessous provenaient de 11 élevages, la plupart différents des ganaderías annoncées mais d’encaste ou d’origine semblable aux toros renvoyés au toril. Ces derniers, au nombre de quatorze, c’est-à-dire deux de plus que les sobreros montrent que même des sobreros ou toros du même élevage que le titulaire retournaient au toril. Ce fut le cas des toros de la corrida de Juan Pedro Domecq du 15 mai – fête de la San Isidro, patron de Madrid –  dont trois exemplaires étaient remplacés par un sobrero du même fer et de deux autres, l’un de José Luis Marca et l’autre de Conde de Mayalde.

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Les novillos de 25 élevages différents affichaient une moyenne de poids de 489,5 kg. Seule la ganadería de El Montecillo  était deux fois à l’affiche avec deux lots complets de ses novillos, les 16 mai  et 13 septembre.

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Dix novillos devaient être remplacés par 10 sobreros de différents élevages. Il est à noter que deux novillos, ceux de Ave María, appartiennent au duo français Philippe Pagès et Robert Margé.

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Pour les corridas de rejones, 24 toros dont le poids moyen était de 557,5 kg.  étaient lidiés sans la nécessité de recourir aux sobreros… et  élevages différents comme montré ci-dessous. Deux ganaderías venaient complètes alors que Benítez Cubero et “Pallarés” sont deux fers de même origine et propriétaire de même que le panachage de 3 x 2 toros sont des produits sont de la famille de Pedro Gutiérrez Moya “Niño de la Capea”.

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Comme l’an passé, pour la novillada  sans picadors du 2 octobre, les erales étaient  de l’élevage de Jandilla.

Statistiques

Un soin particulier est donné à la présentation des toros de Las Ventas  bien que cette règle que l’on voudrait stricte et immuable, n’est pas toujours du goût d’une certaine partie du public qui ne manque pas de se manifester, parfois bruyamment. Le poids et le trapío sont les critères de sélection lors des examens des animaux dans l’élevage d’abord, après leur débarquement aux corrales des arènes, avant le sorteo ensuite. Devraient aussi être considérés  l’origine et encaste pour  ne pas appliquer le même barème à tous les toros ou novillos. On rappellera que deux lots entiers de toros ne passaient pas cet examen préliminaire et devaient être remplacés: celui de Robert Margé, qui allait faire sa présentation à Madrid, par El Vellosino le 10 mai (cette corrida n’allait finalement pas avoir lieu) et celui de Jandilla le 25 mai suppléé par…. El Vellosino !

L’étude menée par Taurodelta relative à la moyenne des poids  des toros de 2007 à 2016  à Las Ventas montre une différence de 13,5 kg entre 556,8 kg en 2009 et 543,3 kg en 2014. Sur la même période pour les novillos  cette différence est de 15 kg entre 505,1 kg en 2009 et 490,1 en 2014. Rappelons que la moyenne des poids des toros et novillos, cette année 2016,  était de 546,8 kg et 489,5 kg respectivement. De même, c’est la corrida de Parladé (609,2 kg – le 26 mai – JP Domecq) qui affichait le poids moyen le plus élevé et celle de Flor de Jara (14 mai – 502,2 kg –  Santa Coloma) le poids le plus faible.

Le tableau suivant résume les réactions du public et décisions du président à l’arrastre des toros et novillos au cours de la temporada écoulée.  Un seul toro de Alcurrucén (24/05) -vraiment le seul car tous les autres se caractérisaient par la mansedumbre (NDLR) – était primé de la vuelta al ruedo, un « condamné » aux banderilles noires et un autre recevait la bronca, ces deux derniers du même élevage de Saltillo (31/05).

Toros et novillos primés et remarqués en 2016

« Malagueño » nº 1- 563 kg – 09/10 – noir, chorreado en morcillo, de Alcurrucén toréé par David Mora le 24 mai, jour de sa réapparition à Las Ventas. Le Madrilène coupait les deux oreilles de ce toro primé de la vuelta al ruedo qui , par ailleurs, accaparait tous les prix attribués au meilleur toro de San Isidro.

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« Camarín » nº37 – 10/11 – 560 kg. – noir de Baltasar Ibán, toro brave et fiero –agressif – ovationné à l’arrastre – il aurait mérité la vuelta al ruedo – auquel Alberto Aguilar se mesurait avec courage et métier et coupait une oreille de poids. « Camarín » recevait le prix du meilleur toro de 2016 de la part de nombreuses associations taurines qui l’ont préféré à « Malagueño ».

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« Venturoso II » nº38 – 10/11 – 560 kg. – noir de Montealto qui permettait à « Juan Bautista » de signer une belle faena et couper une oreille le 8 mai.

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“Dalia” nº56 – 09/11- 580 kg. – noir listón, chorreado en morcillo de Victoriano del Río. José María Manzanares réalisait une magnifique faena, la meilleure de sa carrière à Las Ventas et les deux oreilles étaient accordées. Sortie a hombros.  Ovation à l’arrastre pour « Dalia ».

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“Chocolatero” nº65 – 09/10 – 532 kg. – noir listón de El Ventorillo toréé avec goût et transmission par Jesús Martínez « Morenito de Aranda » qui coupait une oreille méritée le 12 mai.

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« Escribiente » nº47 – 03/11 – 496 kg. – cárdeno d’ Adolfo Martín (30/05). Ce toro de cinq ans, de bonne qualité, certes, était sans doute ovationné à l’arrastre en opposition à la faena de Sébastien Castella  qui ne fut pas du goût d’un certain secteur du public… (NDLR)

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“Tabernero” nº 17 – 12/11 – 605 kg. Negro bragado, meano, listón corrido de Miura tiré au sort pour Rafael Rubio “Rafaelillo” était le meilleur exemplaire du lot, exceptionnel sur la corne gauche. « Rafaelillo » réalisait une faena irrégulière, de bonne facture à gauche mais l’ovation finale revenait au miura.

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“Escardador” nº 34 – 02/13 – 518 kg.- ensabanado mosqueado, un des trois novillos ovationnés d’une corrida notable de Fernando Peña  le 17 juillet. Mario Alcalde (silence)

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D’autres toros étaient ovationnés : « Trasquito » de Valdefresno (06/05), « Ojibello » de Toros de El Torero (11/05), « Garrochista » de Victorino Martín (03/06), “Lanafrio” de Antonio Bañuelos (21/08) et “Saltillo I” de Palha (16/10) de même que les novillos “Escultor” de Conde de Mayalde (01/05) et “Mandón” de Guadaira ( 12/06)

Encastes

Comme c’est désormais l’habitude les toros et novillos d’origine Domecq (J.P. Domecq y Diez, J.P.Domecq Solis, Salvador Domecq, Marqués Domecq,  « Jandilla » et José Luis Osborne) ont eu une présence prédominante pendant la saison 2016 avec 54,9 % des élevages et 53,7 % des animaux combattus, soit 6,8 % de plus par rapport à 2015.  Viennent ensuite 13 encastes différents dont les principaux furent : Carlos Nuñez (11 %), Atanasio Fernández/Lisardo Sánchez, Murube et Santa Coloma (6,1%), Albaserrada et Baltasar Ibán (2,4 %)

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Les encastes fondateurs, bien connus ne figurent plus en tant que tels dans les ganaderías modernes qui, au fil des ans, se sont divisées et se sont formés des encastes nouveaux à la suite de croisements qui ont  créé de nouvelles souches qui perdurent jusqu’à nos jours. En particulier c’est le cas des six autres encastes – les derniers du tableau . représentés cette saison à Madrid.

 Si Cuadri, Saltillo et évidement Miura sont des élevages/encastes consolidés, moins connus sont les trois autres dont sont présentés, ci-après, les arbres généalogiques des toros de Araúz de Robles, Antonio Gavira et José Benítez Cubero.

   arauz-de-robles  antonio-gavira   jose-benitez-cubero

Ces derniers sont d’origine Hidalgo-Barquero avec des « gouttes » de sang Murube/Urquijo, encaste prisé par les rejoneadores pour les caractéristiques de course bien rythmée et rectiligne de ses descendants.

Georges Marcillac

 

 

 

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